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27 décembre 2011 2 27 /12 /décembre /2011 11:23

Conférence Jeudi 29 décembre 2011

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Conférence Jeudi 29 décembre 2011 :

"Internet: les erreurs à ne pas commettre" par Josselin De Jonckheere

Samedi 31 décembre au Local

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Samedi 31 décembre au Local, venez nombreux fêter la nouvelle année...

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27 décembre 2011 2 27 /12 /décembre /2011 10:54

Le scandale des subventions d’état ou Comment le gouvernement gaspille votre argent

27 déc

« Minute » s’est procuré un document devenu très difficile d’accès : le « Jaune des associations », document budgétaire où sont récapitulées toutes les subventions accordées par les ministères aux associations – y compris les plus fantaisistes.

Le constat est accablant, les gaspillages invraisemblables, et les économies à réaliser, mirobolantes. Etat des lieux.


SOS racisme: 534000 euros… LICRA: 306500 euros… Act Up: 125000 euros… France terre d’asile: 602000 euros… Alliance israélite universelle : 280 000 euros… Haut conseil des Maliens de France (sic): 25000 euros…

 

Et le jackpot pour l’AFTAM (association pour les foyers d’immigrés, créée par l’indigné Stéphane Hessel): 2,7 millions d’euros!

C’est la crise, mais, de toute évidence, pas pour tout le monde, au vu de ces quelques exemples tirés de l’immense liste des associations subventionnées par l’Etat pour l’année 2010.


Etrangement, ces financements publics d’associations aux buts parfois discutables (4000 euros accordés à l’obscure « KJPF » pour la promotion de la langue « peuhl » à Mantes-la-Jolie!) sem blaient voués à rester discrets…

 

En effet, chaque année, en annexe du projet de loi de Finances (PLF), est publié un document budgétaire appelé « le Jaune des associations » qui récapitule de manière extrêmement détaillée, ministère par ministère, « l’effort financier de l’Etat en faveur des associations » – le PLF 2012 contient ainsi 3 tomes pour les subventions accordées en 2010 (ce qui, au passage, révèle que les députés prennent connaissance de cet arrosage associatif avec un décalage de deux ans!).

Mais cette année – quel dommage! – le « Jaune des associations » n’était plus disponible à la Documentation française…

 

Heureusement, « Minute » a pu mettre la main sur ce précieux rapport et en décortiquer pour vous les 1134 pages.

 

Le scandale des subventions d'état - Comment le gouvernement gaspille votre argent

Le fromage des subventions d’Etat mis en coupe réglée

L’on y apprend ainsi qu’en 2010, plus de 18000 associations ont été arrosées par un ministère. Parmi elles, de nombreuses structures étrangères, qui prospèrent en France depuis que la loi Mauroy du 9 octobre 1981 ne soumet plus la constitution d’associations étrangères à l’autorisation du ministère de l’Intérieur. Mais ce qui saute vraiment aux yeux, c’est que le fromage des subventions d’Etat est totalement mis en coupe réglée puisque, au total, seul 1,5 % des associations se partagent la manne publique. Bonjour l’égalité!

 

Plus grave: de manière générale, pour les années passées, les animateurs de l’Observatoire des subventions ont établi que, compte tenu des subventions multiples parfois accordées par différents ministères à une seule organisation (LICRA, SOS Racisme…) 0,01 % des associations touchaient à elles seules 55 % des subventions publiques! On peut parier que rien n’a changé. Et, selon Benoîte Taffin, porte-parole de Contribuables associés, « les cinq associations les mieux dotées totalisent en moyenne 15 % de l’argent des contribuables ».

 

C’est que le système est drôlement bien fait: les financements au niveau des collectivités locales décentralisées (communes, conseils généraux ou régionaux) sont nombreux et permettent à des dizaines de milliers de petites associations d’avoir des aides ponctuelles qui, pour les grosses associations, s’ajoutent à celles de l’Etat. C’est le cas, en particulier, pour les associations dites « culturelles » et les lobbys anti-racistes, qui bénéficient de relais à tous les échelons de l’administration, multipliant les subsides.

 

Au total, en 2010, pratiquement 1,5 milliard a été accordé aux associations – pour 1,2 milliard en 2009, soit une augmentation de 21 %. Sur ce colossal magot, il y a de toute évidence de quoi faire de belles économies. Sans parler d’une meilleure utilisation de l’argent du contribuable!

Les subventions ministérielles : la « culture » au détriment de l’agriculture

Le premier tome du « Jaune » nous renseigne sur l’ensemble des fonds distribués par les différents ministères. Le ministère de la Culture a connu la plus forte augmentation en passant, de 2009 à 2010, de 123,8 millions d’euros de subventions allouées à 425,8 millions, soit une progression de… 243%! Jack Lang peut aller se rhabiller: Frédéric Mitterrand, ministre sarkozyste, n’a rien à lui envier.

Le ministère de l’Ecologie et du développement durable n’est pas loin derrière, passant, pour la même période, de presque 34 millions de subventions à 96, 5 millions, soit une augmentation de 184 %!

L’Education nationale progresse cahin-caha de 54 %, avec 87,5 millions d’euros gasp… – pardon! – alloués à diverses associations.

 

Les Affaires étrangère et européennes, en revanche, reculent de 63 %! Les crédits de ce ministère régalien lui permettaient encore de distribuer 74,9 millions de subventions en 2009: il n’y en avait plus que 27,5 millions en 2010. La francophonie est la première victime de cette coupe sombre, puisque les Alliances françaises à l’étranger disparaissent une à une. Mais il y a là une certaine logique, puisque Paris cède de plus en plus ses prérogatives à Bruxelles et qu’il existe même, désormais, des « ambassadeurs européens » Pourquoi se fatiguer à garder une représentation à l’étranger quand on délègue déjà tous ses pouvoirs à Bruxelles?

 

Autre perdants: les Français de l’étranger qui se retrouvent privés du soutien de la métropole. Mais au final, c’est toute la France qui y perd, puisque notre diaspora ne peut plus agir aussi efficacement que par le passé pour faire progresser les investissements nationaux ou soutenir les positions de Paris dans les milieux décideurs.

Autre ministère en déshérence, l’Agriculture, qui, déjà limité à 64,5 millions en 2009, recule encore de 21 %, pour tomber à seulement 50 millions de subventions.

 

Là encore, les chiffres montrent que ce secteur est totalement abandonné par un gouvernement appliquant sans discuter la politique agricole européenne.

Les services du premier ministre arrosent les copains

Les services du premier ministre, eux, font un bond en passant de 36,8 à 77,8 millions, soit une augmentation de 111 % des fonds accordés. Chaque année, ces « services », au titre de la « coordination du travail gouvernemental », subventionnent un certain nombre de fondations, de clubs politiques ou de « thinks-tanks » appartenant à l’Establishment et dirigés par des hiérarques de la classe politique.

 

En 2010, les services du Premier ministre ont ainsi octroyé, sur une enveloppe de 11,9 millions d’euros destinée à la « coordination du travail gouvernemental », la coquette somme de 7,7 millions à ces différents organismes, soit 64,91 % du total.

Parmi elles, on peut citer quelques structures très proches de l’UMP, telles l’association Georges Pompidou, qui touche 400000 euros; la Fondation Charles De Gaulle (1 million); la Fondation pour l’innovation politique (think-tank créé par l’industriel chiraco-sarkozyste Jérôme Monod, directement financé par l’UMP jusqu’en 2005, et actuellement dirigé par l’ultralibéral Dominique Reynié), qui récolte 1,2 million; ou la Fondation Prospective et innovation, dont le président est un certain Jean-Pierre Raffarin (320000 euros).

 

Les satellites du socialisme ont aussi un bel accès à la gamelle, avec, entre autres, la Fondation Jean Jaurès, présidée par le socialiste Pierre Mauroy (1,4 million); la Fondation Respublica de Jean-Pierre Chevènement (450000 euros); ou l’Institut François Mitterrand (350000 euros) Le parti communiste n’est pas oublié, avec 900000 eu ros accordés à la Fondation Gabriel Peri (« pour une meilleure compréhension de l’histoire du Parti communiste français ») présidée par Robert Hue!

 

S’étonnera-t-on de voir que le think tank Idées et Nations, présidé par Louis Aliot, n° 2 du Front national ne reçoit, lui, pas un centime de subvention publique?

Les associations « antiracistes » et pro-immigrées prospèrent

Le scandale des subventions d'état - Comment le gouvernement gaspille votre argent

Marine Le Pen a justement dénoncé, récemment, la hausse « vertigineuse » des subventions d’Etat accordées aux associations dites « antiracistes », favorables à l’immigration ou supposées en gérer les conséquences sur notre sol. Les fonds alloués à ces organisations sont en effet passés de 1,2 milliard d’euros en 2009 à un minimum de 1,5 milliard en 2010 (le total est difficile à établir avec précision tant les faux nez de ces associations sont nombreux). La candidate du FN a notamment cité, entre autres, l’Assfam (service social et familial des migrants (239460 euros), le Centre national des Marocains de France (12000 euros), Profession banlieue (21000 euros), le Bondy blog (50000 euros), le Haut conseil des Maliens de France (25000 euros pour cet organisme strictement communautariste), France Terre d’Asile (602000 euros)… Notons que les collaborateurs de Marine Le Pen ont légèrement sous-estimé les subventions accordées à Ni Putes ni Soumises (288500 et non 276000 euros) et à SOS-Racisme (534000 euros et non 490 000).

 

A cette liste évidemment non exhaustive présentée par la candidate à la présidentielle, ajoutons les 416500 euros alloués à la LICRA; 20000 euros pour Fasti-Solidarité immigrés; 80739 pour la CIMADE, qui vient en aide aux immigrés illégaux; 130000 pour AFAVO Femmes africaines du Val d’Oise (sic). On trouve aussi des subsides accordés à des associations comme ELLER Visages pluriels de Turquie, dont le but est « d’entreprendre toute action ou toute intervention pouvant directement ou indirectement contribuer à l’intégration des personnes immigrées ou issues de l’immigration ». 1,2 million d’euros ont été accordés à la Fondation Femmes pour la Méditerranée, qui ne possède même pas de site Internet et dont l’activité réelle est, di sons, difficile à évaluer…

 

Le site Net 1901, annuaire des associations de loi 1901 note d’ail leurs « qu’aucune actualité n’a été publiée pour cette association ». On peut donc légitimement se de mander ce qu’elle fait du pognon donné pour ses actions « à l’attention des femmes en Méditerranée et dans le monde arabe. »


Marine Le Pen a fort justement déclaré que ces « associations ont le droit d’exister » mais qu’elles ne devraient bénéficier d’aucune aide de l’Etat, vu leur soutien à l’immigration ou leur caractère « communautariste ».

 

La présidente du FN estime que l’on pourrait, au strict minimum, économiser 500 millions d’euros ou les rediriger « vers des associations sportives, de sécurité civile, du troisième âge, du handicap ou de l’enfance ».

 

Or, ce sont justement les grandes oubliées du concours d’arrosage public 2010!

En France, mieux vaut avoir le Sida que l’Alzheimer…

Prenons par exemple le palmarès des subventions du ministère de la Santé.

 

Les sommes accordées pour lutter contre la maladie d’Alzheimer n’atteignent même pas 300000 euros (279000 exactement), alors que 855000 Français sont atteints par ce mal terrible et doivent dépenser, chaque mois, un minimum de 1000 euros pour payer leurs soins.

Pire: 225000 nouveaux cas se déclarent chaque année et, d’ici 2020, si la recherche ne progresse pas, les projections estiment à 1,3 million le nombre de Français qui seront victimes d’Alzheimer.

 

En face, selon Sida Info service, 152000 personnes sont atteintes du Sida en France (dont près de la moitié sont des malades nés à l’étranger). A la louche, cela fait six fois moins que les victimes d’Alzheimer. Mais au total, les associations de lutte contre le Sida et le VIH ont touché 5,6 millions d’euros en 2010 – soit… 200 fois plus que celles qui luttent contre le fléau de la dégénérescence mentale!

Parmi ces organisations, se cachent en outre nombre d’organisations qui, sous couvert de lut te contre le sida, sont en fait de véritables lobbys homosexuels. Act up a ainsi reçu 125000 euros; les lesbiennes de Gaies, 640000! Sans parler, parce qu’on pourrait finir par s’énerver, d’«Unité réflexion action communautés Afrique », un bidule qui a raflé 30000 euros pour sensibiliser les Africains au VIH et « pour aider à appréhender certaines problématiques spécifiques des migrants originaires d’Afrique subsaharienne ».


Notons, pour la bonne bouche (ou plutôt la narine), que l’organisation Techno+ a touché 100000 euros pour « la promotion de la santé en milieu festif ». Autrement dit, avec l’argent public, cette assoce vient au secours de fêtards camés jusqu’au nez mais incapables d’assumer leurs c… jusqu’au bout. Le site Internet donne notamment de précieux conseils aux apprentis drogués: « Evite de prendre le volant (reste en vie, on t’aime!) et d’entreprendre une activité à responsabilité… ». Ou encore: « Prends garde à la désinhibition, mets une capote et pense au gel lubrifiant car les produits dessèchent! » Riez braves gens, mais pendant ce temps, des vieillards perdent leur dignité dans des hospices mal entretenus et des malades du cancer dépérissent, faute de moyens pour la recherche, dans les hôpitaux surchargés. Mais il faut bien faire la teuf sans tomber dans le « bad trip », comme dit Techno.

Culture et (dé)formation de la jeunesse…

La liste des gabegies étant extensible à loisir, voici, pour conclure, quelques perles ou comparaisons permettant de situer, de manière générale, où et comment part l’argent du contribuable. La jeunesse par exemple! L’Action catholique des enfants de Vendée a perçu la somme de 180 eu ros, tandis que le Club Léo Lagrange du 59, proche du parti communiste, en touchait, lui, 7390.

Au niveau national, le FONJEP (fonds de coopération de la jeunesse et de l’éducation populaire), lui aussi très marqué à gauche, récolte 6,3 millions d’euros. Les scouts et guides de France, eux, se sont contentés de 890000. Les scouts et guides d’Europe, plus « tradis », semblent n’avoir eu droit à rien du tout; ce qui n’est pas le cas, on s’en doute, des scouts musulmans (où, étrangement, il n’y a pas de guides…), qui touchent 257800 euros; les éclaireurs et éclaireuses israélites, moins nombreux, ont tout de même pu compter sur 73000 euros.

 

Terminons ce rapide tour d’horizon par la culture. Là encore, les choix de l’Etat en matière de subvention sont vite faits et se résument en un raccourci frappant: l’association Musiques et danses traditionnelles du Cantal, qui entretient la mémoire et les traditions régionales, a été généreusement soutenue à hauteur de… 300 euros.

 

En revanche, Slam production (qui promeut une sorte de rap de cités) a perçu 68500 euros. Choisis ton camp, camarade!

Il ne faut plus gaspiller l’argent des Français !

Benoîte Tafin, de Contribuables associés, aime citer une déclaration de Nicolas Sarkozy, prononcée durant son discours de Nantes, en 2007: « Ne plus gaspiller un seul euro d’argent public, tel doit être l’idéal vers lequel nous devons tendre. […] C’est une question d’économie: nous n’avons plus les moyens de gaspiller, nous avons trop de déficits, nous avons trop de dettes. […] C’est aussi une question de morale : l’argent public, c’est l’argent des travailleurs, l’argent de ceux qui se donnent du mal pour gagner leur vie, qui ont du mal à gagner leurs fins de mois, du mal à loger leur famille et à élever leurs enfants en travaillant.

Le moindre des respects qu’on leur doit, c’est de ne pas laisser gaspiller, de ne pas laisser détourner ce qu’ils ont si durement gagné. »

 

A cinq mois de la fin de son mandat, Sarkozy nous a donné la preuve que, décidément, les promesses n’engagent que ceux qui y croient.

 

 

source et publication : Patrick Cousteau et Françoise Monestier sur Novopress

  
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26 décembre 2011 1 26 /12 /décembre /2011 11:37

Manifestation Nationale à Lyon le 14 Janvier pour le retour de nos soldats d’Afghanistan, organisée par les Jeunesses Nationalistes.
Venez nombreux réclamer que nos soldats arrêtent de se faire tuer pour des intérêts étrangers et rentrent à la maison.
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26 décembre 2011 1 26 /12 /décembre /2011 11:09

 

par Michel Dupont lundi 26 décembre 2011  

Quelle politique pour les chrétiens ?

Si mon propos peut d’abord concerner les chrétiens eux-mêmes, il est évident que n’importe quelle personne susceptible de s’intéresser à la question et ayant un minimum de connaissance à ce sujet peut se sentir concernée par cet article. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  L’idée selon laquelle être chrétien nous engagerait politiquement comme cela peut nous engager personnellement est admise aujourd’hui de manière quasi-universelle au sein de l’Eglise.

Il n’est évidemment plus question de l’alliance du Trône et de l’Autel qui eut court sous l’ancien régime ou des idées réactionnaires de Joseph de Maistre à Carl Schmitt, en passant par Charles Maurras mais plutôt d’un courant d’idées que l’on peut nommer « démocratie chrétienne ».

 

La doctrine sociale de l’Eglise l’inspire directement et la récente intervention de la Conférence des Évêques de France pour indiquer des critères à prendre en compte pour les catholiques dans l’élection présidentielle montre à quel point le lien entre politique et foi chrétienne est mis en avant au sein même de l’Eglise.

 

Fabrice Hadjadj, dans une intervention au forum des républicains sociaux, expliquait sa conviction d’une urgence à porter une voix chrétienne en politique, son intervention synthétisant très assez bien l’opinion majoritaire à ce sujet. Enfin Christine Boutin, dont le programme est directement inspiré par la doctrine sociale de l’Eglise, est une candidate qui revendique sa foi chrétienne comme porteuse d’un engagement politique même si elle peine - pour l’instant - à fédérer les chrétiens de France.

En dépit de cette unicité, j’aimerais poser un problème : N’y a-t-il pas incompatibilité radicale entre politique et foi chrétienne ? Curieuse question à vrai dire, puisqu’elle suppose l’idée d’une certaine « essence » du christianisme de laquelle on pourrait déduire cette incompatibilité.

Toutefois, soyons clairs : Je ne pose pas ce problème pour prendre la confortable posture de l’empêcheur de penser en rond mais au contraire parce que je suis convaincu qu’il y a là un problème majeur, éventuellement pour la société mais d’abord pour les chrétiens.

Expliquer comment j’en suis venu à cette idée me semble la meilleure des manières d’en poser les fondements afin qu’on dispose de tout ce qu’il faut pour m’y répondre. La lecture de « Qu’est-ce que l’autorité ? », d’Hannah Arendt fut une première approche de ce problème : Arendt s’emploie à y faire une généalogie du concept d’autorité depuis l’Antiquité jusqu’à nos jours afin d’éclairer la crise contemporaine de l’autorité. Ce faisant, elle s’intéresse au christianisme dont elle démontre qu’il a fusionné avec l’autorité politique romaine et la pensée platonicienne ou plutôt néo-platonicienne : C’est le passage de l’Eglise primitive à l’Eglise romaine. Le détail de cette fusion est assez complexe mais très intéressant et s’étale sur une très longue période, je suppose que bien des ouvrages traitent le sujet plus précisément. J’ai été assez intrigué par cet épisode de transformation de l’Eglise, notamment par les passages où Arendt explique comment « l’Eglise finit par être en mesure de venir à bout des tendances antipolitiques et anti-institutionnelles de la foi chrétienne qui avaient causé tant de difficultés dans les siècles antérieurs, et qui sont si manifestes, et apparemment si insurmontables dans le Nouveau Testament et dans les premiers écrits chrétiens. La victoire de l’esprit romain est presque un miracle […]. » (Hannah Arendt, La crise de la culture, « Qu’est-ce que l’autorité ? »). Je n’ai pas été intrigué parce que j’ignorais cet épisode de l’Histoire mais parce que je ne me doutais pas qu’il fût à ce point improbable : Il fallait que les chrétiens des premiers temps soient de violents contestataires, que les évangiles contiennent un message assez subversif pour qu’Arendt considère cet évènement comme aussi surprenant ! Et d’un autre côté, en tant que chrétien, qu’en penser ? Ne peut-on pas, ne doit-on pas considérer cet évènement comme une trahison de l’esprit du christianisme ? A cet égard, bien des évènements de l’histoire du christianisme (croisades, inquisition, etc) apparaissent aujourd’hui comme autant de trahisons de celui-ci, en quoi cet évènement-là revêtirait-il une importance particulière ? La réponse ne me semble pas très difficile : S’il s’agit bien d’une transformation du message du christianisme, nous avons été engagés par celle-ci dans une voie hasardeuse pendant des siècles et il semble même que bien des « trahisons du christianisme » soient directement issues de celle-là.

J’ai alors regroupé les questions suscitées par cette lecture en deux questions plus précises : Quelle est la mesure de la « trahison » ? Autrement dit, dans quelle mesure nous sommes-nous, chrétiens, écartés de ce que prônaient Jésus, les évangiles et les premiers chrétiens ? Et quelle est l’influence aujourd’hui de cette « trahison » dans le christianisme avec toutes les évolutions et rectifications que nous avons connu ? C’est à ce moment qu’on a porté à mon attention l’œuvre de Jacques Ellul, un théologien protestant du XXème siècle dont je recommande la lecture à tous ceux qui s’intéressent à ce sujet. S’il y a quelque chose qu’on ne peut pas dire de Jacques Ellul, c’est qu’il est bon argumentateur : Ce que j’ai lu de lui est rempli de points contestables qu’il ne fait vraiment pas l’effort d’approfondir. Mais il compense cette faiblesse en posant des idées extrêmement stimulantes comme celles que j’ai pu découvrir dans Anarchie et christianisme, qui, comme son nom l’indique, expose les raisons de lier les idées anarchistes et le christianisme. Jacques Ellul y fait le travail qui répond à la première question que je pose (« Quelle est la mesure de la trahison ? ») : Il analyse l’aspect subversif et contestataire du christianisme qui a été gommé par la suite pour permettre cette fusion qu’Hannah Arendt décrit dans « Qu’est-ce que l’autorité ? ». Cette analyse se fonde sur une lecture complète de la Bible avec l’ancien testament, où le peuple hébreu ne connaitra l’autorité que par la souffrance, le nouveau testament, où Jésus se caractérise par son mépris du pouvoir, l’Apocalypse, violemment critique à l’encontre de l’autorité politique et les Actes des apôtres où Pierre et Paul n’invitent pas – comme on a longtemps pu le penser – à une soumission des chrétiens aux autorités politiques, bien au contraire. Détailler cette analyse reviendrait à recopier le livre en entier, tant chaque point est discuté et interprété mais je renvoie les intéressés aux deux livres majeurs d’Ellul sur le sujet : Anarchie et christianisme et La subversion du christianisme (que je n’ai pas encore lu). Même s’il est évident que Jacques Ellul a une vision partiale dès le début de son travail, on y discerne suffisamment de rigueur et de réflexion pour considérer que la « trahison » du christianisme doit être considérée et non balayée comme le vulgaire fantasme d’un énième contestataire de l’Eglise.

Ce point admis, il n’en reste pas moins problématique : Quelles conséquences en tirer ? Dire que l’alliance du Trône et de l’Autel, la doctrine des deux glaives, les velléités théocratiques et plus généralement, toute la pensée du cléricalisme sont en désaccord avec les fondements du christianisme n’est pas vraiment révolutionnaire aujourd’hui, dans notre société laïque. N’avons-nous pas réglé ce problème ? N’avons-nous pas redonné au christianisme son vrai sens ? Je ne le pense pas. Cette relecture de la Bible et du christianisme des premiers siècles fait apparaitre les chrétiens comme de véritables contestataires, des individus présents pour donner une alternative à une société organisée autour d’une autorité qui détient le pouvoir parce qu’ils étaient convaincus que la force de leur message se suffirait à elle-même, qu’il n’aurait pas besoin de ce moyen contraire à l’amour qu’ils prônaient qu’était le pouvoir. Je pense que le fait qui va le plus dans le sens de mon propos est l’accord global des historiens pour dire que la conversion de Constantin en elle-même n’est pas le début de la conversion de l’empire mais que c’est la conversion de l’empire qui explique celle de Constantin. En effet, c’est d’abord parce que l’unité de l’empire était menacée par le succès grandissant d’une religion clairement hostile à la tradition autoritaire romaine que Constantin s’est converti. Il s’agit plus probablement d’un acte politique salutaire plutôt que d’une conversion totalement sincère ou alors au moins d’un mélange des deux. Cela dit je ne suis pas en train de surestimer la force du message chrétien en prétendant qu’il lui a suffi de 3 siècles pour s’imposer à l’empire et à l’empereur, il est très probable que son nouveau statut de religion officielle a grandement contribué à son développement et à la disparition du paganisme, évolution pas vraiment accomplie en 312 après J.C. Mais, si du point de vue de Constantin, ce moyen a été le meilleur pour endiguer la crise de l’empire, du point de vue des chrétiens, pouvait-il y avoir pire défaite ? (Alors que les historiens parlent d’une victoire) Là où le christianisme était un phénomène de société encore jeune mais suffisamment influent pour toucher l’empereur lui-même, il ne devient qu’un rouage de l’Etat, une force supplémentaire pour la maitrise de l’empire. Voilà une perspective intéressante sur ce qu’a été le christianisme des premiers siècles et l’ampleur de sa subversion. Je pense qu’il y a donc matière à réfléchir pour repenser la façon d’être chrétien aujourd’hui : Le chrétien ne doit pas s’engager politiquement pour défendre ses idées en tant que chrétien, mais il doit refuser le moyen politique pour établir ce qu’il pense être juste. Je n’ai pas la radicalité de Jacques Ellul, je ne pense pas que la question soit de savoir si l’anarchie est envisageable ou souhaitable mais je pense qu’il est du devoir du chrétien de se faire l’instrument d’une autre manière de régir les rapports entre êtres humains, une manière qui s’oppose à l’usage de la violence et donc qui s’oppose fondamentalement au recours à l’entité qui détient « le monopole de la violence légitime » qu’est l’Etat selon les mots de Max Weber. J’imagine qu’on me contestera sur les fondements de ma réflexion mais pas uniquement, j’aimerais donc devancer ce que j’imagine être une des réponses les plus instinctives qui pourrait s’imposer à la lecture de cet article : « Que nous importent ces considérations très éloignées de la réalité ? Il ne faut se poser qu’une question, comment pouvons-nous agir en tant que chrétiens dans la société d’aujourd’hui ? Et il n’y a aucune raison de considérer que le moyen politique doit être écarté au nom de spéculations sur les fondements du christianisme. » Si, il y a. Je vais prendre l’exemple le plus flagrant des problèmes posés par la démocratie chrétienne : La construction européenne est, à bien des égards, le fruit de la pensée démocrate chrétienne. Encore une fois, ce sujet à lui seul, mériterait d’être traité de manière bien plus approfondie et bien plus détaillée mais nous sommes en mesure d’apercevoir les enjeux : Les idéaux chrétiens ont eu, après les deux conflits mondiaux du XXème siècle, une voie royale en politique et ils se sont principalement imposés à travers la construction européenne, projet guidé par un nombre important d’idéaux chrétiens : Pacifisme, universalisme, tolérance, ouverture aux autres, etc. Les premiers penseurs d’une union européenne sont d’ailleurs l’abbé de Saint-Pierre et Emmanuel Kant, deux chrétiens du XVIIIème siècle qui étaient, avant tout, animés par la volonté de faire cesser les guerres. Or, nous voilà, aujourd’hui, confrontés à un certain nombre de graves problèmes qui se posent à cette Union Européenne et je pense que ces problèmes viennent avant tout de l’incompatibilité radicale du christianisme, de son message et des outils politiques. Les velléités nationales, les conflits d’intérêt, les manœuvres politiciennes sont autant de traits irréductibles de la politique qui remettent aujourd’hui en cause l’Union Européenne ou, au moins, la façon dont elle s’est construite. Je crois qu’on a ici l’esquisse de ce qu’est le problème fondamental de la politique pour le message chrétien. L’avortement peut également être un bon exemple de l’absence de caractère politique des problèmes que le chrétien a à affronter dans la société : Le problème n’est pas qu’il soit possible d’avorter, le problème est que les gens veulent avorter ; la solution n’est donc pas d’interdire l’avortement (par la loi, donc) mais de convaincre les individus de ne pas pratiquer l’avortement. J’en ai déjà beaucoup (trop ?) dit et je ne suis pas là pour penser intégralement ce que nous devons faire dans la société contemporaine mais pour essayer de poser des questions qui me semblent oubliées alors qu’elles ont toute leur pertinence : Quelle façon d’agir correspond au message chrétien que je veux faire passer dans la société ? Face à l’échec du politique, ne puis-je pas incarner une autre voie, un autre moyen ?

J’invite les chrétiens à reconsidérer ce qu’il croyait évident, à se poser des questions sur ce qu’ils veulent apporter au monde en tant que chrétien. Et face à une époque qui a porté l’exercice politique comme une sorte d’accomplissement de la civilisation alors que rien ne semble plus vain, plus futile, plus improductif que cet exercice politique, j’ai la conviction qu’il est temps de redevenir ces subversifs que furent les chrétiens des premiers temps : Ces disciples de Jésus qui diffusèrent un message sans jamais de battre, sans jamais user de pouvoir, sans jamais user d’autorité mais dont le message fut si profond et efficace qu’il alla jusqu’à toucher l’empereur romain en personne en seulement trois siècles. Je ne dis pas que l’usage du pouvoir n’est pas une option séduisante, évidemment qu’elle l’est, mais rappelons-nous ce que fit Jésus Christ face à cette séduisante tentation lorsque Satan lui proposa tous les royaumes de la terre : Il les refusa (Matt. 4 : 8-10). Et l’Eglise qui s’est réclamée de lui les a acceptés et s’est laissé séduire par l’opportunité d’user du pouvoir pour se répandre, il est temps de rectifier le tir et de nous rapprocher de ce message que nous avons prétendu répandre alors que nous l’avons surtout dénaturé.

 

source et publication:   http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/quelle-politique-pour-les-106874

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26 décembre 2011 1 26 /12 /décembre /2011 10:43

Jean Raspail et les censeurs

A la suite de la énième réédition début 2011 du roman « Le Camp des Saints », paru initialement en 1973, son auteur Jean Raspail a fait l’objet ces derniers mois d’un véritable lynchage médiatique par la horde veule des journalistes, sociologues et artistes politiquement corrects; au prétexte que ce livre serait raciste.

 

On aimerait voir les intellectuels français oser s’en prendre aux véritables ordures racistes: par exemple le régime islamiste soudanais, génocidaire des tribus noires du Darfour.

Mais, outre que nombre de nos intellectuels ont toujours été fascinés par les totalitarismes -quand ils n’ont pas collaboré avec le nazisme, ils furent les compagnons de route du communisme- lesdits intellectuels se sont toujours caractérisés par leur lâcheté: Desproges ironisait sur ces artistes « engagés » qui osent « critiquer le Chili à moins de 10000 kms de Pinochet »…

 

Aujourd’hui ce sont les islamo-fascistes qui bénéficient de la complaisance servile de nos maîtres du prêt-à-penser. Aussi, il est bien plus facile et bien moins risqué de jouer les héros et redresseurs de torts en attaquant un inoffensif et très courtois écrivain de 86 ans, amoureux de la langue française et chantre des peuples disparus.


Feignant de dénoncer une extrême-droite imaginaire en la personne de Jean Raspail, les commissaires politiques de la vertu antiraciste recyclent les méthodes et les arguments de la véritable extrême-droite: le procès d’intention systématique, la délation à la mode vichyste, la pulsion de censure et le désir irrépressible d’autodafé.

 

La bien-pensance pseudo-antiraciste est véritablement devenue le fascisme du XXIème siècle. Ceux qui le diffament n’ont rien compris ou rien voulu comprendre à Jean Raspail. Sans doute ne l’ont-ils même pas lu et se contentent-ils de hurler avec les chacals.

 

En effet, dans le « Camp des Saints », Raspail ne prétend en aucune façon à une quelconque supériorité de la civilisation européenne sur les autres civilisations du globe (ce qui serait indéniablement raciste); au contraire, il décrit la disparition de cette civilisation européenne face à un envahissement pacifique en provenance d’un Tiers-Monde juvénile et démographiquement conquérant.
Raspail, grand voyageur, infatigable explorateur et ethnologue avant d’être écrivain, a bâti toute son œuvre comme un plaidoyer pour la survie des ethnies et des cultures menacées de disparition.

 

Par exemple, dans le poignant « Qui se souvient des hommes? », où l’anthropologie le dispute à une poésie crépusculaire, Raspail pleure l’anéantissement du peuple des Alakalufs, dernière civilisation amérindienne de Patagonie, inexorablement envoyée aux oubliettes de l’Histoire par l’expansion coloniale occidentale.


A cet égard, le « Camp des Saints » est dans la même veine: celle de la narration d’une civilisation qui meurt.

 

Sauf que cette fois il s’agit du récit de NOTRE civilisation qui disparaît, davantage par un suicide culturel et démographique que par une invasion guerrière.
C’est pourquoi il est urgent de lire (ou de relire) le « Camp des Saints »: à l’heure où les révoltes des peuples arabo-musulmans contre leurs tyrans corrompus et sanguinaires portent au pouvoir des fondamentalistes musulmans et jettent des millions de réfugiés sur les chemins de l’exil, ce livre, qui fut un livre d’anticipation, devient le roman ou plutôt la chronique de l’actualité.

 

A la fin du livre de Raspail, alors que l’Europe sombre, la radio diffuse le « Requiem » de Mozart… Le « Camp des Saints » est le requiem de la civilisation européenne, donc de la civilisation occidentale.

Comme tout requiem, il est beau et triste à la fois.

Comme tout requiem, il incite au respect et au recueillement.

Comme tout requiem, il est conchié par la fanfare des cuistres et les incultes.

 

 

source et publication : Par Marc Nièvre      http://ripostelaique.com/jean-raspail-et-les-censeurs.html

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26 décembre 2011 1 26 /12 /décembre /2011 10:34

Le sapin d’Aurélie, ou comment tuer l’âme française par la soumission à l’islam

« Le sapin d’Aurélie » est un conte de Noël écrit par un ami nommé « Isaac de Barbanègre » en décembre 2002, à la suite d’un fait divers en Lorraine, et qui continue à circuler sur la toile du Web… pour que la mémoire ne se perde pas. Dix ans plus tard, rien n’a changé, sinon une prise de conscience de nos concitoyens.

Chacun d’entre nous doit se rendre compte de la manière dont une idéologie islamiquement correcte est en train de tuer notre civilisation et par conséquent le devenir de nos propres enfants.

 

Roger Heurtebise

« Aurélie, place la dernière guirlande devant, mais fais-y très attention. » L’enfant sortit de son coffret en bois, avec la plus grande précaution, la rangée de pères Noël en porcelaine, et s’avança vers le sapin. La grand-mère ressentait tous les ans, à ce moment précis, la même émotion. Elle se souvenait de la première fois que son grand-père lui avait confié cette tâche, comme une grande marque de confiance, et de la fierté ressentie.

 

Le grand-père était mort au front parmi des milliers d’autres du village et des villages autour. La guirlande ancienne n’en avait pris que plus d’importance. Enfin son propre père mourut peu après son retour de captivité dans la guerre suivante. Il eut toutefois le temps de passer un Noël en France et de voir en famille le sapin et sa guirlande réunir la famille.

 

Bien peu de cadeaux, quelques chants de Noël, mais ce bonheur intense de voir cet éclat dans les yeux des enfants que provoque un arbre illuminé. La guirlande continuait, d’année en année à rappeler les Noëls d’antan, les souffrances passées, les disparus de la famille, et à illuminer les yeux et cœurs des enfants de cette famille française. D’autres familles en France et dans le monde ressentaient au même instant cette même impression de bonheur et de paix ; les époques passaient, avec leur lot de peines et d’évènements, leurs améliorations parfois aussi, mais Noël restait, même dans les années les plus dures. Son père avait un jour évoqué un Noël lorsqu’il était prisonnier en Allemagne, où malgré souffrances et privations, chacun s’était senti meilleur, plus proche des autres.

 

Croyants ou pas, tous avaient vécu la magie de Noël, celle qui transforme le cœur de chacun en cœur d’enfant. Avait suivi une période de relative prospérité, et repas et cadeaux avaient pris de l’ampleur. On voyait maintenant des sapins décorés partout en ville. Son mari travaillait dans une entreprise importante, et le comité d’entreprise y organisait tous les ans un arbre de Noël, où les enfants des salariés, après un spectacle, recevaient jouets et friandises des mains d’un impressionnant père Noël. La première fois, Aurélie terrorisée, avait pleuré à la vue de ce gigantesque personnage de rouge vêtu et à la barbe blanche, si loin par la taille, des figurines en porcelaine qui composaient la guirlande de son grand-père. Elle en avait ri elle-même par la suite. Les Noëls d’entreprise des années suivantes se succédèrent, jusqu’à la fermeture de l’usine.

 

L’école aussi dressait tous les ans un sapin, et les enfants s’évertuaient pendant des heures à préparer eux-mêmes des ornements, à découper des figurines, à peindre des étoiles. Une nouvelle maîtresse, venue de la ville, décida que les heures de travaux manuels ne devaient pas être consacrées à cette décoration. Chacun apporterait de chez lui boules, guirlandes, clinquant que l’on trouvait à bas prix dans toute grande surface. On consacrerait une heure ou deux à l’orner, mais pas davantage. Les enfants furent déçus, mais leurs parents comprirent que travail et apprentissage devaient primer sur la fête, et ne s’émurent point de cette restriction. La maîtresse semblait consciencieuse, il ne fallait pas diminuer son ardeur.

 

Pourtant, les travaux manuels continuaient à prendre une part importante dans les horaires scolaires. Tous les artisanats du monde, et la confection notamment d’objets et de dessins ayant pour thème l’Afrique occupèrent une bonne partie du trimestre. Comme on l’expliqua aux parents, toutes les cultures se valant, il fallait dès leur plus jeune âge enrichir leur horizon par la découverte d’autres cultures. Devant l’ambition de tels enjeux culturels, les familles furent plutôt favorables à cette nouvelle méthode ; en outre, l’Inspection Académique en vanta la qualité, et la presse locale se fit même élogieuse dans un article consacré à l’exposition réalisée par les enfants, d’objets et de dessins africains. Un conteur africain vint d’ailleurs clore l’évènement et subjugua l’assistance par le charme des légendes anciennes, les couleurs de son vêtement et la musique de sa voix.

 

Aurélie était émerveillée : plus personne, depuis la mort de son grand-père, ne lui racontait d’histoires, et tout dans le récit du personnage lui révélait les beautés du mode de vie africain, la richesse de cette culture, et l’infini bonté des personnages.

 

Et l’intérêt de cette nouvelle méthode était double puisqu’elle permettait aux enfants d’apprendre tout en réalisant. Chaque fabrication de dessin ou d’objet donnait lieu à une explication de coutumes, à un petit cours d’histoire sur l’Afrique. Et les notes du deuxième trimestre portèrent davantage sur cet aspect culturel et historique. Ainsi, diverses questions sur les rites religieux, leur compréhension furent abordées, ce qui tombait fort à propos, puisque le Ramadan allait commencer. La maîtresse expliqua la valeur et le mérite des enfants qui réalisaient ce dur sacrifice ; ils étaient plusieurs dans la classe à s’y soumettre. Elle rappela que le conteur y avait fait allusion dans un de ses récits. Chacun des enfants fut invité à donner son opinion, et à raconter une histoire sur le Ramadan. Certes, les notes des enfants plus familiarisés avec cette culture, africains ou maghrébins, furent meilleures. Aurélie n’en fut pas choquée ; elle était habituellement en tête de classe, et n’avait, cette fois obtenu qu’une note moyenne. C’était normal, se disait-elle, eux savaient des choses qu’elle ignorait et il était donc bien naturel que les notes le traduisent. Et puis c’était d’autant plus méritoire qu’ils souffraient du jeûne qu’impose le Ramadan dans la journée. Quelques élèves, non musulmans, firent le Ramadan avec eux, par solidarité, et la maîtresse les en félicita.

 

A la fin du Ramadan, les enfants musulmans apportèrent des gâteaux et en distribuèrent à tous ; la maîtresse remercia et en organisa le partage.

 

Au troisième trimestre, Aurélie fit sa première communion ; bien que ses parents ne soient pas vraiment pratiquants, ils y avaient tenu et elle aussi. Le lendemain, elle vint à l’école, toute fière de la petite croix en or que sa marraine lui avait offerte, et le cartable plein de petits sachets de dragées. La maîtresse lui demanda d’attendre la récréation pour en donner, car il y avait beaucoup de choses à faire ce jour-là. Avant la sortie, la maîtresse prit Aurélie un peu à part.

« Cette croix en pendentif est très jolie. mais tu sais que certains ici ont d’autres religions, et il ne faudrait pas les choquer par de tels signes ostentatoires. Je comprends très bien que tu sois contente de la montrer car on vient de te l’offrir. mais ce serait mieux de ne pas la montrer. Tu es une bonne élève et je sais que tu me comprendras. Ce sera mieux, pour que tout le monde soit pareil. »


Un peu honteuse d’avoir pu, sans le vouloir, choquer d’autres personnes, et surtout de n’avoir pas réfléchi au fait qu’elle avait pu nuire à l’égalité que recommandait la maîtresse, Aurélie était un peu contrariée. Aussitôt rentrée, elle demanda à sa mère ce que voulait dire « signe ostentatoire » ; intriguée par cette question, cette dernière finit par apprendre le contenu de l’entretien et la recommandation de la maîtresse. « Ce n’est pas grave. tu la porteras sous ton pull. et toi seule saura qu’elle est là. et c’est ce qui compte », dit la mère, soucieuse d’éviter tout conflit.

 

Elle s’en entretint quand même avec son époux, dès qu’Aurélie fut couchée.

 

- « C’est quand même étrange. de lui interdire une petite croix » dit la mère. « On les a enlevés des murs de l’école, cela, je le comprenais. Mais qu’on lui fasse des réflexions pour une petite croix, alors qu’elle leur a expliqué ce qu’était le Ramadan, qu’il n’y a plus que des repas musulmans, sans porc, à la cantine, là je trouve qu’elle pousse un peu. »

- « Oui, mais elle a un peu raison », dit le père. « L’école doit être laïque. et il ne faut pas que les enfants soient divisés par ces choses-là. Et puis demain d’autres pourraient bien en profiter pour venir prêcher ou exagérer par des tenues trop visibles. Il parait qu’au collège déjà, des filles viennent avec un tchador, un voile islamique disent-elles, et que ça a fait des tas d’histoires. Il y avait des imams barbus à la sortie et les télévisions qui les interviewaient. »

- « Mais là ce n’est pas pareil. une petite croix ! C’est quand même dans nos traditions, non ? Nos morts sont bien enterrés avec une croix, non ? »

- « Que veux-tu, le monde change, et il faut bien faire avec. »

- « Quand même ! Eux viennent nous expliquer leurs traditions, et les font même enseigner à l’école, et nous devons cacher les nôtres ? »


Aurélie cacha sa croix ; on n’en reparla plus.

A la rentrée des classes, Aurélie retrouva la même maîtresse, ses camarades et quelques nouveaux élèves arrivés récemment en France. La maîtresse les présenta et expliqua à tous qu’il allait falloir être très attentif à eux, car ils ne parlaient pas encore bien le français. L’un d’eux fut installé à côté d’Aurélie, bonne élève, qui pourrait ainsi mieux l’aider. Aurélie fit tout ce qu’elle put, au cours des semaines, pour lui recopier certaines leçons, lui expliquer certains mots.

Enfin, vint la période de Noël qu’Aurélie aimait tant. Chez elle, un petit calendrier muni de fenêtres qu’elle ouvrait selon le chiffre du jour, chaque matin en se levant, traduisait son impatience. Vers le quinze décembre, on commença à décorer le sapin. Aurélie avait le privilège de placer la guirlande ancienne du grand-père, son petit frère s’occupant de placer boules et clinquants sur les branches inférieures.

 

Aurélie eut soudain une idée :
- « Si je prêtais la guirlande pour le sapin de l’école ? »
Sa mère sembla un peu contrariée :
- « Cette guirlande est très fragile, et j’y tiens beaucoup. tu le sais. »

- « Oui mais je voudrais tant que les autres la voient. Il faut savoir partager nous a dit la maîtresse. Tu te souviens après le Ramadan de tous les enfants qui avaient apporté des gâteaux de chez eux ? Et puis le conteur qui était venu nous expliquer des traditions de là-bas, et tous les objets que nous avions fabriqués pour connaître les coutumes de tous ces pays. Oh maman. j’y ferai très attention. Tu sais bien que je suis soigneuse. »

A contrecœur, la mère finit par céder. Après tout, le grand-père serait sans doute content de voir sa descendance si généreuse et ouverte. Le lundi avant Noël, Aurélie toute fière, présenta à la maîtresse le coffret de la précieuse guirlande.

La maîtresse fit un curieux sourire et lui demanda de s’asseoir et d’écouter.
« Les enfants, cette année. nous avons décidé de ne pas faire d’arbre de Noël. Vous savez tous que Noël est une fête religieuse et que certains enfants ne la fêtent pas. Afin qu’ils ne se sentent pas exclus, nous avons donc décidé de ne plus privilégier nos fêtes. »


Aurélie se mit à pleurer sans le moindre bruit. Tout se mit à tourner dans sa tête. Les Noëls de son arrière-grand-père en captivité que lui avait racontés sa grand-mère, les années où son père licencié avait fini par trouver un sapin, on ne sait comment, le soir même du 24 décembre, les Noëls du comité d’entreprise, le bonheur d’être ensemble et de penser à tous, vivants ou disparus. Et on lui parlait aujourd’hui de tout cela comme propre à exclure ?

 

Son chagrin était immense ; qui avait-elle exclu ? Quelle tradition avait-elle refusé d’accepter dans celles qu’on lui avait fait apprendre et même appliquer l’année dernière, en fabriquant tous les objets africains que la maîtresse avait voulus ? Avait-elle refusé d’écouter le conteur, de partager les gâteaux de fin de Ramadan, d’écrire la leçon que la maîtresse avait faite sur cette coutume ? Non, elle avait tout accepté, travaillé avec soin… et on lui refusait d’offrir ce qui était le plus précieux à ses yeux d’enfants : la guirlande de son grand-père, le sapin de Noël…

 

On venait de tuer une âme d’enfant, méthodiquement, scientifiquement. Pas pour le plaisir, pour l’efficacité : toute trace de tradition, d’identité devait être effacée afin de céder la place à d’autres. Certains brûlent le drapeau, d’autres suppriment les sapins de Noël, mais tous ont un point commun : la naissance d’un enfant à Bethléem, qui plaçait l’amour au-dessus de toute autre valeur, il y a deux mille ans, et la civilisation qui en fut engendrée les dérangeaient au plus haut point. Et cette haine, par méthodes, leçons, violences ou interdits est le seul cadeau qu’ils donnent aux âmes d’enfants qui n’ont que l’amour à offrir.

 

Pour détruire un pays, commencez par tuer les âmes d’enfants, c’est beaucoup plus facile. Un sapin peut parfois y suffire.

 

Par  Isaac de Barbanègre, 2002

 

 

source et publication :     http://ripostelaique.com/le-sapin-daurelie-ou-comment-tuer-lame-francaise-par-la-soumission-a-lislam.html

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26 décembre 2011 1 26 /12 /décembre /2011 10:16
A Quimper, la langue bretonne ne manque pas d’avocats
 

A Quimper la langue bretonne ne manque pas d’avocats

25/12/2011 – 19h00
QUIMPER (NOVOpress Breizh) – « C’est la première signature de la charte dans le monde du droit. Un petit événement ». Lena Louarn, présidente de l’Office public de la langue bretonne a salué comme il convient la signature, le 21 décembre dernier, de la charte Ya d’ar brezhoneg par le barreau des avocats de Quimper.

 

La charte, établie en 2001 par l’Office public de la langue bretonne, vise à promouvoir et développer l’usage de la langue bretonne dans la vie quotidienne des habitants de la Bretagne historique.

 

Outre les collectivités, les entreprises privées et les associations peuvent adhérer à celle-ci dans le but de favorise l’utilisation de la langue bretonne dans la vie courante des employés, des clients ou des membres de l’association.

 

Désormais les avocats de Quimper rédigeront en français et en breton leur papier à en-tête, leurs invitations et leurs cartes de vœux,  ainsi que la signalétique de la Maison des avocats.

 

Le bâtonnier du barreau de Quimper, Jean-François Moalic, a indiqué à Ouest-France que « le barreau a souhaité faire un geste fort. On souhaite contribuer, sans doute modestement, à promouvoir la langue bretonne ».

Un membre du barreau, qui a fait part de son intention d’installer une signalétique en breton dans son cabinet, ne cache pas son intention de pouvoir à l’avenir  accueillir sa clientèle en breton.

 

Le français étant la seule langue autorisée devant les tribunaux, ce n’est cependant pas demain que les avocats pourront plaider en langue bretonne.

Des plaideurs peuvent toutefois s’exprimer en breton, par le truchement d’un interprète, sous réserve que leur demande soit acceptée par le président d’audience, ce qui n’est pas toujours le cas.

 

Devant certains magistrats, en effet, la langue bretonne n’est pas toujours la bienvenue. On se souvient qu’en mars dernier, lors du procès de deux jeunes militants du collectif « 44=BZH » devant la cour d’appel de Rennes, le président de chambre Pierre Dillange avait sèchement renvoyé un témoin qui voulait s’exprimer en breton.

« Votre audition est terminée. Je ne comprends pas le baragouin », avait déclaré le magistrat…

Ackles29 licence CC

[cc] Novopress.info, 2011, Dépêches libres de copie et diffusion sous réserve de mention de la source d'origine [http://fr.novopress.info/]
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26 décembre 2011 1 26 /12 /décembre /2011 10:03
  • Les Sages préparent l'opération «parrainages»

     

    Par Guillaume Perrault Mis à jour le 26/12/2011 à 06:54 | publié le 25/12/2011 à  20:29 

    Le Conseil Constitutionnel, à Paris.  

    Entre le 22 février et le 16 mars, le Conseil constitutionnel devra examiner à la loupe les formulaires des prétendants à la présidentielle.

    C'est une armoire forte, gardée la nuit par un gendarme.

  • Au quatrième étage du Conseil constitutionnel, rue de Montpensier, dans les locaux du Palais-Royal à Paris, on prépare le lieu où seront entreposées les listes de parrainages d'élus requis pour tout candidat à l'Élysée. Cinq cents par candidat.

  • Les Sages, en effet, sont chargés de veiller à la régularité de la campagne présidentielle.

  •  Et le Conseil constitutionnel est déjà sur le pied de guerre. Ses membres, sous la présidence de Jean-Louis Debré, ont donné leur feu vert au formulaire de parrainage élaboré par le ministère de l'Intérieur, qui sera adressé dans trois mois aux 47.462 élus habilités: députés, sénateurs, eurodéputés, conseillers généraux et régionaux, maires, conseillers de Paris, maires d'arrondissement de Lyon et Marseille, présidents de communautés urbaines, d'agglomérations ou de communautés de communes, présidents des différentes assemblées d'outre-mer.

  • Le formulaire débute ainsi: «Vous êtes seul(e) juge de votre décision de présenter ou non un candidat». On ne sait pas clairement, à la lecture, si accorder son parrainage revient ou non à partager les idées du candidat puisqu'il s'agit de «présenter» une candidature, terme officiellement retenu.

    16.900 parrainages en 2007

    Les parrains sont invités à indiquer un téléphone «où vous pouvez être joint» pour aider les services du Conseil constitutionnel à vérifier la validité du formulaire en cas de doute. Pour la première fois, et en plein accord avec les Sages, chaque formulaire disposera d'un numéro pour aider à prévenir des fraudes éventuelles.

  • Le dépôt des signatures au Conseil constitutionnel ne pourra commencer que vers le 20 février et s'achèvera le sixième vendredi avant le premier tour prévu le 22 avril, soit le 16 mars. C'est par centaines que les parrainages arriveront alors chaque jour au Conseil constitutionnel.

  • Les élus peuvent adresser eux-mêmes le formulaire officiel ou le remettre aux représentants du candidat à qui ils accordent leur signature. Les «petits» candidats préfèrent cette dernière formule, qui leur permet de compter les noms au fur et à mesure et de savoir où ils en sont. En 2007, le Conseil constitutionnel avait reçu et examiné 16.900 parrainages, et retenu douze candidats.

    Les petits candidats à la loupe

    Les Sages savent qu'ils devront étudier à la loupe les signatures des petits candidats, souvent à la peine pour réunir les 500 signatures. Pour tout arranger, quelques parrainages sont déclarés invalides pour des motifs variés: formulaire officiel non utilisé, nom de l'élu ou du candidat oublié, ou maire étourdi ou trop généreux qui a accordé plusieurs fois sa signature…

  • Et il ne suffit pas de recueillir 500 parrainages: encore faut-il que ceux-ci émanent d'au moins 30 départements ou collectivités d'outre-mer différents, sans que plus de 50 (un dixième) d'entre eux puissent être les élus d'un même département. La tâche n'est jamais facile.«En 2007, José Bové avait sué sang et eau pour rassembler 507 parrainages, se souvient un membre du Conseil constitutionnel.

  •  Et encore, 4 d'entre eux étaient invalides! On a donc “homologué” 503 parrainages et il a pu se présenter de justesse.»

    Un cas qui est loin d'être isolé. En 2007 toujours, Arlette Laguiller, porte-parole de Lutte ouvrière, n'avait eu que 539 parrainages «en règle». Jean-Marie Le Pen en avait obtenu 554 et le candidat du Parti des travailleurs Gérard Schivardi, 556.

  • D'autres personnalités politiques avaient été empêchées de concourir faute d'avoir atteint l'eldorado des 500 signatures. Le souverainiste Nicolas Dupont-Aignan n'avait ainsi présenté que 307 parrainages homologués et l'écologiste Corinne Lepage 294.

  •  Pour 2012, la quête des 500 signatures s'annonce encore plus compliquée que d'habitude.

    LIRE AUSSI:

    » Copé exhorte les élus UMP à parrainer Sarkozy

    » Parrainages: Boutin en appelle à la gauche

    » Parrainages: un recours du FN

Source et publication : http://www.lefigaro.fr/politique/2011/12/25/01002-20111225ARTFIG00102-les-sages-preparent-l-operation-parrainages.php

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25 décembre 2011 7 25 /12 /décembre /2011 18:03

Le CNC-35 et Bretagne souhaite les voeux 2012, accompagnés d'une galette des Rois,


le dimanche 8 janvier 2012 à partir de 14 h 30...

 

CNC Bretagne

 

Pour tout renseignement

 


Michel MADORÉ
46, rue de châteaubriant    35 770 VERN SUR SEICHE


Tel : 02 99 00 49 50        06 17 64 19 6        madore.michel35@gmail.com

 


Pendant ces jours de Fêtes, moments privilégiés de la vie, il est des traditions qui unissent le monde.


À cette occasion, Le Délégué Régional, le Bureau et les adhérents du CNC 35/Bretagne aimeraient vous transmettre leurs Voeux de Santé de Bonheur et de Réussite, ainsi qu’à votre Famille et vos Proches pour l’Année 2012.



Le Délégué Régional d’Ille et Vilaine et de la Bretagne du Cercle National des Combattants.

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25 décembre 2011 7 25 /12 /décembre /2011 17:06

 

UN COMMENTAIRE SUR : SLATE.FR
Qui aura le courage de dire ce qui ferait avancer le pays ?
Soumis par Dan51, le samedi 24 décembre 2011 à 14h21

Assez bien vu... "le devoir des politiques serait de dire aux Français que la désindustrialisation ne cessera que par l'abandon du credo en le sauveur étatiste"

Mais QUI aura le courage en France de dire que l'idéologie hypocrite en vigueur depuis la révolution n'est plus la ligne officielle. Qui ?

Car cette "révolution", tant enseignée en France, a vite remis un "empereur" sur le trône et une "cour" aux dépens du peuple grugé, elle avait comme devise "Liberté, égalité, fraternité" mais a toujours fait tout à fait son contraire, par tous les moyens non avoués.

 

Personne en France, car le pays est bien trop conservateur, tourné vers le passé plutôt que vers l'avenir, renfermé sur lui-même plus qu'ouvert sur le monde - voir le rapport à l'Autre, à l'étranger.

 

Dans tous les pays démocratiques avancés, ayant la meilleure éducation au monde - alors que la France stagne entre la 17ème et la 22ème place au niveau de l'Education - les fondations jouent un rôle important dans la vie sociale et publique.

En France, elles sont quasi-inexistantes, l'Etat ayant peur, une grande anxiété, de partager avec d'autres le monopole de la bienfaisance.

 

En France, l'Etat a mis la barre très haut pour la création de fondation, les personnes aisées paient l'impôt qui est redistribué par l'Etat - après que les politiques et leurs amis se soient sucrés au passage - puis elles planquent leur fortune à l'étranger pour en faire profiter leurs héritiers, ce qui est fortement jalousé par toute une partie de la population qui se sent grugée.

 

En France, il existe 2.264 fondations.

Mais il en existe plus de 80.000 en Allemagne qui gèrent plus de la moitié du budget de l'Etat français sans faire AUCUNE dette...

 

Chaque année, environ 800 nouvelles fondations sont créées en Allemagne. Leurs buts principaux sont
a) le social,
b) la science et la recherche
c) l'Education et la formation
d) l'art et la culture
e) la protection de l'environnement
f) autres objectifs, objectifs privés

 

Même les partis politiques allemands ont des fondations, car « la démocratie a besoin de l'éducation politique »... quand on lit les commentaires sur la plupart des articles politiques, on constate le manque profond d'éducation politique en France, pas de cours de politique en primaire, pratiquement rien en collège et lycée...

 

En France, c'est l'Etat, depuis la révolution, qui veut avoir le monopole de la bienfaisance, mais il n'en a pas les moyens... «les caisses sont vides » disait Fillon, les associations mendient constamment de l'argent. Alors qu'une fondation n'en a jamais besoin.

 

Voici les chiffres de 2006, la situation a encore empiré en France:

Au total, en 2006, les recettes brutes de l'État français se sont élevées à 287 milliards €, auxquelles il faut soustraire un peu plus de 65 milliards de prélèvements au profit des collectivités territoriales et des communautés européennes. Les recettes réelles nettes de l'État français auront donc été de 221 milliards €.

 

La fortune des fondations allemandes était de quelque 100 milliards € en 2006, un peu moins de la moitié de toutes les recettes de l'Etat français...

On voit quel est leur poids dans le pays, sans elles, la vie serait toute différente. La Fondation ne fait AUCUNE dette, n’emprunte pas, ne demande pas de subventions. Ne mendie pas de dons. Et il s'en crée quelque 800 nouvelles par an.

 

Quand on compare les deux pays, en France, on zappe totalement tout ce pan de la vie publique en Allemagne, on compare donc des pommes et des poires.

 

En France, la révolution a voulu donner aux seuls Etat et collectivités territoriales le monopole de l’intérêt général. La loi „Le Chapelier“ a pratiquement interdit les fondations de 1791 à 1983.

 

Le terme de « fondation » est défini aujourd’hui par l'article 18 de la loi du 23 juillet 1987.

 

La faiblesse des fondations en France peut surprendre quand on voit cette forme d’organisation se multiplier dans la plupart des pays industrialisés (20 000 fondations suédoises pour 9 millions d’habitants, 14 000 fondations danoises pour 5,5 millions d’habitants).

 

Partout en Europe, on trouve des fondations dont les domaines d’action sont traditionnellement la culture, l’éducation, la recherche, la santé et l’action sociale, mais aussi plus récemment l’insertion professionnelle et la défense de l’environnement.

 

Contrairement aux associations, de par leur indépendance financière, les fondations ne courent pas le risque d’être «instrumentalisées» par les politiques publiques, d’où l’attitude ambiguë des pouvoirs publics envers les fondations.

 

S'il y a si peu de fondations en France, c'est que l'Etat n'en veut pas. L'Etat - et donc les politiques - veut être le seul à dispenser ses bienfaisances - en se sucrant au passage - mais comme il gère très mal, il fait des dettes depuis plus de 30 ans.

 

Voir les travaux du centre de recherche internationale sur le droit des fondations: http://www.mpipriv.de/ww/en/pub/research/research_work/european_and_universal_private/foundation_law_and_law/foundation_law_and_reform.cfm

« there continues to exist a deep-seated anxiety over the “dead hand” (“mortmain”), whereby the creator of a foundation continues to dictate the use of his assets from the grave.

 

It is for this reason that foundations are as a matter of public policy per se restricted in Roman legal systems (Belgium, France, Italy, Portugal, Spain) “

 

L'anxiété de la main-morte !!!

 

La France est un pays conservateur et très anxieux.

 

C'est le pays qui consomme le plus de psychotropes au monde - voir le rapport de L'Assemblée Nationale

 

http://www.assemblee-nationale.fr/12/rap-off/i3187.asp et du Sénat - http://www.senat.fr/questions/base/2010/qSEQ100212155.html - et c'est le pays le plus dépressif au monde, selon les dernières études:

 

http://tempsreel.nouvelobs.com/societe/20111223.OBS7423/sondage-les-francais-champions-du-monde-du-pessimisme.html

 

Il faudrait tout simplement que ce pays brise son idéologie, refonde son Education nationale et s'ouvre sur le monde au lieu de se refermer sur lui-même.

 

Il y a du boulot pour secouer cet héritage de plus de 200 ans auquel le pays se réfère sans s'en émanciper et évoluer vers son futur.

 

Source: Slate.fr commentaire

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