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10 janvier 2014 5 10 /01 /janvier /2014 09:51

Le 10 janvier 2014

Pierre Van Ommeslaeghe

Professeur de philosophie.

Trop souvent, la formation professionnelle est considérée comme une voie de relégation.

Trop souvent, les parents comme les jeunes, et même les enseignants, considèrent que la filière générale (baccalauréat S, ES et L) est la seule qui permette de réussir dans la vie.

Du fait de cette conviction, il arrive trop souvent que des jeunes sans appétence ou sans disposition pour l’abstraction – disposition indispensable pour cette filière – s’ennuient pendant trois ans, voire quatre, perdent l’estime d’eux-mêmes et se retrouvent parfois dans des études supérieures qu’ils n’ont pas choisies. Perte de temps, d’énergie et d’argent pour les jeunes, leurs familles et l’institution.

Pourtant il existe une filière d’excellence pour les métiers manuels, filière exigeante qui assure à ses élèves une formation reconnue, de très bonnes perspectives d’emploi et de revenus.

Riches d’une histoire séculière, héritiers des valeurs d’excellence des bâtisseurs de cathédrales et de leurs traditions, les Compagnons du Devoir forment une aristocratie au sens vrai et noble du terme.

Cette formation en alternance permet à des jeunes plus attirés par les métiers manuels (28 répartis en 6 filières) de suivre une formation diplômante, du CAP à la licence.

Du 24 au 26 janvier, les Maisons des Compagnons de toute la France ouvrent leurs portes pour présenter leurs formations aux jeunes et à leur famille.

Si votre enfant semble s’ennuyer au collège, emmenez-le y faire un tour.

Il se pourrait qu’il y découvre une formation pratique et théorique de haut niveau qui lui convienne mieux que des études en lycée.

http://www.bvoltaire.fr/pierrevanommeslaeghe/formation-professionnelle-une-voie-dexcellence,46934?utm_source=La+Gazette+de+Boulevard+Voltaire&utm_campaign=160dfc56ee-RSS_EMAIL_CAMPAIGN&utm_medium=email&utm_term=0_71d6b02183-160dfc56ee-30403221

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10 janvier 2014 5 10 /01 /janvier /2014 09:43

De quoi a-t-on peur : que cela finisse en statistiques ethniques ?

Marie Delarue

Ecrivain, musicienne, plasticienne.

Le ministre de l’Éducation, Vincent Peillon, présentait mercredi les premiers résultats de son plan de lutte contre le décrochage scolaire, déclaré« priorité nationale absolue ». Il faut dire que nos voisins européens nous poussent aux fesses : la « Stratégie Europe 2020 » nous fait obligation de nous attaquer au problème.

140.000 jeunes quittent chaque année le système scolaire sans aucun diplôme – le chiffre est connu.

Le bilan du repêchage est enthousiasmant, dit le ministre : « Cette année,
23.000 jeunes âgés de 16 à 25 ans ont été “raccrochés” : 20.000 sont retournés en formation initiale et 3 000 effectuent un service civique
.

De plus, 11.000 jeunes bénéficient d’un “parcours de retour en formation” sous l’égide de la Mission de lutte contre le décrochage scolaire (MLDS) : préparation au baccalauréat, stages de remotivation pour un retour en formation ou accompagnement pour une réinsertion professionnelle. »

On est heureux, c’est vrai, si on peut remotiver et réinsérer des gamins qui n’ont jamais été ni motivés ni insérés. C’est bien.

Toutefois, on se demande s’il n’y aurait pas quelque chose à repenser en amont pour éviter que 140 000 jeunes prennent tout savoir en grippe.

Ce que ne dit pas le ministre, c’est que sur ces 140.000 « décrocheurs », une multitude a quitté l’école bien avant de tenter le moindre diplôme.

Le CEREQ (Centre d’études et de recherches sur les qualifications) nous apprend que ce sont « des jeunes âgés de 12 à 16 ans, [...] pour certains déscolarisés depuis plus d’un an, parfois depuis la fin du primaire ».

En fait, on ne sait pas exactement combien ils sont car, voyez-vous, on n’a pas le droit de les répertorier.

Lisez bien ce qui suit : « le Système interministériel d’échanges d’informations (SIEI), qui est censé suivre les décrocheurs, n’a pas le droit de ficher les moins de 16 ans – c’est-à-dire ceux qui sont d’âge scolaire obligatoire ! – suite à une recommandation de la CNIL ».

De quoi a-t-on peur : que cela finisse en statistiques ethniques ?

Bref, avant de repêcher les « perdus de vue » et les « incontrôlables », il faut déjà les trouver.

On le fait « à partir des quartiers, des réseaux constitués avec les associations, de l’aide sociale à l’enfance, de la protection judiciaire de la jeunesse ».

Ce qui veut dire que s’ils ne vont pas à l’école, ils sont déjà souvent dans « le bizness

»… Et après, quand on en a ramassé quelques-uns dans les filets, on teste une « nouvelle approche ».

L’expérience est faite actuellement à Nanterre.

On y teste des ateliers pédagogiques où « la rupture de scolarité est perçue comme un symptôme et non pas comme une transgression à sanctionner ».

En espérant sans doute l’arrivée d’une petite pilule qui réglerait la question. « On va penser le raccrochage en termes de parcours de soin et pas de parcours scolaire. On commence donc par un important travail de prise en charge psychologique. » « C’est là que réside l’innovation, dans cette coopération intime entre personnels soignants et personnels d’éducation. »

Très bien. Très louable. Admirable et tout et tout.

Oublions là encore la question qui fâche : qui est-ce qui banque, l’Éducation nationale ou la Sécu ?

On avait prévu de « soigner » 60 décrocheurs à Nanterre, on en a traité une petite trentaine. Une goutte d’eau dans l’océan.

Car les gens du CEREQ y insistent : « Une des clés pour lutter contre le décrochage, c’est d’arriver à impliquer les parents. C’est encore plus vrai avec ces publics… »

Et si on arrêtait la langue de bois ? Le décrochage scolaire touche à une majorité écrasante les enfants issus de l’immigration parce qu’ils ne maîtrisent souvent ni la langue, ni les codes, ni la culture d’ici.

Et ce ne sont pas toutes les fumisteries du pédagogisme et du collège unique qui peuvent les en sortir .

http://www.bvoltaire.fr/mariedelarue/decrochage-scolaire-et-immigration-si-arretait-la-langue-de-bois,46915?utm_source=La+Gazette+de+Boulevard+Voltaire&utm_campaign=160dfc56ee-RSS_EMAIL_CAMPAIGN&utm_medium=email&utm_term=0_71d6b02183-160dfc56ee-30403221

De quoi a-t-on peur : que cela finisse en statistiques ethniques ?

Le ministre de l’Éducation, Vincent Peillon, présentait mercredi les premiers résultats de son plan de lutte contre le décrochage scolaire, déclaré« priorité nationale absolue ». Il faut dire que nos voisins européens nous poussent aux fesses : la « Stratégie Europe 2020 » nous fait obligation de nous attaquer au problème.

140.000 jeunes quittent chaque année le système scolaire sans aucun diplôme – le chiffre est connu.

Le bilan du repêchage est enthousiasmant, dit le ministre : « Cette année,
23.000 jeunes âgés de 16 à 25 ans ont été “raccrochés” : 20.000 sont retournés en formation initiale et 3 000 effectuent un service civique. De plus, 11.000 jeunes bénéficient d’un “parcours de retour en formation” sous l’égide de la Mission de lutte contre le décrochage scolaire (MLDS) : préparation au baccalauréat, stages de remotivation pour un retour en formation ou accompagnement pour une réinsertion professionnelle.
»

On est heureux, c’est vrai, si on peut remotiver et réinsérer des gamins qui n’ont jamais été ni motivés ni insérés. C’est bien. Toutefois, on se demande s’il n’y aurait pas quelque chose à repenser en amont pour éviter que 140 000 jeunes prennent tout savoir en grippe.

Ce que ne dit pas le ministre, c’est que sur ces 140.000 « décrocheurs », une multitude a quitté l’école bien avant de tenter le moindre diplôme. Le CEREQ (Centre d’études et de recherches sur les qualifications) nous apprend que ce sont « des jeunes âgés de 12 à 16 ans, [...] pour certains déscolarisés depuis plus d’un an, parfois depuis la fin du primaire ». En fait, on ne sait pas exactement combien ils sont car, voyez-vous, on n’a pas le droit de les répertorier. Lisez bien ce qui suit : « le Système interministériel d’échanges d’informations (SIEI), qui est censé suivre les décrocheurs, n’a pas le droit de ficher les moins de 16 ans – c’est-à-dire ceux qui sont d’âge scolaire obligatoire ! – suite à une recommandation de la CNIL ».

De quoi a-t-on peur : que cela finisse en statistiques ethniques ?

Bref, avant de repêcher les « perdus de vue » et les « incontrôlables », il faut déjà les trouver. On le fait « à partir des quartiers, des réseaux constitués avec les associations, de l’aide sociale à l’enfance, de la protection judiciaire de la jeunesse ». Ce qui veut dire que s’ils ne vont pas à l’école, ils sont déjà souvent dans « le bizness »… Et après, quand on en a ramassé quelques-uns dans les filets, on teste une « nouvelle approche ».

L’expérience est faite actuellement à Nanterre. On y teste des ateliers pédagogiques où « la rupture de scolarité est perçue comme un symptôme et non pas comme une transgression à sanctionner ». En espérant sans doute l’arrivée d’une petite pilule qui réglerait la question. « On va penser le raccrochage en termes de parcours de soin et pas de parcours scolaire. On commence donc par un important travail de prise en charge psychologique. » « C’est là que réside l’innovation, dans cette coopération intime entre personnels soignants et personnels d’éducation. »

Très bien. Très louable. Admirable et tout et tout. Oublions là encore la question qui fâche : qui est-ce qui banque, l’Éducation nationale ou la Sécu ?

On avait prévu de « soigner » 60 décrocheurs à Nanterre, on en a traité une petite trentaine. Une goutte d’eau dans l’océan. Car les gens du CEREQ y insistent : « Une des clés pour lutter contre le décrochage, c’est d’arriver à impliquer les parents. C’est encore plus vrai avec ces publics… »

Et si on arrêtait la langue de bois ? Le décrochage scolaire touche à une majorité écrasante les enfants issus de l’immigration parce qu’ils ne maîtrisent souvent ni la langue, ni les codes, ni la culture d’ici. Et ce ne sont pas toutes les fumisteries du pédagogisme et du collège unique qui peuvent les en soDe quoi a-t-on peur : que cela finisse en statistiques ethniques ?

Le ministre de l’Éducation, Vincent Peillon, présentait mercredi les premiers résultats de son plan de lutte contre le décrochage scolaire, déclaré « priorité nationale absolue ». Il faut dire que nos voisins européens nous poussent aux fesses : la « Stratégie Europe 2020 » nous fait obligation de nous attaquer au problème.

140.000 jeunes quittent chaque année le système scolaire sans aucun diplôme – le chiffre est connu.

Le bilan du repêchage est enthousiasmant, dit le ministre : « Cette année,

23.000 jeunes âgés de 16 à 25 ans ont été “raccrochés” : 20.000 sont retournés en formation initiale et 3 000 effectuent un service civique. De plus, 11.000 jeunes bénéficient d’un “parcours de retour en formation” sous l’égide de la Mission de lutte contre le décrochage scolaire (MLDS) : préparation au baccalauréat, stages de remotivation pour un retour en formation ou accompagnement pour une réinsertion professionnelle. »

On est heureux, c’est vrai, si on peut remotiver et réinsérer des gamins qui n’ont jamais été ni motivés ni insérés. C’est bien. Toutefois, on se demande s’il n’y aurait pas quelque chose à repenser en amont pour éviter que 140 000 jeunes prennent tout savoir en grippe.

Ce que ne dit pas le ministre, c’est que sur ces 140.000 « décrocheurs », une multitude a quitté l’école bien avant de tenter le moindre diplôme. Le CEREQ (Centre d’études et de recherches sur les qualifications) nous apprend que ce sont « des jeunes âgés de 12 à 16 ans, [...] pour certains déscolarisés depuis plus d’un an, parfois depuis la fin du primaire ». En fait, on ne sait pas exactement combien ils sont car, voyez-vous, on n’a pas le droit de les répertorier. Lisez bien ce qui suit : « le Système interministériel d’échanges d’informations (SIEI), qui est censé suivre les décrocheurs, n’a pas le droit de ficher les moins de 16 ans – c’est-à-dire ceux qui sont d’âge scolaire obligatoire ! – suite à une recommandation de la CNIL ».

De quoi a-t-on peur : que cela finisse en statistiques ethniques ?

Bref, avant de repêcher les « perdus de vue » et les « incontrôlables », il faut déjà les trouver. On le fait « à partir des quartiers, des réseaux constitués avec les associations, de l’aide sociale à l’enfance, de la protection judiciaire de la jeunesse ». Ce qui veut dire que s’ils ne vont pas à l’école, ils sont déjà souvent dans « le bizness »… Et après, quand on en a ramassé quelques-uns dans les filets, on teste une « nouvelle approche ».

L’expérience est faite actuellement à Nanterre. On y teste des ateliers pédagogiques où « la rupture de scolarité est perçue comme un symptôme et non pas comme une transgression à sanctionner ». En espérant sans doute l’arrivée d’une petite pilule qui réglerait la question. « On va penser le raccrochage en termes de parcours de soin et pas de parcours scolaire. On commence donc par un important travail de prise en charge psychologique. » « C’est là que réside l’innovation, dans cette coopération intime entre personnels soignants et personnels d’éducation. »

Très bien. Très louable. Admirable et tout et tout. Oublions là encore la question qui fâche : qui est-ce qui banque, l’Éducation nationale ou la Sécu ?

On avait prévu de « soigner » 60 décrocheurs à Nanterre, on en a traité une petite trentaine. Une goutte d’eau dans l’océan. Car les gens du CEREQ y insistent : « Une des clés pour lutter contre le décrochage, c’est d’arriver à impliquer les parents. C’est encore plus vrai avec ces publics… »

Et si on arrêtait la langue de bois ? Le décrochage scolaire touche à une majorité écrasante les enfants issus de l’immigration parce qu’ils ne maîtrisent souvent ni la langue, ni les codes, ni la culture d’ici. Et ce ne sont pas toutes les fumisteries du pédagogisme et du collège unique qui peuvent les en so

Le ministre de l’Éducation, Vincent Peillon, présentait mercredi les premiers résultats de son plan de lutte contre le décrochage scolaire, déclaré« priorité nationale absolue ». Il faut dire que nos voisins européens nous poussent aux fesses : la « Stratégie Europe 2020 » nous fait obligation de nous attaquer au problème.

140.000 jeunes quittent chaque année le système scolaire sans aucun diplôme – le chiffre est connu.

Le bilan du repêchage est enthousiasmant, dit le ministre : « Cette année,
23.000 jeunes âgés de 16 à 25 ans ont été “raccrochés” : 20.000 sont retournés en formation initiale et 3 000 effectuent un service civique. De plus, 11.000 jeunes bénéficient d’un “parcours de retour en formation” sous l’égide de la Mission de lutte contre le décrochage scolaire (MLDS) : préparation au baccalauréat, stages de remotivation pour un retour en formation ou accompagnement pour une réinsertion professionnelle.
»

On est heureux, c’est vrai, si on peut remotiver et réinsérer des gamins qui n’ont jamais été ni motivés ni insérés. C’est bien. Toutefois, on se demande s’il n’y aurait pas quelque chose à repenser en amont pour éviter que 140 000 jeunes prennent tout savoir en grippe.

Ce que ne dit pas le ministre, c’est que sur ces 140.000 « décrocheurs », une multitude a quitté l’école bien avant de tenter le moindre diplôme. Le CEREQ (Centre d’études et de recherches sur les qualifications) nous apprend que ce sont « des jeunes âgés de 12 à 16 ans, [...] pour certains déscolarisés depuis plus d’un an, parfois depuis la fin du primaire ». En fait, on ne sait pas exactement combien ils sont car, voyez-vous, on n’a pas le droit de les répertorier. Lisez bien ce qui suit : « le Système interministériel d’échanges d’informations (SIEI), qui est censé suivre les décrocheurs, n’a pas le droit de ficher les moins de 16 ans – c’est-à-dire ceux qui sont d’âge scolaire obligatoire ! – suite à une recommandation de la CNIL ».

De quoi a-t-on peur : que cela finisse en statistiques ethniques ?

Bref, avant de repêcher les « perdus de vue » et les « incontrôlables », il faut déjà les trouver. On le fait « à partir des quartiers, des réseaux constitués avec les associations, de l’aide sociale à l’enfance, de la protection judiciaire de la jeunesse ». Ce qui veut dire que s’ils ne vont pas à l’école, ils sont déjà souvent dans « le bizness »… Et après, quand on en a ramassé quelques-uns dans les filets, on teste une « nouvelle approche ».

L’expérience est faite actuellement à Nanterre. On y teste des ateliers pédagogiques où « la rupture de scolarité est perçue comme un symptôme et non pas comme une transgression à sanctionner ». En espérant sans doute l’arrivée d’une petite pilule qui réglerait la question. « On va penser le raccrochage en termes de parcours de soin et pas de parcours scolaire. On commence donc par un important travail de prise en charge psychologique. » « C’est là que réside l’innovation, dans cette coopération intime entre personnels soignants et personnels d’éducation. »

Très bien. Très louable. Admirable et tout et tout. Oublions là encore la question qui fâche : qui est-ce qui banque, l’Éducation nationale ou la Sécu ?

On avait prévu de « soigner » 60 décrocheurs à Nanterre, on en a traité une petite trentaine. Une goutte d’eau dans l’océan. Car les gens du CEREQ y insistent : « Une des clés pour lutter contre le décrochage, c’est d’arriver à impliquer les parents. C’est encore plus vrai avec ces publics… »

Et si on arrêtait la langue de bois ? Le décrochage scolaire touche à une majorité écrasante les enfants issus de l’immigration parce qu’ils ne maîtrisent souvent ni la langue, ni les codes, ni la culture d’ici. Et ce ne sont pas toutes les fumisteries du pédagogisme et du collège unique qui peuvent les en so

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10 janvier 2014 5 10 /01 /janvier /2014 09:17

Entreprises, risques criminels et communication d'influence :
le décryptage de Xavier Rauf
er

"Evolution des dangers et des menaces : ouvrons les yeux" : tel est le thème du colloque organisé au Sénat le 29 janvier prochain sous l'égide de l'Institut Jean Lecanuet, avec le concours scientifique du DRMCC, Département de recherche sur les menaces criminelles contemporaines de l'université Paris-II Panthéon-Assas.

Présidée par Yves Pozzo di Borgo, sénateur de Paris, cette journée d'études est ouverte à tous sous réserve d'inscription préalable (programme ; inscription : inscription@institutjeanlecanuet.org ).

Interviendront lors de ce colloque Xavier Raufer, Jean-Marie-Bockel, David Naccache, François Haut, Pierre Delval, François Werner, Alain Bauer, Michel Quillé, Alain Establier, Régis Poincelet, Xavier Bertrand, ainsi que moi-même au nom de Communication & Influence, pour expliquer comment la communication d'influence peut aider l'entreprise à contrer les actions de déstabilisation, tout en optimisant son capital immatériel.

Dans l'entretien qu'il m'a accordé pour préparer cette journée, Xavier Raufer - docteur en géopolitique, co-directeur du DRMCC, enseignant à l'international (Chine, Etats- Unis...) - estime que les menaces criminelles concernent aujourd’hui prioritairement les sphères économique et financière. Et donc l'entreprise.

Bonne lecture, et une nouvelle fois, bonne année 2014 à tous !

Bruno Racouchot
COMES COMMUNICATION
tel : +33 (0)1 47 09 36 99 / mob : +33 (0)6 10 84 35 15
courriel : bruno@comes-communication.com
site : www.comes-communication.com
et www.www.communicationeti
nfluence.fr

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10 janvier 2014 5 10 /01 /janvier /2014 09:07

Jeudi 9 janvier 2014

Yves Lacoste expert en géopolitique nous délivre sa vision des conflits de ce début XXIème siècle

De la décolonisation au conflit syrien, du Printemps arabe à la mairie de Brignoles, le père de la géopolitique (en France) passe au crible mutations politiques et grandes bascules historiques

Une affaire de “luttes d’influences sur un territoire donné”.

Tel est, selon Yves Lacoste, géographe de formation et père de la géopolitique (crée en Allemagne) en France, le principal ingrédient de la géopolitique, cette science complexe qui marie données géographiques et faits historiques dont, depuis toujours, il étudie les effets et décrypte les manifestations.

De ses origines nazies à ses expressions les plus récentes – qu’il s’agisse de l’explosion du Printemps arabe, de l’enlisement du conflit syrien, des tensions liées à l’immigration ou encore de la montée du FN... – il dresse l’historique de ce concept sans lequel, il en est convaincu, on ne saurait comprendre l’origine et, donc, le fondement des tensions actuelles.

Ceci, quelle que soit la nature du territoire sur lequel elles s’exercent – pays, région, ville ou simple quartier... – et quelle que soit la forme qu’elles revêtent – conflit armé, lutte de personnes ou éléments de langage.

Autant de nuances qui, répète-t-il, ne changent rien au fait “qu’il s’agit bien de rivalités de pouvoir qui s’exercent sur un espace donné”.

Et par conséquent, “d’une même logique géopolitique”.

De celles qui permettent à des événements passés d’imprégner un territoire suffisamment profondément pour, des années plus tard, justifier une guerre.

De celles qui, Yves Lacoste le répète, permettent de décrypter le présent.

Lorsqu’en 1976 j’ai écrit ce petit livre qui a fait scandale, La géographie ça sert d’abord à faire la guerre, je n’y parlais pas de géopolitique. D’ailleurs, à cette époque, personne ne parlait de géopolitique. Tout simplement parce que le terme était considéré comme nazi.

Le mot était proscrit du langage public depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale car les premiers à l’utiliser avaient été les géographes allemands.

Dès 1933, Hitler s’est employé à tirer parti des connaissances de l’école de géographie allemande – qui est la première école géographique universitaire au monde à partir du XIXe siècle – en politisant son contenu, d’où le terme de géopolitique.

Toute la logique consiste alors à utiliser des lois scientifiques, notamment les idées de Darwin sur l’évolution supposée inégale des espèces, pour servir une approche ultra- raciste.

C’est ainsi que les nazis vont appliquer ces préceptes dits “scientifiques” à l’espèce humaine, afin d’être en mesure d’affirmer qu’il existe des races supérieures et des races inférieures puis, à la géographie, en arguant du fait que, pour s’étendre et ainsi, assurer les progrès de l’humanité, la race supérieure – celle des Allemands – doit “nettoyer” certains territoires occupés par des races inférieures – les Juifs, les Polonais, les Russes...

C’est cela, la géopolitique de l’époque : un mélange de stratégie militaire et d’expansion territoriale sur fond de justification prétendument scientifique. Il va sans dire que ces conceptions, dès la défaite allemande de 1945, ont été absolument proscrites.

Khmers rouges et ayatollah Khomeiny

Le concept de géopolitique n’a plus été utilisé jusqu’à ce qu’en 1979, le patron du journal le Monde, André Fontaine, qui avait le souvenir de la géopolitique hitlérienne, y ait recours pour qualifier et condamner la guerre soudaine entre le Cambodge et le Vietnam.

Autrement dit, entre deux Etats communistes ce qui, pour l’opinion, était inimaginable.

Les Khmers rouges avaient attaqué les premiers pour récupérer un territoire qui, autrefois, appartenait au grand empire khmer cambodgien. Le fait que le conflit soit motivé non pas par des principes marxistes mais qu’il se résume à une dispute de territoire justifiait donc, selon lui, le terme de géopolitique.

après, les Américains, devant l’arrivée de Khomeiny à Téhéran, décident à la stupéfaction générale de quitter précipitamment l’Iran qui était pourtant une de leurs positions stratégiques et, là encore, des journalistes osent parler de “changement géopolitique”. Tout comme lorsque l’Armée rouge, toujours en 1979, envahit l’Afghanistan.

Dès lors le terme devient acceptable, comme si plus personne ne se souvenait de ses origines. Et l’opinion commence à s’y intéresser.

La géopolitique
Beaucoup de personnes, tout comme moi d’ailleurs, avaient trouvé la géographie telle qu’elle leur avait été enseignée au lycée emmerdante. Mais avec la géopolitique, les gens découvrent autre chose. Un rapprochement histoire et géographie qui leur fournit un véritable outil de compréhension du présent.

Et cet outil commence à passionner. Car faire de la géopolitique, c’est marier des connaissances géographiques à des faits historiques ; c’est rapprocher deux types de données pour obtenir une vision d’ensemble ; pour saisir un contexte dans son intégralité et, avec lui, les enjeux qui y sont rattachés. Pour cela les deux disciplines sont indissociables.

On ne peut faire de géopolitique sans tenir compte de l’historique du territoire concerné, des événements qui l’ont façonné : conflits armés, problématiques d’appartenance, tensions politiques, religieuses, ethniques, etc., pour comprendre pourquoi, des décennies plus tard, tel chef d’Etat, telle nation ou tel clan revendique ce territoire.

La réponse peut être parce qu’autrefois, ses ancêtres en avaient la maîtrise, parce qu’on y parle la même langue, parce que par le passé il était majoritairement de telle ethnie ou de telle autre, etc.

Voilà pourquoi la géographie et la géopolitique sont des outils à faire la guerre.


Luttes d’influence et conquête de territoires
Pour moi la géopolitique est tout ce qui a rapport à des rivalités de pouvoir.

Toutes sortes de pouvoirs, et pas uniquement celui d’Etats sur un territoire donné.

On va ainsi parler de géopolitique en ce qui concerne la domination ou l’influence d’un parti politique sur un quartier, une ville, historiquement de gauche, ou de droite...

Qu’on cherche à conquérir ce territoire par les armes ou par des éléments de langage relève d’une même logique géopolitique, puisqu’il s’agit bien de rivalités de pouvoir qui s’exercent sur un espace donné.

Et encore une fois, les rivalités de pouvoir peuvent prendre bien d’autres expressions que celle du conflit armé.

Ainsi, le fait que le FN remporte les élections à Brignoles qui était depuis très longtemps une municipalité communiste, c’est de la géopolitique.

C’est un basculement d’influence sur un territoire considéré comme stratégique.

Si le FN remportait une élection dans des quartiers votant traditionnellement à droite, on dirait c’est une mutation.

Dans le cas présent, lorsque des quartiers populaires tout entiers vont, dans une ville traditionnellement de gauche, voter FN, c’est un basculement géopolitique.

De la conquête pure et simple de territoire.


La crise égyptienne
La crise actuelle en Egypte constitue un parfait exemple de géopolitique. Pour la comprendre et en saisir les origines, il faut remonter à 1928, date à laquelle les Frères musulmans s’implantent en Egypte après avoir été contraints de quitter la Turquie.

Au lendemain de la Première Guerre mondiale, celle-ci, qui était dirigée par le sultan, appuyé sur des chefs religieux, les mollahs, s’apprête à être littéralement dépecée par les vainqueurs de la guerre, la France et l’Angleterre, lorsqu’un jeune général, Mustafa Kemal, renverse le pouvoir du sultan, chasse

les chefs religieux, interdit l’utilisation de l’alphabet arabe et impose celle de l’alphabet latin et place le pays en rupture avec le monde arabe. C’est dans ce contexte que les muftis d’Istanbul quittent le pays pour se réfugier au Caire.

Une fois là-bas, ils s’emploient à dénigrer le progrès et l’occidentalisation de la société prônés par Mustafa Kemal et, alors même que l’Egypte se trouve en pleine modernisation, ils entraînent une partie de sa population en arrière.

Depuis, dans la société jusque dans les plus hautes sphères du pouvoir, ils cherchent à imposer leur conservatisme religieux. Déjà, sous Nasser, ils avaient essayé de diriger le pays à sa place et s’étaient fait emprisonner pour cela. Mais cette lutte d’influence religieuse et politique sur l’Egypte vient de leur départ forcé de Turquie, il y a près d’un siècle, et du fait que depuis les années 50, les Frères musulmans sont tolérés en Egypte où existe un fort sentiment religieux.

Le Printemps arabe
Je n’ai jamais adhéré à l’expression de Printemps arabe ni à l’enthousiasme collectif qu’il a suscité en Europe, chacun semblant convaincu qu’il allait instantanément déboucher sur une démocratie. Il m’est tout de suite apparu que ce serait nettement plus compliqué...

La Syrie est le troisième Etat où se déclenche le Printemps arabe mais, à la grande différence de la Tunisie et de l’Egypte où les révoltes ont d’abord éclaté, l’appareil d’Etat y est laïc. Tout comme il l’était déjà à l’époque du père de Bachar el-Assad : Hafez el-Assad.

Certes celui-ci faisait partie de la communauté chiite des Alawites mais, à l’époque et jusqu’à sa mort, on l’a appelé le Bismarck oriental, son idée étant de réunir, au moins au Moyen-Orient, les Etats arabes.

Aujourd’hui on dit “c’était un monstre” mais on oublie que son régime n’était pas celui d’un persécuteur, pas plus d’ailleurs que celui de son fils avant que n’éclate le conflit actuel.

Ce qui est très grave dans le cas de la Syrie, c’est que l’on transforme la réalité de ce qui était un pouvoir laïc. Ferme, certes, mais laïc.

Et on le fait sous l’influence du Printemps arabe.


Le conflit syrien
Les premières manifestations n’allaient pas plus loin qu’un simple mouvement de protestation contre le pouvoir en place mais il s’est produit un événement qui a tout fait basculer : la police a tiré sur la foule. Cela a eu pour effet de durcir la contestation.

A ce moment-là, Bachar aurait dû condamner le dérapage, jouer l’apaisement, mais il ne l’a pas fait, craignant que cela n’envoie un signal positif aux émeutiers.

C’est à partir de là qu’a émergé une opposition non- chiite, redécouvrant que, par le passé, les chiites avaient opprimé les sunnites et usant de cet argument pour appeler au départ de Bachar-el-Assad.

Jusque-là, les deux communautés vivaient très bien ensemble, il existait un véritable équilibre dans la société.

Et on a réécrit le passé en affirmant que, sous le père de Bachar, c’était le pouvoir des alawites, ce qui est faux : le ministre de la Défense, le chef des armées syriennes, pendant tout le règne d’Affez el- Assad était un sunnite ! Tout cela montre qu’on a voulu calquer un schéma sur la Syrie, celui du Printemps arabe né d’une volonté populaire de renverser un despote.

On a voulu donner aux manifestations des premiers temps la même signification que celles survenues en Tunisie et en Egypte alors qu’elles n’avaient rien à voir.

En Tunisie et en Egypte, il s’agissait de manifestations que l’armée avait applaudies, en opposition contre l’oppresseur.

En Syrie, le point de départ n’était pas du tout de cette ampleur et surtout, le contexte était tout à fait différent. La responsabilité de Bachar, dans le démarrage des émeutes, c’est d’avoir laissé les choses s’envenimer. Là-dessus, la presse internationale, célébrant la propagation du Printemps arabe, sans distinction de contexte ni de motif, a fait enfler l’opposition.

Les salafistes
Le drame est ensuite venu de l’intervention des salafistes de toute la planète dans le conflit syrien, laquelle a eu pour effet d’ajouter une force de contestation supplémentaire aux tensions déjà existantes et de considérablement complexifier les choses.

Si bien qu’aujourd’hui, on assiste à une guerre acharnée entre djihadistes et armée de Bachar et à une autre, tout aussi acharnée, entre le mouvement de rébellion plus ou moins laïc et cette même armée. Au point que lorsqu’on parle de fournir des armes aux rebelles, on court le risque d’armer des salafistes.

Du point de vue géopolitique on a bien trois pouvoirs, celui que l’on va sommairement définir comme alawite de l’appareil d’Etat, celui d’une opposition sunnite qui est celle des classes moyennes et celui des salafistes et des djihadistes qui s’est greffé sur le premier mouvement d’opposition et qui, aujourd’hui, rejette absolument les projets que celle- ci a présenté à l’Union européenne d’un pouvoir démocratique associant la minorité chrétienne aux musulmans, etc.

Résultat, les combats se situent maintenant entre cette opposition modérée sunnite et les djihadistes qui entendent bien être les seuls vainqueurs de Bachar. Si bien qu’en termes d’équation géopolitique, on est face à trois influences en lutte pour la conquête d’un même territoire.

La décolonisation
La France est une terre d’immigration depuis le milieu du XIXe siècle mais c’est la décision prise, à la fin du XIXe siècle, de donner de façon automatique et systématique la nationalité française à tous les enfants d’immigrés nés en France qui va être décisive dans ce domaine.

A l’époque, ce qui peut passer pour une avancée sociale n’est évidemment rien d’autre qu’une décision prise à la demande de l’Etat-Major dont la principale motivation consiste à voir les garçons faire le service militaire et qui s’inquiète de voir la croissance démographique de la France reculer alors que celle de l’Allemagne ne cesse de croître.

Survient ensuite un phénomène majeur sur le plan européen : à la fin de la Seconde Guerre mondiale il apparaît clairement que le système colonial touche à sa fin.

En 1946, les Anglais décident l’indépendance de l’Inde, ce qui ne suscite aucune opposition particulière sur le plan national principalement parce que les fonctionnaires anglais de la grande Compagnie des Indes ne pouvaient rester en Inde à la retraite, mais qui va avoir pour effet quasi immédiat de susciter un afflux de migrants venus d’Inde, principalement des classes moyennes et aisées, vers l’Angleterre, laquelle va leur accorder les mêmes droits qu’aux citoyens britanniques. En France, la fin de la domination coloniale sera beaucoup plus chaotique, notamment, c’est bien connu, en ce qui concerne l’Algérie.


L’immigration
Lorsque les Algériens commencent à venir en France, il s’agit essentiellement de kabyles, des montagnards qui, en France, font un travail de plus en plus rude.

Et rapidement le gouvernement français va se trouver confronté à un problème ; lui qui a pour objectif d’intégrer ces gens qui, désormais, font partie de la République française – si ce n’est qu’ils ne votent pas... – veut qu’ils apprennent à lire et à écrire en français mais se heurte à l’opposition des colons et des Européens d’Algérie qui, eux, y sont radicalement opposés.

Cela s’explique principalement par le fait que les Européens d’Algérie ont perdu une grande partie de leurs ressources avec la crise de surproduction du vin et qu’ils craignent que des Algériens vivant en France et parlant et écrivant le français les concurrencent sur le marché de l’emploi. C’est ainsi qu’on arrive à une situation absurde où les Arabes vivant en France ne peuvent ni voter ni apprendre à lire et à écrire. Les seuls à le faire sont les kabyles qui sont la partie la plus francisée de la population algérienne. Survient alors la guerre d’Algérie qui aura cet effet ahurissant, compte tenu des atrocités perpétrées durant cette période, de provoquer un afflux d’immigrés algériens en France.

Et vous avez ce paradoxe de gens qui ont combattu l’armée française pendant la guerre et qui, dans la foulée, arrivent en France, s’y installent et y restent.

L’immigration des populations algériennes en France commence donc sur ce paradoxe, dans dans une situation qui va encore se complexifier dès lors que survient la révolution iranienne.


La montée des intégrismes
La révolution iranienne aura pour effet de permettre au mouvement salafiste de s’étendre, avec des répercussions extrêmement fortes sur l’immigration qui, au début, n’est pourtant pas du tout portée sur le conservatisme religieux.

A cela s’ajoutent les tensions entre la Palestine et Israël – les musulmans qui vivent en France, surtout les jeunes, prenant alors fait et cause pour les Palestiniens et manifestant dans les rues françaises contre la police israélienne – et, le fait que, lorsque la guerre civile algérienne s’achève sur une amnistie, certains imams salafistes profitent du fait que la France soit un pays de liberté d’expression pour venir y prêcher la fin de la tolérance, la monté de l’intégrisme religieux, etc.

Tous ces éléments disparates et néanmoins connectés vont créer un engrenage et produire un faisceau d’influences qui va profondément modifier le climat au sein des populations immigrées ; jusqu’à générer des tensions qui seront encore accentuées lorsqu’émergera dès les années 80, dans les classes aisées, les milieux intellectuels, les enseignants, etc., une tendance à l’hyper- condamnation nationale des années de colonisation et, avec elle, une propension à faire de la France un pays oppresseur.

Représentation que beaucoup d’enfants d’immigrés, nés Français, adopteront par la suite, contribuant ainsi au climat de tension que l’on sait. Ce glissement a des causes géopolitiques : il s’explique par des événements et des courants extérieurs et s’inscrit, encore une fois, dans une logique de luttes de territoire qui, au final, contribuent à expliquer la progression du FN auprès des électeurs français.

Bio express - Spécialiste de terrain


Né au Maroc il y a 84 ans, Yves Lacoste débute sa carrière au début des années 50 en Algérie – après un doctorat et une agrégation de géographie obtenus en France – en qualité de professeur de géographie au lycée d’Alger.

Militant engagé dans la lutte pour l’indépendance algérienne, il y reste jusqu’en 1955.

De retour en France il poursuit sa carrière de professeur à l’université Paris VIII et crée, en 1968, la revue Hérodote, “la première revue géographe baptisée du nom du premier géographe-historien qui, il y a 25 siècles, avait prédit une offensive de l’empire perse sur Athènes en s’appuyant sur le passé historique de cet empire, explique-t-il.

Autrement dit en se livrant à une véritable analyse géopolitique”. En 1989 il fonde le Centre de recherche et d’analyse de géopolitique – rebaptisé depuis l’Institut français de géopolitique- et, en parallèle de sa carrière de professeur de géopolitique et de membre du comité scientifique de plusieurs revues, dont Géo-économie, il écrit de nombreux livres dont le très célèbre et à l’époque très polémique

La géographie ça sert, d’abord, à faire la guerre, paru en 1976, un Dictionnaire géopolitique des Etats en 1994 et, il y a trois ans, La question post-coloniale, une analyse géopolitique.

Yves Lacoste : La géopolitique, ça sert encore “à faire la guerre”

Source, journal ou site Internet : Le nouvel économiste

Date : 7 janvier 2014

Source et publication: http://www.lumieres-et-liberte.org/article-yves-lacoste-expert-en-geopolitique-nous-delivre-sa-vision-des-conflits-de-ce-debut-xxieme-siecle-121987620.html

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10 janvier 2014 5 10 /01 /janvier /2014 08:21

Hystérie médiatique et délire de la persécution : des quenelles à toutes les sauces

09/01/2014 – 10h30

PARIS (NOVOpress) - Qu’on aime ou pas Dieudonné, force est de constater que l’affaire des quenelles atteint des proportions au mieux ridicules, au pire inquiétantes.

Ainsi, un magasin “Diesel”, situé dans le très chic quartier de l’Opéra à Paris, a été la cible d’attaques virulentes de l’association Europe Israël car l’un des mannequins en vitrine arborait une posture évoquant vaguement la quenelle.

La silhouette prémoulée incriminée avait l’un de ses bras replié le long du buste afin de pouvoir présenter un sac à main. « On comprend le climat de tension actuel, avec cette affaire Dieudonné, mais de là à voir des quenelles partout, ça devient de la paranoïa !

Nous nous sommes fait traiter de nazis par ces illuminés. C’est juste grotesque », a réagi l’enseigne, qui a également reçu des menaces de mort et a fini par retirer l’objet du délit…

À Montgeron dans l’Essonne, deux adolescents ont été placés lundi en garde à vue pour avoir osé se photographier en train de faire une quenelle dans les couloirs de leur lycée.

Oui mais voilà : les facétieux comparses avaient poussé le mauvais goût jusqu’à disposer un ananas à côté d’eux. C’en était trop pour leur professeur principal qui a aussitôt saisi le parquet d’Évry.

Celui-ci a ouvert une enquête pour « apologie de crime contre l’humanité ». Sans rire. « C’était juste pour m’amuser, je ne voulais pas le faire contre qui que ce soit… On dit que c’est un geste antisémite, mais ce n’était pas ça, on voulait le faire contre la société », a tenté d’expliquer l’un des auteurs, qui passeront en conseil de discipline et risquent l’exclusion.

Moralité, au bahut on peut agresser les enseignants, castagner les camarades de classe et semer la pagaille, mais pas question de faire des quenelles.

À Nice, les joueurs du club de football américain Les Dauphins vont regretter amèrement d’avoir posé pour une quenelle collective dans une petite fête privée.

Diffusé sur les réseaux sociaux et assorti de quelques commentaires provocateurs, le cliché a suscité des réactions incendiaires de la Licra, du Crif et de la municipalité. « On a fait ce geste à la mode lors d’une soirée entre nous, sans vouloir offenser personne.

On a vu de grands sportifs le faire… C’était seulement pour plaisanter et sans arrière-pensées. Un geste anodin. Je ne comprends pas les proportions que prend cette affaire… », s’alarme l’un des membres de l’équipe.

Eric Ciotti, président du conseil général des Alpes-Maritimes, qui « condamne avec la plus grande fermeté le geste intolérable », a même décidé, pour enfoncer le clou, de suspendre le versement de la subvention annuelle accordée au club.

À Ferrières-en-Brie en Seine-et-Marne, un éducateur a tout simplement perdu son emploi pour avoir posé faisant une quenelle avec les enfants dont il avait la charge.

Traité de « nazillon » par le site JSS News qui s’est plaint à la mairie, il a dû quitter son poste après sept ans de bons et loyaux services, pour un geste qu’il considère comme une simple « blague ».

D’origine marocaine, Nabil votait jusqu’à présent Mélenchon et Hollande. Mais ça, c’était avant.

Il se rapproche désormais du Front national : « Ce qu’on a fait à Jean-Marie Le Pen, le traiter de raciste, etc.

C’est ce qu’on est en train de faire à Dieudonné.

C’est aussi ce qu’on est en train de me faire », dit-il.

Combien de sanctions abusives seront encore appliquées dans les prochains mois pour un mouvement de bras dont personne, à ce jour, n’est capable de fournir avec certitude la signification réelle ?

On attend de voir si la justice sera aussi implacable avec les Femen qui insultent régulièrement le christianisme et blasphèment ses lieux de culte, confortées dans leurs gesticulations par la bienveillance des politiques et des médias.

Publié le 9 janvier 2014 - Modifié le 8 janvier 2014

Source : http://fr.novopress.info/151848/hysterie-mediatique-delire-persecution-quenelles-toutes-les-sauces/

Hystérie médiatique et délire de la persécution : des quenelles à toutes les sauces

09/01/2014 – 10h30
PARIS (NOVOpress) - Qu’on aime ou pas Dieudonné, force est de constater que l’affaire des quenelles atteint des proportions au mieux ridicules, au pire inquiétantes. Ainsi, un magasin “Diesel”, situé dans le très chic quartier de l’Opéra à Paris, a été la cible d’attaques virulentes de l’association Europe Israël car l’un des mannequins en vitrine arborait une posture évoquant vaguement la quenelle. La silhouette prémoulée incriminée avait l’un de ses bras replié le long du buste afin de pouvoir présenter un sac à main.« On comprend le climat de tension actuel, avec cette affaire Dieudonné, mais de là à voir des quenelles partout, ça devient de la paranoïa ! Nous nous sommes fait traiter de nazis par ces illuminés. C’est juste grotesque », a réagi l’enseigne, qui a également reçu des menaces de mort et a fini par retirer l’objet du délit…

À Montgeron dans l’Essonne, deux adolescents ont été placés lundi en garde à vue pour avoir osé se photographier en train de faire une quenelle dans les couloirs de leur lycée. Oui mais voilà : les facétieux comparses avaient poussé le mauvais goût jusqu’à disposer un ananas à côté d’eux. C’en était trop pour leur professeur principal qui a aussitôt saisi le parquet d’Évry. Celui-ci a ouvert une enquête pour « apologie de crime contre l’humanité ». Sans rire. « C’était juste pour m’amuser, je ne voulais pas le faire contre qui que ce soit… On dit que c’est un geste antisémite, mais ce n’était pas ça, on voulait le faire contre la société », a tenté d’expliquer l’un des auteurs, qui passeront en conseil de discipline et risquent l’exclusion. Moralité, au bahut on peut agresser les enseignants, castagner les camarades de classe et semer la pagaille, mais pas question de faire des quenelles.

À Nice, les joueurs du club de football américain Les Dauphins vont regretter amèrement d’avoir posé pour une quenelle collective dans une petite fête privée. Diffusé sur les réseaux sociaux et assorti de quelques commentaires provocateurs, le cliché a suscité des réactions incendiaires de la Licra, du Crif et de la municipalité. « On a fait ce geste à la mode lors d’une soirée entre nous, sans vouloir offenser personne. On a vu de grands sportifs le faire… C’était seulement pour plaisanter et sans arrière-pensées. Un geste anodin. Je ne comprends pas les proportions que prend cette affaire… », s’alarme l’un des membres de l’équipe. Eric Ciotti, président du conseil général des Alpes-Maritimes, qui « condamne avec la plus grande fermeté le geste intolérable », a même décidé, pour enfoncer le clou, de suspendre le versement de la subvention annuelle accordée au club.

À Ferrières-en-Brie en Seine-et-Marne, un éducateur a tout simplement perdu son emploi pour avoir posé faisant une quenelle avec les enfants dont il avait la charge. Traité de « nazillon » par le site JSS News qui s’est plaint à la mairie, il a dû quitter son poste après sept ans de bons et loyaux services, pour un geste qu’il considère comme une simple « blague ». D’origine marocaine, Nabil votait jusqu’à présent Mélenchon et Hollande. Mais ça, c’était avant. Il se rapproche désormais du Front national : « Ce qu’on a fait à Jean-Marie Le Pen, le traiter de raciste, etc. C’est ce qu’on est en train de faire à Dieudonné. C’est aussi ce qu’on est en train de me faire », dit-il.

Combien de sanctions abusives seront encore appliquées dans les prochains mois pour un mouvement de bras dont personne, à ce jour, n’est capable de fournir avec certitude la signification réelle ? On attend de voir si la justice sera aussi implacable avec les Femen qui insultent régulièrement le christianisme et blasphèment ses lieux de culte, confortées dans leurs gesticulations par la bienveillance des politiques et des médias.

Publié le 9 janvier 2014 - Modifié le 8 janvier 2014

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10 janvier 2014 5 10 /01 /janvier /2014 08:17

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Devant des députés, le général Soubelet, n°3 de la gendarmerie, a déploré que les délinquants «profitent du système» et a noté que «les gendarmes sont inquiets car on prend plus soin des auteurs que des victimes».

> «Je vais livrer une analyse personnelle, peut-être un peu iconoclaste»: avec un courage certain, le général de corps d'armée Bertrand Soubelet, numéro 3 de la gendarmerie nationale, s'est livré à une critique sans fard de la politique pénale actuellement menée.

Ses propos, tenus le 18 décembre devant la commission parlementaire de «lutte contre l'insécurité» ouverte à la presse et qu'il savait enregistrés, sont ceux d'un grand technicien. Énoncés sur un ton posé, ils ont l'effet d'une bombe. Venant d'un gradé de tout premier plan et reprises par l'Agence France presse, ils traduisent, s'il en était encore besoin, le malaise des forces de l'ordre face un système judiciaire souvent taxé d'angélisme et dont le nombre de remises en liberté ne cesse de hérisser la base.


> Pendant plus d'une heure et 24 minutes d'audition, ce général 4 étoiles, grand patron des opérations et de l'emploi à la Direction générale de la gendarmerie nationale, nommé le 28 novembre 2012 en Conseil des ministres, a brossé un tableau sans concessions. Évoquant en préambule de son propos la lourdeur des procédures «sur le plan juridique», qui complique le travail des gendarmes, le général Bertrand Soubelet lâche que «les délinquants le savent et profitent du système».

> «Les gendarmes sont inquiets car on prend plus soin des auteurs que des victimes», prévient le militaire, précisant qu'en 2013 il y a eu une hausse de 4% de personnes mises en cause par ses services tandis que le nombre de placements sous écrou «a diminué de 33%». «Évidemment, l'insécurité et le sentiment d'insécurité ne cesseront d'augmenter tant que la réponse collective à la délinquance ne sera pas adaptée», martèle-t-il.

Le diagnostic de ce haut stratège est implacable: la réponse pénale est, selon lui, «en décalage». Sans détour, il enfonce le clou en assurant: «Les auteurs d'atteintes aux biens (cambriolages, vols...), les plus importantes numériquement, bénéficient d'un traitement pénal qui leur permet de continuer à exercer leurs activités.» Si le mot «impunité» n'a pas été lâché, l'auditoire a dû y penser très fort.
> Invoquant sa «liberté de parole», le général Soubelet considère certes que «la délinquance n'augmente pas en valeur absolue» mais qu'il existe bel et bien «une réelle insécurité dans notre pays».
> Toujours selon la vidéo de cette audition, il cite un «élément déstabilisant» pour la gendarmerie: «La notion de sanctuaire rural et périurbain n'existe plus (…) la délinquance et l'insécurité frappent au cœur de nos territoires, dans la ruralité profonde.» Un phénomène lié à une «migration importante de la population française en dehors des 25 agglomérations les plus importantes, vers la zone gendarmer
ie».

Une grenade dégoupillée

> Plus largement sur les Français de moins de 18 ans, il préconise «une prise en charge très précoce»: «Quand j'entends dire, face à des enfants de 10 ou même de 8 ans, qu'ils ne sont pas capables d'entendre un rappel à la loi, je suis très surpris, note le général. On peut tout entendre à condition que le discours soit adapté à l'âge de celui à qui on s'adresse. (…) Aujourd'hui, toute une frange de notre jeunesse ne sait pas où est le bien et où est le mal. On peut très tôt donner un message clair.»
> Si la Direction générale de la gendarmerie se refuse à tout commentaire sur ces propos forts et mesurés de ce technicien à la réputation incontestée, certains officiers jugent la liberté de ton du général Soubelet, 54 ans, «un peu étonnante et assez inhabituelle». «Ce grand chef, qui coordonne et met en œuvre la politique opérationnelle de toute la gendarmerie, est à un poste d'observation majeur pour décrypter toutes les remontées venant du terrain, confie un cadr
e.

Devant la représentation nationale, il a juste fait son devoir en ne mentant pas et en assumant la réalité telle qu'elle est, sans langue de bois…»

source: Merci Jean-Jacques L.

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10 janvier 2014 5 10 /01 /janvier /2014 08:07

Les fâcheuses habitudes de la France avec la liberté d'expression

Le Point.fr - Publié le 09/01/2014 à 12:17

La France, contrée des droits de l'homme ? Elle est pourtant un des pays d'Europe les plus condamnés pour ses entraves à la liberté d'expression.

L'affaire Dieudonné en aura été une illustration parfaite. À peine Manuel Valls a-t-il évoqué la possibilité d'interdire les spectacles de Dieudonné que les juristes se sont enflammés.

Au nom de quoi devrait-on censurer a priori les abus de la liberté d'expression, alors que les outils judiciaires existent pour les sanctionner au tribunal ?

La France s'est souvent cachée derrière le trouble à l'ordre public ou l'offense à chef de l'État pour faire taire certains propos abjects, intolérables ou diffamants, étouffer une affaire qui fait du bruit ou protéger ses relations diplomatiques.

Mais les tribunaux français eux aussi sont souvent désavoués par la Cour européenne des droits de l'homme pour ne pas respecter ses exigences en matière de liberté d'expression. Florilège de ces décisions.

"Casse-toi pov' con"

Comment oublier cette phrase assassine lancée par Nicolas Sarkozy à un agriculteur qui avait refusé de lui serrer la main ?

C'était en 2008 au Salon de l'agriculture. Quelques mois plus tard, Hervé Éon inscrit le désormais célèbre "Casse-toi pov' con" sur une pancarte et la brandit devant le président de la République, alors en déplacement à Laval.

Ni une ni deux, l'homme est immédiatement interpelé par la police, emmené au commissariat, poursuivi pour offense au chef de l'État, convoqué devant le tribunal correctionnel et condamné selon une formule pour le moins amusante : "Si le prévenu n'avait pas eu l'intention d'offenser, mais seulement l'intention de donner une leçon de politesse incongrue, il n'aurait pas manqué de faire précéder la phrase casse-toi pov' con par une formule du genre on ne dit pas."

Hervé Éon refusant de s'excuser, il fut condamné à une amende de 30 euros. Devant la CEDH, il continua à affirmer qu'il s'agissait d'un trait d'humour. La violation de la liberté d'expression sera reconnue par la Cour.

"TIBERI tu nous casses les URNES"

En 1997, Benoît Brasilier est candidat à Paris aux législatives et a notamment pour adversaire Jean Tiberi. Il affirme avoir imprimé 60 000 bulletins de vote et avoir constaté leur absence dans les bureaux de vote. Il saisit le procureur, lequel l'informe qu'il ne donnera pas suite à sa plainte.

Le 23 juillet, Brasilier organise une manifestation durant laquelle des banderoles mentionnaient les slogans : "TIBERI tu nous casses les URNES" ou encore "EN FACE : BUREAU de la FRAUDE, VOLS ET MAGOUILLE".

Le candidat publie des communiqués dans lesquels il compare les pratiques de Jean Tiberi à des "pratiques bananières". Il ajoute : "À l'heure où l'on ne ménage pas les Chinois en matière de démocratie, prenons bien garde à l'idée que la place du PANTHÉON ne s'appelle pas TIENANMEN."

Benoît Brasilier se fera condamner pour diffamation et se verra reprocher un "indiscutable" manque de mesure dans son expression.

La CEDH considérera, elle, que les propos reflétaient "davantage des jugements de valeur que de pures déclarations de fait". La violation de la liberté d'expression sera reconnue.

Les essais nucléaires français, c'est tabou !

Dorothée Piermont est une militante écolo, femme politique allemande et ancienne députée européenne. En 1986, elle est invitée en Polynésie par Oscar Temaru, le président du Front de libération de la Polynésie française, alors que les essais nucléaires français battent leur plein. À la veille de nouvelles élections, le contexte politique est extrêmement tendu.

À peine arrivée sur le territoire, la police invite Dorothée Piermont à modérer ses propos sous peine d'être expulsée. Aussitôt, elle dénonce dans un meeting ces intimidations et clame haut et fort que les essais nucléaires en Polynésie sont une ingérence de la France.

Le lendemain, un arrêté est pris pour l'expulser et lui interdire de remettre les pieds en Polynésie. Elle aurait, selon les autorités, porté "atteinte à la politique de la France" et violé une "certaine neutralité vis-à-vis du territoire" français. La députée écolo ne se démonte pas et se rend en avion en nouvelle-Calédonie, où elle sera retenue à l'aéroport et à nouveau expulsée. Sécurité nationale, sûreté publique, ordre public...

Devant les juridictions, le gouvernement use de tous les arguments pour justifier cette restriction à la liberté d'expression. Dorothée Piermont aurait dû, selon lui, user de "prudence" dans ses propos dans un contexte tendu entre partisans de la Polynésie française et indépendantistes. Par seulement cinq voix contre quatre, la CEDH conclura à la violation de la liberté d'expression.

Le roi Hassan II et le trafiquant de hachisch

Dans les années 1990, le Maroc veut intégrer la Communauté européenne.

La Commission dépêche alors des enquêteurs pour élaborer un rapport sur l'ampleur du trafic de cannabis dans ce pays. En 1994, le rapport est remis à la Commission, mais la copie doit être revue, car elle comportait le nom de certains trafiquants. C'est donc une version édulcorée qui sera publiée.

Le rapport originel restera secret, jusqu'à ce que Le Monde en fasse état dans son numéro du 3 novembre 1995, sous le titre : "Un rapport confidentiel met en cause le pouvoir marocain dans le trafic du hachisch". Résultat : Le roi du Maroc adressera une demande officielle au ministre des Affaires étrangères de l'époque, pour lui demander de poursuivre pénalement Jean-Marie Colombani, directeur de publication du journal Le Monde, et le journaliste Éric Incian.

La cour d'appel retiendra une "intention malveillante" des auteurs. Elle va estimer que les articles contenaient une "accusation de duplicité, d'artifice, d'hypocrisie constitutive d'une offense à chef d'État étranger".

Et que les journalistes n'avaient pas cherché à vérifier l'exactitude des informations du rapport. La Cour de cassation rejettera elle aussi le pourvoi duMonde en estimant que l'article remettait en cause la "volonté même du roi du Maroc de mettre un terme au trafic de drogue dans son pays".

Il faudra attendre un arrêt de la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) de 2002 pour que la violation de la liberté d'expression soit reconnue. La Cour va affirmer que les journalistes doivent pouvoir "s'appuyer sur des rapports officiels sans avoir à entreprendre des recherches indépendantes.

Sinon, la presse pourrait être moins à même de jouer son rôle indispensable de chien de garde".

Les feuilles d'impôt du patron de Peugeot "plus bavardes que lui"

En 1989, l'année est à l'agitation sociale. Les salariés de Peugeot réclament une hausse de salaire qui leur est refusée par le dirigeant de l'entreprise, Jacques Calvet. Claude Roire, journaliste au Canard enchaîné, publie alors un article intitulé "Calvet met un turbo sur son salaire", dans lequel il écrit : "Ses feuilles d'impôt sont plus bavardes que lui. Le patron de Peugeot s'est accordé 45,9 % de mieux en deux ans." Relaxés en première instance, les deux journalistes seront condamnés en appel à des amendes de 5 000 et 10 000 francs pour recel de déclarations d'impôt provenant d'une violation du secret professionnel par un fonctionnaire non identifié.

Devant la CEDH, les journalistes vont alléguer que la divulgation des revenus de Jacques Calvet aurait aidé à comprendre "l'importance du conflit social en cours". Ils ont affirmé avoir reçu ces documents dans une enveloppe anonyme, et ont vérifié que les informations étaient authentiques. La Cour a une nouvelle fois donné tort aux juridictions françaises et reconnu la violation de leur liberté d'expression.

La réhabilitation du maréchal Pétain

En juillet 1984, l'Association pour défendre la mémoire du maréchal Pétain se paie un encart publicitaire dans Le Monde intitulé "Français, vous avez la mémoire courte". Marie-François Lehideux, président de l'association, et Jacques Isorni, ancien avocat de Pétain, tentent de réhabiliter le Maréchal et expliquent qu'il avait "tout fait" pour sauver la patrie.

Aussitôt, l'association nationale des anciens combattants de la Résistance déposa plainte contre Le Monde pour complicité d'apologie des crimes ou délits de collaboration avec l'ennemi. S'ensuivirent de très longs débats et une procédure judiciaire extrêmement nourrie.

La question était celle-ci : l'encart publicitaire visait-il à présenter sous un jour favorable la collaboration du maréchal Pétain avec l'Allemagne nazie ou s'agissait-il de montrer les bonnes actions qu'il avait faites lorsqu'il était au pouvoir ? Et par conséquent, quelle était la responsabilité du Monde ? Devant la Cour européenne des droits de l'homme, il fut reconnu une atteinte à la liberté d'expression par 15 voix contre 6.

L'opinion concordante du juge De Meyer explique parfaitement ce point de vue : "La liberté d'expression implique tout autant le droit de présenter un personnage public sous un jour favorable que celui de le présenter sous un jour défavorable (...) Il est normal que ceux qui souhaitent faire part d'idées de ce genre mettent en lumière les mérites de l'intéressé ou ce qu'ils pensent être ses mérites.

On n'est pas en droit d'exiger qu'ils évoquent aussi ses torts, réels ou supposés, ou certains d'entre eux."

source et publication: http://www.lepoint.fr/societe/les-facheuses-habitudes-de-la-france-avec-la-liberte-d-expression-09-01-2014-1778490_23.php#xtor=EPR-6-[Newsletter-Mi-journee]-20140109

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Tel : 06 65 61 08 62

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9 janvier 2014 4 09 /01 /janvier /2014 20:18

Arno Klarsfeld a été nommé au Conseil d'Etat

Le Monde.fr avec AP et Reuters | 27.10.2010 à 16h30

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L'avocat Arno Klarsfeld a été nommé au Conseil d'Etat, mercredi en conseil des ministres, selon le compte-rendu de l'Elysée.

Emmanuelle Prada Bordenave, Rémi Keller et François Delion ont également été nommés conseillers d'Etat, sur proposition de la ministre de la justice, Michèle Alliot-Marie.

Le Conseil d'Etat conseille le gouvernement pour la préparation des projets de loi et des décrets. Il est aussi le juge administratif suprême qui tranche les litiges relatifs aux actes des administrations.

RAYMOND SOUBIE AU CONSEIL ÉCONOMIQUE

Le conseiller de Nicolas Sarkozy pour les affaires sociales, Raymond Soubie, a été nommé mercredi au Conseil économique, social et environnemental (CESE).

Un autre collaborateur du chef de l'Etat, Pierre Charon, est au nombre des quarante personnalités qualifiées choisies par le gouvernement pour siéger au CESE, dont la liste a été adoptée en conseil des ministres. Il siégeait déjà dans l'ancien Conseil économique et social, rebaptisé CESE. Raymond Soubie, 70 ans, avait annoncé son départ de l'Elysée après la promulgation de la loi sur la réforme des retraites. Il a précisé à Reuters qu'il pourrait s'en aller fin novembre. "Je ne serai plus à l'Elysée, mais je serai toujours à la disposition du président de la République s'il me demande conseil", a déclaré ce fin connaisseur du monde syndical.

Selon le quotidien économique La Tribune, son successeur aurait déjà été choisi et serait un "homme d'expérience", expert des questions de santé. Il aura notamment à gérer le dossier de la dépendance des personnes âgées, un des grands chantiers de la fin du quinquennat de Nicolas Sarkozy.

Parmi les personnalités nommées au CESE, figure également le médiateur de la République, Jean-Paul Delevoye, un ancien ministre de Jacques Chirac, qui fait figure de favori pour prendre la présidence du Conseil.

Les membres du CESE, au nombre de deux cent trente-trois, sont nommés pour cinq ans.

Source et publication: http://www.lemonde.fr/politique/article/2010/10/27/arno-klarsfeld-a-ete-nomme-au-conseil-d-etat_1432049_823448.html

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9 janvier 2014 4 09 /01 /janvier /2014 19:58

Un jeune policier qui surveille le Ministère de l’intérieur suspendu pour s’être prostitué !

Posted On 09 jan 2014

By : Gaïa

RTL rapporte une affaire qui secoue actuellement la place Beauvau.


Un jeune adjoint de la sécurité du ministère de l’Intérieur a été suspendu de ses fonctions pour s’être prostitué!

Nos confrères rapportent que c’est à la base « la cellule anti-blanchiment de Bercy étonnée par le train de vie du jeune homme » qui a enquêté.


En effet, payé au Smic, ce jeune homme âge de 23 ans versait régulièrement d’importantes sommes d’argent en liquide sur son compte. « Au total 42.000 euros… », affirme-t-on.


Sa hiérarchie a alors mené l’enquête , et a identifié le jeune agent « qui vendait ses charmes pour arrondir ses fins de mois. ».

Suspendu de ses fonctions, le jeune homme attend son passage devant la commission de déontologie.


Pour le moment, il a pour interdiction de porter son uniforme et est prié de rester chez lui.


Son salaire, l’équivalent du Smic, continue de lui être versé.

http://www.jeanmarcmorandini.com/article-315050-un-jeune-policier-qui-surveille-le-ministere-de-l-interieur-suspendu-pour-s-etre-prostitue.html

© Gaïa pour www.Dreuz.info

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9 janvier 2014 4 09 /01 /janvier /2014 10:45

8 janvier 2014

NON, ILS N'ONT PAS TERMINE LA REVOLUTION, 220 ans après...

Le 22 juin 2013 un article sur notre Blog mettait en exergue l'ouvrage du Ministre de "l'Education" Nationale, commis en 2008 : "La Révolution française n'est pas terminée".

Déjà en 2008 le ministre en gestation tenait des propos contestables. Qu'il ne se serait pas permis avec d'autres religions.

Merci à Renée, la chouanne du Midi, pour m'avoir fait connaître ce lien video dont je vous conseille de prendre connaissance.

Video de 11 minutes 52, tournée le 26 juin 2013, dans laquelle "sûr de lui et dominateur" le Ministre de "l'Education Nationale" se "lâche" et ne ménage pas ses attaques contre les Catholiques avec les mêmes poncifs éculés qui n'ont pas pris un iota d'évolution depuis Saint Just et ses déclarations en 1792-1793.

Ce n'est ni navrant ni désolant mais une révélation de ce que pense un homme politique, Membre du gouvernement, au moment des 220 ans du soulèvement des deux tiers du Pays et de la sanglante répression de ce soulèvement, le plus gigantesque massacre organisé depuis que la France existe: au nom des droits de l'homme, au nom des principes de "Liberté, Egalité, Fraternité" amputés de leur corollaire : "Ou la mort".

Massacres en nombre, folie meurtrière qui en moins d'une année 1793 a fait plus de deux cent mille victimes, sabrées, fusillées, guillotinées, noyées, salies avant comme après leur mort, dépecées, outragées, oubliées par un individu qui viendrait presque nous parler de Saint-Barthélémy ?

Vincent peillon reconnaît que la franc-maçonnerie n'est pas allée assez loin en n'imposant pas une religion laïque.

Mais regardez la video: vous serez édifié et vous verrez la "considération" qu'il porte à ceux dont nous rappelons le courageux combat.

Il faut remarquer le calme et la puissante rhétorique de ce personnage. Remarquable ! Satanique.

source et publication: http://souvenirchouandebretagne.over-blog.com/2014/01/non-ils-n-ont-pas-termine-la-revolution-220-ans-après.html

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