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17 janvier 2012 2 17 /01 /janvier /2012 10:24
Mardi 17 janvier 2012 2 17 /01 /Jan /2012 08:47
  I) De quoi s'agit-t-il ?
1- Les termes : Hollande parle d'"avantage fiscal" alors que c'est un instrument de pondération fiscale visant à adapter le poids de l'impôt. Il est faux de dire que les foyers non imposables n'en profitent pas car il rentre en compte pour certaines aides  (garderie, voyages scolaires, bons CAF, cantines ou activités diverses).
2- Les chiffres : "La direction du Trésor a calculé que cette proposition permettrait aux non-imposables de recevoir 607 euros, soit 50,6 euros par mois par enfant, cependant qu’à partir de 4.200 euros bruts par mois de revenu, soit environ un tiers des ménages un foyer commencerait à être perdant " d'après cette analyse intéressante.
3- L'esprit : il s'agit toujours de désigner un bouc-émissaire : les prétendus privilégiés, on connaît la chanson...
II) Les réactions
Rien de bien surprenant. Tout le monde crie "au fou" alors que le cocasse de l'affaire est que cette proposition a été semble-t-il suggérée par l'UMP et va parfaitement dans le sens de Christine Boutin qui proposait récemment de remplacer tous les dispositifs d'aide par une seule allocation universelle au montant fixe. Hollande n'est donc pas en plein délire mais en plein dans l'air du temps.
On peut synthétiser les critiques courantes en deux points :
1- L'injustice ordinairement dénoncée consiste à ruiner les gens qui travaillent au prétexte de faire reculer la pauvreté des autres, on sait d'expérience combien cela marche !.
2- En plus d'être une injustice, c'est une faute de gestion car n'importe quel gérant de la plus petite entreprise sait qu'on ne finance pas du court terme (consommation courante) avec le capital réservé à l'investissement (quel investissement a plus de prix  que les familles ?).

 

  III) Une injustice cachée

Une telle proposition ignore le fait que le coût de la vie n'est pas le même partout : une allocation au montant fixe ne constituera pas le même pouvoir d'achat à Paris ou en Mayenne. Le quotient familial pondère l'impôt, lequel est appliqué au revenu. Or un salaire, cela se négocie en fonction du coût de la vie et on adapte son train de vie à son revenu. Cette mesure va donc créer des injustices.

IV) Élaborer une contre-proposition ?
Le Quotient familial mérite peut-être d'être réformé, perfectionné. Le fait d'avoir été instauré en 1945 est insuffisant à le rendre parfait, n'en déplaise à certains. En revanche, toute réforme du quotient familial devra lui conserver ce caractère incitatif . En somme, ce qu'il y a de formidable dans ce dispositif, c'est que c'est une espèce d'allocation proportionnelle à la ressource et donc à la dépense. Un vrai dispositif dynamique ! Il mériterait même pour cette raison de survivre à une suppression de l'impôt sur le revenu à travers la CAF.

 

Matthieu Mautin

Membre du Parti de la France

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16 janvier 2012 1 16 /01 /janvier /2012 17:11

 

                         RAPPEL: UNE DATE À RETENIR

 

 

 

 

 

PRÉSIDENTIELLE 2012. 

 

CARL LANG PRÉSIDENT DU PARTI DE LA FRANCE ET CANDIDAT DE L' UNION DE LA DROITE NATIONALE .

 

 

CARL-SAINT-BRIEUC.jpg

 

 

CARL LANG SERA À St BRIEUC ( 22 ) POUR LA GALETTE DES ROIS LE 28 JANVIER !

 

 

11H CONFÉRENCE DE PRESSE

 

 

12H30 DÉJEUNER LIBRE : POUR CEUX QUI LE DÉSIRENT : DÉJEUNER AVEC LE CANDIDAT PRIX DU REPAS ( 20 Euros )

 

 

 

16h30 GALETTE DES ROIS ET DISCOURS : PARTICIPATION : 8 Euros

 

 

RÉSERVATIONS OBLIGATOIRES AVANT LE 20 JANVIER : PLACES LIMITÉES !

 

Il reste quelques places !`



 

RENSEIGNEMENTS ET RÉSERVATIONS :  dan.le.marin.breizh@gmail.com      Tél:06 65 61 08 62

 

 

 

 

SITE : http://pdf.bretagne.over-blog.com/


MAIL : pdfbretagne@orange.fr

 

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16 janvier 2012 1 16 /01 /janvier /2012 15:57

1 16 /01 /Jan /2012 14:28

Partis politiques, associations, entreprises, personnalités, tout le monde a besoin des médias et de ce fait personne n’ose les critiquer… C'est en partant de ce constat que Polémia, insoumis aux médias de l’oligarchie, propose aujourd'hui un point de vue critique sur ces garde-fous du système, en invitant un jeune étudiant en journalisme.

 

La parole à l’étudiant.

 

Si les journalistes ne critiquent jamais le système, c’est qu’ils vivent grâce à lui et partagent ses valeurs. Dès leur formation, c’est le conformisme et non l’esprit critique qui est enseigné. Deux facteurs prépondérants expliquent cet état d’esprit :

  • · La structure des écoles dont l’influence des directives publiques est très importante
  • · La pression du milieu et la déontologie journalistique

Structure des écoles :

 

Il existe 3 types d’écoles :

  • - CELSA (Centre d'Etudes Littéraires et Scientifiques Appliquées) : école publique détenue à 48% par l’Etat. Elle fonctionne comme les grandes écoles. Le concours d’entrée très difficile permet de recruter un profil particulier d’élite.
  • - Ecoles sous statut associatif, dont le diplôme est reconnu par la profession (les syndicats) et par l'Etat
  • - Ecoles privées, plutôt orientées vers l’information et la communication, que vers le journalisme à proprement parler.

Bien que de structures différentes, ces écoles subissent toute l’influence de l’Etat. Notamment les écoles sous statut associatif, qui s’associent aux grandes universités pour délivrer des doubles-diplômes, mais l’Etat a donc un droit de regard plus important grâce à ce partenariat.

 

De plus ces écoles sont soumises à différentes directives dont la « Charte de la diversité pour les médias ».

 

A la suite d’une enquête du CSA concernant la « diversité » dans les médias en 2009, une commission de 30 experts s’est réunie pour penser la « diversité » dans les médias, c’est-à-dire permettre aux français d’origine étrangère d’être beaucoup plus présent dans les médias. Leur but est donc de trouver les moyens facilitant à ces populations l’accès à la profession de journaliste. Donc en premier lieu aux lieux de formation.

 

Ces nouveaux journalistes seront les mieux à même d'entretenir et de promouvoir le système.

 

Suite aux conclusions de cette commission, les épreuves de recrutement pour ces écoles ont donc été changées, notamment celle de culture générale, jugée trop discriminante. « On ne recrute pas des copies mais des personnalités », dixit Science-Po. Plusieurs partenariats ont également été créés, dans cette même optique. L’Institut Supérieur de journalisme de Lille, prestigieuse école s’est associée au Bondy blog : un groupe de jeunes des banlieues voulant changer la vision qu’a la France de ces jeunes.

 

Toujours dans ce même objectif, on trouve des mouvements, comme la très puissante French American Foundation, qui a réfléchi sur la couverture médiatique de l’immigration. Pour l’améliorer, elle propose aux jeunes journalistes de plancher sur le thème « Médias et immigration : pour une couverture médiatique juste et équilibrée » via des concours et des bourses à gagner.

 

La structure même de ces écoles fabrique également la connivence des élites. Prenons Science-Po pour exemple. Un journaliste qui sort diplômé de cette école aura passé cinq ans sur les mêmes bancs que le banquier, le commercial, le politique, l’homme d’affaires et le politique. S’il a des infos compromettantes sur l’un d’entre eux, voudra-t-il les divulguer ? Mettre dans une situation embarrassante un ami ? Perdre son réseau de grande école ? Le journaliste de cette formation est donc lié au reste de l’élite et n’est pas indépendant.

 

Pression du milieu et « déontologie journalistique »

 

Les journalistes ont une très haute estime d’eux même et de leur travail. Ils considèrent qu’ils ont une responsabilité, qu’ils sont garants des valeurs du système ; « valeurs du système » qu’ils ne contestent donc jamais (humanisme, démocratie représentative, féminisme et antiracisme).

 

Les formateurs, les professeurs partagent cette vision du monde et ne font donc pas venir d’intervenants avec qui ils ne seraient pas d’accord idéologiquement. Les jeunes journalistes sont donc formés par des personnes qui croient aux valeurs du système et ne sont pas entrainés à ce qu’on leur expose un point de vue différent, encore moins à le prendre en compte dans leur compréhension du monde.

 

La déontologie journalistique, savoir ce que l’on a le devoir de dire, permet de hiérarchiser les informations, et pose la question : doit-on traiter ou non un événement ? Dans le système de valeurs humanistes, une manifestation pro clandestins a beaucoup plus d’importance qu’un rassemblement nationaliste à qui il faut de toute façon éviter de faire de la pub. Cette discrimination de l’information est le fait des salles de rédaction des grands médias qui décident de ce qui doit faire l’actualité. Les cours de déontologie des écoles permettent aux étudiants de savoir comment traiter tel ou tel sujet sensible de société. Encore une fois, les personnes formatrices ne représentent pas la diversité des opinions, mais sont toujours main-stream.

 

Aucun esprit critique n’est réellement demandé dans les écoles de journalisme. En effet, une remise en question d’une information n’est ni souhaitée, ni encouragée à partir du moment où elle émane d’une source officielle : AFP, Reuters ou AP, les trois principales agences de presse.

 

Cependant avec l’arrivée d’internet, l’omerta des médias du système sur certains sujets a été court-circuitée, permettant aux personnes intéressées par un sujet, de trouver des informations non-officielles sur le web. Mais celles-ci n’étant pas reprises dans les médias de l’oligarchie, elles ont bien peu de valeurs face aux informations officielles.

 

De plus, le flot continu des tweets, des infos via les réseaux sociaux et des sites d’infos alternatifs, n’est absolument pas assimilable par une seule personne et l’on se rend compte qu’il est difficile de se passer de la capacité de synthèse d’une salle de rédaction, toute orientée fût-elle.

 

Discussions :

 

Le doute ne se vend pas, il faut mieux avoir le « scoop ». Prendre du recul et des pincettes avec une information qui pourrait faire vendre dans le contexte économique actuel (perte des revenus liés à la publicité) n’est donc pas encouragé.

 

Situation économique. Au fil des ans, la profession de journaliste s’est largement précarisée avec une nette augmentation des pigistes. Payer un journaliste des mois pour une enquête particulière coûte trop cher, on se contente souvent de recycler l’information des agences de presse car l’investigation coûte trop cher.

 

Indépendance de la presse. Il faut relativiser, la presse n'a jamais été vraiment indépendante du pouvoir en place. Le problème est qu’aujourd'hui, elle fait croire qu'elle est libre et indépendante, alors qu’elle est le plus parfait serviteur du système

 

Image : Le journaliste

  Source :  http://www.polemia.com

signalé par http://adefdromil.org

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16 janvier 2012 1 16 /01 /janvier /2012 15:35

 

LE POISSON PANGA

fallait s'en douter à moins de 10€ le kilo...

ATTENTION AVEC CE POISSON

Le Panga est un nouveau poisson asiatique que nous trouvons chez *CARREFOUR et PICARD ..,*surtout sous forme de filets, à un prix relativement bas.


Le Panga est, au Vietnam, un poisson de culture industrielle intensive.
Plus exactement, il vient du delta du Mekong, et il est en train d'envahir le marché à cause de son prix.
Voici ce qu'il y a à savoir sur le panga :
Le *Mekong* est l'un des fleuves les plus contaminés de la planète.
Les pangas sont infectés, à hauts niveaux, de venins et bactéries (arsenic, résidus industriels toxiques et dangereux, sous-produits du secteur industriel en pleine croissance), métaux contaminés, phénols polychlorés (PCB) ou DDT et leurs (DDTs), chlorate ; des composants relationnés (CHLs), hexachlorociloxane, isomères (HCHs) et hexachlorobenzène (HCB).

Il sont alimentés avec des poissons morts, des restes d'os et avec une farine d'Amérique du Sud, le manioc et des résidus de soja et graines.

Il est évident que ce type d'alimentation peu salubre n'a rien à voir avec l'alimentation d'un environnement naturel.

Vous en rappelez-vous ?
Cela ressemble beaucoup à l'alimentation des vaches folles (vaches qui furent alimentées avec des viandes animales notement des vaches. )

L'alimentation des pangas est complètement en dehors de toute réglementation judiciaire.
Le panga grandit 4 fois plus vite que dans la nature, à l'état normal.
De plus, les pangas sont injectés avec (PEE).

Quelques scientifiques ont découvert qu'en injectant aux femelles pangas des hormones féminines dérivées d'urine déshydratée de femmes enceintes. La femelle panga produit ses oeufs plus rapidement et en grande quantité, ce qui n'arriverait pas dans un environnement naturel (une femelle panga arrive ainsi à produire 500.000 oeufs en une fois) et c'est ce qu'ils font...

De fait, ce sont des poissons qui ont des hormones injectables (produites par une entreprise *pharmaceutique chinoise* pour accélérer le processus de croissance et de reproduction.

En achetant du panga, nous collaborons avec des entreprises gigantesques sans aucun scrupule et spéculatrices, qui ne se préoccupent pas de *_la santé et du bien être des êtres humains_*.


Ce commerce est accepté par les grandes superfaces qui vendent au public en général, tout en sachant qu'ils vendent des produits contaminés.

*_NOTE_ : Etant donné la prodigieuse quantité de pangas disponible, ils termineront également dans d'autres aliments :_ surimi_ (ces petits batônnets faits avec de la chair de poisson), poisson en boîte et probablement dans quelques aliments pour animaux (chiens et chats).*

 

REGARDEZ LA PROVENANCE DU POISSON ET N'ACHETEZ JAMAIS DE POISSON ASIATIQUE AUSSI PEU CHER QU'IL SOIT.

 


Communiquez cette page à votre entourage, vos amis...
et surtout regardez cette vidéo

http://www.dailymotion.com/video/xo87j_quest-ce-quun-panga

 

Merci Jean-Claude

 

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16 janvier 2012 1 16 /01 /janvier /2012 13:28

Lundi 16 janvier 2012

 

Communique de presse de Carl LANG

Président du Parti de la France

Candidat de l’Union de la Droite Nationale à la présidentielle



Le renoncement et le reniement

 

Portées généralement par le grand flot de la démagogie et des mensonges, les campagnes électorales ont cependant parfois le mérite de clarifier certains aspects des projets politiques.

La politique d’immigration légale proposée et chiffrée par Marine LE PEN en est un exemple tout à fait instructif et révélateur. Alors que le Front National canal historique proposait aux Français d’inverser le courant migratoire, l’actuelle candidate du FN propose de réduire progressivement, en cinq ans, l’immigration légale de 200 000 à 10 000 entrées.

On en déduit que cette réduction progressive permettra l’entrée légale de 162 000 personnes la première année, de 124 000 la deuxième, de 86 000 la troisième, de 48 000 la quatrième et de 10 000 la cinquième. Le projet est donc parfaitement clair : Il s’agit de faire entrer légalement, en cinq ans, 430 000 immigrés supplémentaires.

Les forces antinationales peuvent se réjouir en voyant un ancien pôle de résistance se soumettre si facilement et si vite au discours immigrationniste. Même Charles PASQUA avec son ancien discours d’immigration zéro était plus volontaire que Marine LE PEN.

Alors que la France est plongée dans une crise financière, économique et sociale sans précédent sous la cinquième République et que les Français sont livrés au chômage de masse et à la précarité sociale, ce discours n’est pas seulement un renoncement et un reniement ; c’est un discours d’abandon. Croire que donner ce genre de gage suffira à la normalisation politique et à la « dédiabolisation » est de surcroît une illusion. Il faudra aller encore beaucoup plus loin dans la reculade et ce ne sera jamais suffisant, sauf à se soumettre totalement à l’idéologie antinationale dominante.

Le Parti de la France et l’Union de la Droite Nationale réaffirment plus que jamais la nécessité vitale pour la communauté nationale du peuple français de mettre un terme à la colonisation migratoire de la France et de l’Europe, de rendre la France aux Français et l’Europe aux Européens. Il s’agit bien d’un enjeu de civilisation et d’un projet de reconquête nationale !

--
Le Parti de la France
Email : contact@parti-de-la-france.fr
Site : http://www.parti-de-la-france.fr
Adhérez ! : http://www.parti-de-la-france.fr/adhesions

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16 janvier 2012 1 16 /01 /janvier /2012 13:04

 


 

 

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16 janvier 2012 1 16 /01 /janvier /2012 12:54

Union Royaliste Bretagne Vendée Militaire

 

Etude sur le Corporatisme et sur sa pertinence au XXI Siècle | URBVM URBVM

 

ETUDE SUR LE CORPORATISME


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Le Corporatisme “ Sociaux parce que Catholique et Royaliste ”. Xavier VALLAT Le corporatisme est un système économique soutenu par les disciples de René de La Tour du Pin afin de rejeter les utopies (marxistes ou libérales), examiner les problèmes des relations du Travail et du Capital dans une optique réaliste et dans le seul objectif de rechercher le bien commun.
Table des matières
Définitions des Corporations françaises ......................................................................................... 2
L’Histoire du Corporatisme dans l’Ancien Régime ........................................................................... 3
La Corporation et l’Esprit Chrétien ................................................................................................ 3
La révolution et les corporations ................................................................................................... 4
L’Esprit révolutionnaire et les corporations .................................................................................... 5
Le régime démocratique opposé aux libertés corporatives .............................................................. 6
De l’état démocratique à l’Etat corporatif ....................................................................................... 6
L’historique du combat pour le corporatisme au cours du XX°Siècle ................................................. 7
La doctrine du corporatisme .......................................................................................................... 9
Corporation économique et corporation sociale ............................................................................ 10
Le corporatisme d’association ou monarchiste .............................................................................. 10
Les autres formes de corporatisme à dénoncer .............................................................................. 12
Les buts du corporatisme ............................................................................................................. 12
Au sein de l’entreprise ....................................................................................................................... 12
Au niveau économique et social........................................................................................................ 13
En politique ....................................................................................................................................... 14
Plusieurs représentations corporatives au niveau de l’état ............................................................. 15
Au niveau régional : les chambres régionales des corporations de métiers ..................................... 15
Au niveau national par la chambre nationale des corporations ....................................................... 15
Préalable politique ....................................................................................................................... 17
Plaidoirie pour le corporatisme ..................................................................................................... 18
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I. Définition des corporations françaises Comme tant de nos institutions, les cadres corporatifs se sont formés au grès de nécessités, de l’environnement économique, social et juridique, mais aussi selon les besoins, les réactions régionaux ou locaux des provinces françaises. Celles-ci ont évolué et se sont structurées au cours des siècles, et ont toutes des particularités et des différences importantes. “La corporation était la forme professionnelle de l’association avant 1789. C’était la famille professionnelle exerçant une industrie par privilège et d’après des règlements qu’elles s’étaient donnés elle-même”. C. de FERRIERE LE VAYER (publiée dans productions française avant 1939). Il est donc difficile de donner une définition adéquate de la corporation de “ l’Ancien Régime ”. La première chose à faire est donc de fixer les points communs que l’on retrouvait dans une majorité de celles-ci. - Premièrement l’organisation corporative de l’ancien régime est de « naissance exclusivement française » Firmin Bacconier - Secondement l’esprit corporatif est gouverné par un principe moral ; il a évolué dans une atmosphère chrétienne ” (F.B). Cette organisation “ était conçue selon le principe que l’homme produit pour vivre et ne doit pas être contraint de vivre pour produire ” René de la Tour du Pin. - Troisièmement les “ corps ” ou “ corporations ” sont de “ petites républiques professionnelles dont les citoyens mènent eux-mêmes les affaires ” (F.B.) Quatrièmement, au-dessus de ces républiques est le roi national qui leur impose deux choses : d’abord de ne s’occuper que de leurs affaires, ensuite de tourner celles-ci “ dans le sens des intérêts de la grande république dont il est le souverain ”. Firmin BACCONIER M. Olivier Martin (Ancien Professeur de la Faculté de Droit à Paris) souligne que les corporations n’avaient pas de durée ni de but obligatoire. Nous pouvons prendre comme exemple de ce genre de corporation celle des “ pauvres gentilshommes et estropiés de la guerre ” Il écrit également que celle-ci n’avait pas de taille obligatoire. On peut néanmoins donner la définition d’Henri comte de Paris, extrait d’essai sur le gouvernement de demain, 1936 : « C’est une association de producteurs limitée à une branche de la production qui a pour but et pour fonctions de gérer les grands intérêts de la branche de production intéressée, d’en protéger tous les membres. » La corporation réunit à cette fin tous les ouvriers, employés et patrons des métiers, industries et professions faisant partie d’une même branche de production, ou s’y rattachant. L’organisation corporative a : - Pour unité économique la production intéressée, - Pour unité organique la corporation - Pour unité géographique la région.


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II. L’histoire du corporatisme dans “ L’ancien régime ” Au commencement de la corporation médiévale, il y a “ la volonté persévérante des gens de métier de se faire une place dans une société où l’état était trop faible pour pouvoir défendre le métier et où tant de forces contraires entravaient l’expansion du métier ” Olivier MARTIN. Comme nous l’avons dit précédemment le corporatisme était bercé par le christianisme et celui-ci, dans le domaine de l’économie, a posé comme principe le “ devoir d’Etat ” : le travailleur doit assurer sa vie et celle de sa famille, à le devoir d’enseignement, à un devoir moral dans son travail (ex : le patron ne doit pas exploiter ses ouvriers)… De cette volonté d’autonomie, vis à vis des groupes de pression va sortir au fil de l’histoire de petites républiques professionnelles qui ont leurs dirigeants (élus), leurs lois, leurs finances. Les élus sont chargés des “ relations publiques ” avec les autres corporations et l’Etat. Elle administrait elle-même la justice, ces “ statuts ” (lois internes) sont rédigés par les gens de métiers puis approuvé par l’Etat. Les exemples qui illustrent ce phénomène ne manquent pas comme le montre le livre “ L’Ancien Régime ” de M. FUNCK-BRENTANO où il écrit : “ Chaque village constituait une république. Quarante mille associations naturelles délibéraient sur leurs propres intérêts et choisissaient leurs agents. ” (Ceux qui souhaitent approfondir le point des libertés locales peuvent lire L’Etang de Berre de Charles MAURRAS ; même si l’on peut regretter que celui-ci traite uniquement les coutumes de Provence). Elles ont ainsi évoluées jusqu’à la révolution française. III. La corporation et L’esprit chrétien La fraternité fut le sentiment qui présida à l’origine de la formation des communautés de marchands et d’artisans constitués sous le règne de Saint Louis. Car, au Moyen Age, animé par le souffle du christianisme, moeurs, coutumes, institutions, tout était coloré de la même teinte ; et parmi tant de pratiques bizarres ou naïves, avaient une signification précise. « Lorsque rassemblant les plus anciens de chaque métier, Etienne BOILEAU, (prévôt de paris), fit écrire sur un registre les vieux usages des corporations, le style même se ressentit de l’influence dominante de l’esprit chrétien ; souvent la compassion pour le pauvre, la sollicitude pour les déshérités de ce monde se font jour à travers la concise rédaction des règlements de l’antique jurande : “ Quand les maîtres et jurés boulangers, y est-il dit, iront par la ville, accompagnés d’un sergent du Châtelet, ils s’arrêteront aux fenêtres où est exposé le pain, et si le pain n’est pas suffisant, la fournée peut être enlevée par le maître. ” Mais le pauvre n’est pas oublié, et “ les pains qu’on trouve trop petits, les jurés feront donner par Dieu le pain ”. Et si, en pénétrant au sein des jurandes, on y reconnaît l’empreinte du christianisme, ce n’est pas seulement parce qu’on les voit dans les cérémonies publiques promener solennellement leurs dévotes bannières et marcher sous l’invocation des saints du Paradis. Ces formes religieuses cachaient le sentiment que fait naître l’unité des croyances. Une passion qui n’est plus aujourd’hui ni dans les moeurs ni dans les choses publiques, rapprochait alors les conditions et les hommes, la charité. L’église était le centre de tout. Autour d’elle, à son ombre, s’asseyait l’enfance des industries.


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Mêlées à la religion, les corporations du Moyen Age y avaient puisées l’amour des choses religieuses… mais protéger les plus faibles restait cher aux législateurs chrétiens. Ils recommandent la probité au mesureur ; il défend aux taverniers de ne jamais hausser le prix du vin, comme boisson du menu peuple ; qu’elles soient bonnes et loyales, et afin que le pauvre puisse avoir sa vie à meilleur prix, les marchands n’auront qu’après tous les autres habitants de la cité, la permission d’acheter des vivres. Ainsi l’esprit avait pénétré au fond de cette société naïve quand le prévôt des marchands rendait la justice. Sans doute on ne connaissait pas encore cette fébrile ardeur du gain qui enfante quelque fois des prodiges et l’industrie n’avait pas cet éclat, cette puissance qui aujourd’hui éblouisse ; mais, du moins, la vie, du travailleur, n’étaient point troublée par l’amère jalousie, par le besoin de haïr son semblable, par l’impitoyable désir de le ruiner en le dépassant. Quelle union touchante, au contraire, entre les artisans d’une même industrie ! Loin de se fuir, ils se rapprochaient l’un de l’autre pour se donner des encouragements réciproques et se rendre de mutuels services. [...] Or, grâce au principe d’association, le voisinage éveiller une rivalité sans haine. L’exemple des ouvriers diligents et habiles engendrait le stimulant du point d’honneur. Les artisans se faisaient en quelque sorte une fraternelle concurrence… » Tome I de l’Histoire de la Révolution française, de 1848, de Louis Blanc à la page 478, précisons tout de même que cet auteur était un jacobin reconnu et n’avait donc une sympathie déclarée pour l’Ancien Régime ou la corporation ou encore le christianisme. IV. La révolution et les corporations La révolution veut rompre avec “ l’Ancien Droit ” de la Monarchie. “On préféra détruire parce qu’à la suite de Rousseau et des encyclopédistes, on s’était imaginé que la liberté individuelle suffirait pour résoudre tous les problèmes. On a cru libérer l’individu en supprimant absolument tous les cadres intermédiaires entre l’ouvrier et l’Etat.” C. de FERRIERE LE VAYER (publiée dans productions française avant 1939). La “ liberté du travail, du commerce et de l’industrie ” est proclamée par une loi des 2-17 mars 1791 (D’ALLARDE). Désormais, la “ faculté de travailler ” devient un des premiers droits de l’homme, “ la première propriété, la plus sacrée, la plus imprescriptible ”. “ Les corporations sont en conséquence rayées de la carte institutionnelle. C’est aussi la primauté de l’individuel et le règne du libéralisme économique. ” (J-C JAVILLIER, Agrégé des Facultés de Droit Professeur à l’Université de Bordeaux-1 Directeur du centre de Droit Comparé du Travail et de la Sécurité Sociale, Manuel de droit du travail, 1986) L’individualisme juridique est formulé par la loi des 14-17 juin 1791 (Le Chapelier) : “ Les citoyens d’un même état ou professionnelle, les entrepreneurs, ceux qui ont boutique ouverte, les ouvriers ou compagnons d’un art ne pourront, lorsqu’ils se retrouveront se nommer ensemble, se nommer, ni présidents, ni secrétaires, ni syndics, tenir des registres, prendre des arrêts ou des délibérations, former des règlements sur leurs prétendus intérêts communs. ” C’est “ l’anéantissement de toutes espèces de corporations de même état ou profession ” (article 1er), la négation d’un intérêt professionnel entre citoyens de même profession (art. 2).


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Elle conduit à engendrer un nouvel ordre social, et ce produit des lumières et de la Révolution imposé d’en haut repose sur une idée simple que l’auteur, de La Fin des corporations, Steven Kaplan, résume ainsi : “La société est uniquement composée d’individus atomisés, chacun libre de poursuivre ses propres intérêts à l’intérieur de certaines limites approximativement précisées”. Des sanctions, bientôt renforcées par le Code Pénal frappent tous ceux qui veulent agir collectivement, et plus fortement les ouvriers que les patrons. Avec le Code Civil (1804), c’est dans le temple de l’autonomie de la volonté, que se forgent les instruments juridiques. Deux articles seulement sont consacrés au “ contrat de louage de service ”. La révolution a supprimé le système féodal (art. 1780). Il n’en résulte pas que la parole du salarié est égale à celle du maître (art. 1781). De bien des horizons idéologiques et politiques les pressions des travailleurs se font plus fortes. Ces pressions divergent par leur finalité : - La révolution : par la lutte des classes (K. MARX). - la transformation des rapports entre les hommes : par le mutualisme (P.J. PROUDHON). - l’instauration de la justice dans les rapports sociaux : sans lutte des classes, par une doctrine sociale (L’Eglise catholique romaine, René de la Tour du Pin, L’Action Française qui regroupe des Catholiques et des non catholiques autour de ce même combat). V. L’esprit révoLutionnaire et Le corporatisme La pensée révolutionnaire est-elle compatible au corporatisme ? Ou encore est-il possible d’incorporer à la république le système de corporation, ou alors le corporatisme va-t-il à l’encontre même des idéaux révolutionnaires et donc républicain ? Soulignons que nous parlons ici du corporatisme d’association et non du corporatisme mussolinien. Pour analyser les fondements idéologiques de la révolution il faut étudier tout d’abord les textes principaux tel que les droits de l’homme ainsi qu’un certain nombre de philosophes et enfin ceux qui se présentent comme des révolutionnaires ou de leur continuité philosophique. La pensée révolutionnaire est l’expression vulgarisée de la philosophie des écrivains français du XVIIIe siècle : Montesquieu, Voltaire, Diderot, d’Alembert, Quesnay, J.J. Rousseau. Montesquieu écrivait : “ … ce que j’appelle vertu dans la république est l’amour de la patrie, c’est à dire l’amour de l’égalité. Ce n’est pas une vertu morale ni une vertu chrétienne, c’est la vertu politique. ” (Avertissement de l’esprit des lois, édition de 1758). Cette notion d’égalité va à l’encontre du corporatisme qui se hiérarchise par rapport au mérite de ses membres. Ainsi dans les corporations de l’ancien régime il existait “ des grades ” : Apprentis, aspirants, compagnons maître, anciens… symbole de leurs différences dans l’apprentissage de leur travail. “ Cette doctrine considère l’inégalité des hommes comme un fait universel, imposé par le créateur (ou la nature), inégalité qui postule la hiérarchie des valeurs et des forces. Mais, reconnaissant l’égalité divine des âmes, leur commune origine et leur commune destinée, elle exige un respect absolu des droits moraux et matériels du travailleur, de sa famille, et s’efforce d’élever les âmes de tous vers les visions les plus hautes par la pratique constante de la charité mutuelle. ”Ambroise Rendu


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Voltaire quant à lui se veut le défenseur de la tolérance. En son nom il cherchera à ébranler le système des valeurs traditionnelles, relativiser le devoir. Or, le corporatisme est dans son essence même basée sur le devoir : le meilleur des compagnons à le devoir moral de transmettre ce qu’on lui a enseigné. Quesnay (1694-1774), Turgot (1727-1781) et leurs disciples pensent avoir découvert l’ordre économique naturel qu’il suffit de respecter pour résoudre tous les problèmes, mettre fin à l’ensemble des conflits. Ils forgent ainsi le libéralisme physiocratique (l’agriculture est la seule source de richesse) dans le dessein de détruire l’ordre économique traditionnel. Rousseau peut être considéré comme le pédagogue révolutionnaire par excellence. L’influence de Rousseau a été déterminante, sa pensée a orienté la révolution vers la destruction systématique de l’ordre social traditionnellement fondée sur l’existence des corps intermédiaires. VI. Le régime démocratique opposé aux libertés corporatives Un gouvernement de parti, parce que fondée sur l’élection, doit veiller à ce que l’électeur lui soit toujours fidèle. Il y parvient en fonctionnarisant le corps électoral ou en donnant des aides très importantes à certains secteurs économiques. Ainsi les secteurs où l’on ne souhaite pas devenir fonctionnaire (non pour les privilèges que cela procurent, mais pour l’amour du travail), se trouvent tellement livrés à la concurrence par le libéralisme sauvage que ceux-ci sont obligés de dépendre de l’Etat providence ou aujourd’hui de plus en plus de l’Europe, aliénant leurs libertés professionnelles. Il en résulte inéluctablement un dramatique inversement des rôles démocratiques : ce n’est plus le gouvernement qui dépend de l’électeur, mais bien plutôt l’électeur qui dépend du gouvernement. C’est pour cela que l’Etat ou aujourd’hui l’Europe a intérêt à s’emparer des attributions ou des pouvoirs qui incombent aux corporations. Voilà pourquoi “ le politique d’abord ” de Maurras se trouve encore justifié, car toute organisation corporative qui tend à libérer l’individu de la tutelle de l’Etat doit être combattu par le régime des partis. VII. de L’etat démocratique à L’etat corporatif Afin de résoudre le problème ouvrier il faut donc passer de l’état démocratique de la nation à l’état corporatif. L’Etat démocratique, c’est le régime d’une nation gouvernée par les partis et où les travailleurs, ne pouvant s’appuyer sur une organisation des métiers n’ont d’autres moyens de s’exprimer que la force (par la grève) ou par le bulletin de vote (sans influence directe sur son travail ou sur sa condition). L’Etat corporatif c’est le régime d’une nation où sont reconstitués tous les éléments qui concourent à la vie nationale : la famille traditionnelle ou naturelle (que l’état doit valoriser par rapport aux autres formes d’union

 


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et à qui il doit redonner ses pouvoirs décisionnaires dans bien des domaines) ; le métier (dont une juridiction corporative garantie la possession au salarié comme à l’entrepreneur) ; la commune et la province, et aussi l’Etat auquel ont été restituées ses attributions souveraines. Or l’Etat souverain, c’est l’Etat délivré du joug des partis, c’est l’Etat confiné dans sa fonction de gardien de l’ordre à l’intérieur et de sécurité des frontières. Le passage de l’Etat démocratique à l’Etat corporatif doit se faire, dans un premier temps en élaborant des structures telles que des caisses de compensation pour allocations familiales et en se basant le volontariat des différents corps de métiers à vouloir se constituer en structures autonomes. Les institutions de liberté qui s’édifient sous la pensée syndicale ne seront sauvées que si les producteurs consacrent à l’action corporative la plus large part de leur activité. (Ceci ne concerne pas seulement une part du chiffre d’affaire à attribuer mais à une véritable prise en compte du rôle de “ l’entreprise citoyenne ” afin que celle-ci s’implique auprès de ces employés autant que dans son environnement.) Pour être efficace tous les producteurs (patrons, ingénieurs, ouvriers et employés) doivent constituer ensemble les nouveaux corps de métiers en vue de rechercher le bien commun de tous. Enfin il reste la question de l’Etat, à laquelle répond le maître incontesté du corporatisme René de la Tour du Pin, en nous disant que le régime corporatiste “ suppose la constitution d’un pouvoir national capable de susciter, de protéger, de contenir chacun des organismes particuliers et d’assurer la fin de sa fonction dans l’Etat français ”. On reconnaîtra aisément ce pouvoir indépendant des partis, des classes et des métiers et qui a pour soi la durée et la responsabilité. VIII. L’historique du combat pour Le corporatisme au cours du XX ième siècle. L’histoire de l’Action Française est étroitement liée à l’histoire militante et intellectuelle du corporatisme durant le vingtième siècle, puisque c’est chez les corporatistes que se recrutèrent les premiers “ Camelots du Roi ”, dont les plus illustres sont Marius Plateau, les trois frères Real Del Sartes, Lucien Lacour etc.. Ceux-ci et de nombreux autres militaient au mouvement de “ l’Accord Social ” de Firmin Bacconnier. Firmin Bacconnier était un artisan imprimeur qui lors du lancement du mouvement le dota d’un hebdomadaire et créa des comités locaux dans toute la France. L’Accord Social était dans la continuité de “ l’Avant-garde Royaliste ”, qu’il avait également fondée en 1904. Leur programme social s’inspirait directement de celui de René de La Tour du Pin et se voulait donc garant du renouveau corporatiste. Dés son origine le mouvement amenait fatalement ses militants à entrer en conflit avec les socialistes et Marxistes. Néanmoins l’Action Française préconisait un rapprochement avec certains mouvements syndicaux comme “ le Parti Socialiste National ”, ce que ne souhaitait pas Firmin Bacconnier qui les considérait comme des “ activistes ”. Ce rapprochement eut néanmoins quelques résultats positifs.
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La guerre de 1914 devait mettre provisoirement un terme au combat social. En 1919 l’ancienne équipe sociale de “ l’Action Française ” se remis à l’oeuvre sur une base exclusivement corporatiste et farouchement opposée à la lutte des classes. C’est dans cette optique que George VALOIS organisa dés le mois de Mars 1920 la Confédération de l’Intelligence et de la Production Française (C.I.P.F.), dont la revue mensuelle, portait le titre de Production Française. Dans l’optique de rassembler plus de monde possible G. Valois prit l’initiative de lancer les “ Etats Généraux de la Production Française ”. Mais Valois prend des distances avec l’Action Française à partir de 1925 et créait à la fin de cette année un parti politique ouvertement fasciste qu’il dénomma “ Le Faisceau”. L’Action Française ne pouvait soutenir le corporatisme étatique de type mussolinien, clairement en opposition avec le corporatisme de La Tour du Pin qui vise au contraire à soustraire le travail au joug de l’or aussi bien qu’à celui de l’Etat. Entre temps l’ancien C.I.P.F était devenu “ L’Union des Corporations Françaises ”, au départ de Valois et Firmin Bacconnier en devint président. Inutile de préciser que celle-ci revint à la doctrine de la Tour du Pin. L’U.C.F connue un essor rapide puisque les trois centres provinciaux de 1925 devinrent 89 en 1928. L’année 1934 fut marquée par la création de “ l’institut des études corporatives et sociales ”. Lors de la seconde guerre mondiale l’institut des études corporatives et sociales poursuivit ses activités en zone libre puisque l’Action Française était interdite de séjour dans la zone occupée par les nazis. Après la guerre un organe toujours affilié à la doctrine d’Action Française créa l’Association Corporative pour la Propriété du Métier dont l’organe de presse était “ Notre Avenir Français ”. “ Ce que nous voulons : La Justice Sociale : ce qu’il faut c’est rendre au peuple les justes garanties qui lui sont dues, et reconstruire sur la base de ses droits restitués l’édifice entier de notre droit social et politique ” René de la Tour du Pin « La doctrine sociale de l’Action Française c’est la propriété personnelle et communautaire substituée à la propriété individualiste du libéralisme et à la propriété collective des socialistes marxisants. » Agir Français 1991 Jean ROCHE-BOITEAU. Maurras disait : “ l’Action Française est composée de trois courants : Les traditionalistes politiques représentant la pérennité de l’idée monarchique, les positivistes qui apportent la pensée philosophique et les Chrétiens – Sociaux qui engagent le combat sur le terrain syndical. ”


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IX. La doctrine du corporatisme. Le corporatisme est une doctrine fondée sur le principe d’une organisation de la profession telle que toutes les catégories sociales lui appartenant participent à sa réglementation et à sa protection. Parce que, en dehors de l’intérêt spécial à chaque élément professionnel, (les ouvriers, les employés et patrons), il existe par le fait même une vocation à une oeuvre commune, à une fonction commune et un intérêt commun, à vivre en bonne intelligence, les intérêts de chacun se retrouvant dans ceux de leur société. La profession ainsi organisée devient une institution nantie de pouvoirs de décision, de représentation, de discipline, dans les domaines sociaux, économique et politique. Il faut tout d’abord, le respect des principes qui régissaient les communautés d’arts et métiers, les corps et ordres de l’Ancien Régime. Ensuite, l’admission des idées essentielles de catholiques sociaux, surtout René de la Tour du Pin et Albert de Mun qui, en France, préconisèrent un “ ordre social chrétien ”, et militèrent pour le principe de subsidiarité. Enfin, la croyance en un équilibre dynamique, sur le plan social et sur le plan économique, assuré grâce à la coopération productive de tous les hommes du même métier et à l’action directe des professions organisées en fonction des programmes et des politiques économiques de l’État. Le corporatisme cherche à se situer à égale distance de l’individualisme libéral et du collectivisme. Les théories modernes tendant à accroître la représentativité et le pouvoir réglementaire des professions, la coopération interprofessionnelle sur le plan national ou régional, la collaboration organisée entre les syndicats, la participation de toutes les catégories du travail à la gestion des entreprises ou à certains éléments de cette gestion, se sont inspirées et continuent de s’inspirer implicitement de l’idée corporatiste. “ La doctrine corporative, rénovée par les travaux de Le Play, d’Albert de Mun, de la Tour du Pin et de leurs disciples, affirme que l’ordre social résulte de l’étroite union de tous ceux qui collaborent à la production et à la répartition des richesses. La doctrine corporative considère le capital, fruit du travail et de l’épargne associée, comme légitime et bienfaisant, parce que créateur de richesses nouvelles. Ces richesses nouvelles doivent être réparties avec équité pour contribuer au bien-être commun. Elle donne à l’intelligence créatrice, source d’ordre, d’autorité, fondement de la discipline, la première place et exige sa juste rémunération. Toutes les oeuvres de perfectionnement moral, d’éducation, de formation technique, d’assistance et de retraite sont à la charge de la profession organisée, pour ne laisser à l’Etat que son rôle de gardien de l’intérêt général et de coordinateur des efforts des différences professions. L’accession à la propriété, en particulier à celle d’une partie du capital de l’entreprise servie par l’ouvrier, lui paraît une formule de progrès et une condition de paix. Tout ce qui élève les âmes dans l’ordre moral et professionnel est une conquête, tout ce qui détruit les supériorités au non de l’égalité est une régression, un acheminement vers la décadence. ” Ambroise RENDU


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X. Corporation économique et corporation sociale Selon la théorie corporatiste, qui se réfère à la Tour du Pin, l’ensemble des problèmes financiers, économiques et sociaux qui se posent à une profession doivent être soumis à la discussion et à la décision des représentants de tous les membres des entreprises concernées et non à l’Etat. Chacune des “ catégories ” élirait donc en son sein ses représentants aux instances de la corporation. Helbert SIMON, prix Nobel d’économie en 1978, qui est considérée comme l’un des pères de la science de la décision explique que “ toute décision dans une organisation résulte de compromis, de négociations entre les différents partenaires, chacun mettant en oeuvre une stratégie qui cherche à satisfaire son domaine d’activité. ” C’est ce vers quoi tend la corporation. Les comportementalistes (l’école des relations humaines) a mis en relation la corrélation entre moral et productivité. Il faut donc selon eux installer des relations de confiance, constituer des objectifs communs, créer un “ esprit de communication, de communauté participative adhérant à un projet partagé par tous les membres de l’entreprise ”. Kurt LEWIN, membre de cette école et fondateur du concept de “ dynamisme de groupe ”, s’intéresse particulièrement aux phénomènes de groupe (notamment au leadership), à l’adhésion aux valeurs du groupe, et au climat social au sein des entreprises. Cette école de pensée met en avant, sans le savoir les principes de la corporation en micro-économie. Firmin Bacconnier Frederick Hersberg, docteur en psychologie (1950) note dans ces ouvrages que l’homme a besoin de progresser et souligne l’importance de l’enrichissement des taches. Sa vision de l’homme débouche sur la décentralisation des décisions avec une direction participative par objectifs. Ceci nous montre que la corporation est le lieu où l’homme s’épanouira et non dans le système actuel où la lutte des classes est entretenue. XI. Le corporatisme d’association ou monarchiste La théorie du corporatisme d’association veut d’abord que la création des groupements corporatifs de toute nature soit libre, et non pas imposée par l’État. Les groupements des métiers qui n’éprouveront pas le besoin de se constituer en corporations seront soumis à la discipline particulière que l’État jugera bon d’édicter. Par contre, pour la quasi-totalité des auteurs, l’adhésion de tous les hommes du même métier à la corporation sera obligatoire dès lors que la majorité des intéressés se sera prononcée pour la constitution d’un groupement corporatif. Néanmoins il pourra exister plusieurs corporations différentes pour un même métier ainsi l’apprenti adhérera à celle qui lui convînt le mieux. Les corporations établiront elles-mêmes leurs statuts, variables selon les professions, étant entendus toutefois qu’il n’y aura corporation qu’autant que toutes les couches sociales du métier intéressé seront représentées aux instances. La théorie du corporatisme de profession veut que les représentants de chaque catégorie 


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l’organisation corporative soient élus par leurs pairs de toutes les entreprises ressortissant à la profession, de manière qu’ils définissent les règles applicables au métier tout entier, et par suite à tous les établissements. Cette même théorie entend que les délégués de toutes les catégories soient les délégués d’entreprise ; elle leur confère comme tâche essentielle la coopération à la gestion de l’entreprise, et comme tâche secondaire la participation à l’organisation professionnelle interentreprises. Les statuts seront homologués par l’État après discussion et les pouvoirs et devoirs de chaque communauté de métier seront contractuellement déterminés. Les instances interprofessionnelles, tant sur le plan régional que sur le plan national, émaneront des professions intéressées et tiendront également leurs statuts, leurs devoirs et pouvoirs, ainsi que leur représentativité, du contrat avec l’autorité publique. Celle-ci jouira de pouvoirs d’arbitrage et de contrôle, veillera notamment à ce que les exigences de la loi soient respectées et à ce que les corporations accomplissent les missions de productivité, de salubrité et d’entraide professionnelle, de promotion et d’assistance sociale qu’elles auront statutairement acceptées. Le corporatisme d’association se veut le modernisateur des principes qu’il découvre dans le passé monarchique : des corps professionnels s’organisant spontanément, mais ne tenant leur vie juridique que de lettres patentes octroyées par le roi ; des impératifs économiques et sociaux à respecter avec, en contrepartie, des privilèges concédés et un pouvoir représentatif assuré. Ce corporatisme prévoit toujours une représentation professionnelle ou interprofessionnelle à l’échelon national, par une chambre ou un parlement économique à pouvoir consultatif ou législatif selon les cas. Ils estiment que toutes les professions, et non pas seulement celles de l’agriculture, de l’artisanat, de l’industrie et du commerce, doivent, directement ou par l’intermédiaire de chambres interprofessionnelles, élire les membres d’un parlement économique qui serait le seul législateur sur toute question relative à l’économie intérieure et extérieure du pays. “ Il appartient aux intéressés de créer eux-mêmes, dans leurs corporations respectives, les institutions qui leur conviennent. ” Firmin BACCONNIER A.B.C du Syndicalisme. XII. Les autres formes de corporatisme à dénoncer Certains ont eu tendances à reprendre la corporation à leur compte, certains afin de le discréditer et d’autres pour “ l’améliorer ”. 1. La tendance étatiste ou la corporation et aux mains de l’état (système Italien, allemand, soviétique). Appelée “ corporatisme totalitaire ”, elle a été la seule forme de corporatisme au cours du XXiéme siècle. Son but fut de résoudre la lutte des classes au sein d’une dictature. Dans le cas du système Italien ou Allemand le corporatisme a été détourné de son but originel, appliqué dans un régime totalitaire ou démocratique, il est muté en organe de propagande, obéissant au jeu du (ou des) parti, sa voix n’est plus celle du travailleur mais celle de l’état.


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2. La tendance où la corporation serait à la tête de l’état et qui retomberait sous l’emprise de l’oligarchie. La troisième tendance idéalisée par certains est d’appliquer le corporatisme à la république dite démocratique, ce qui la ramènerait à être écartelée entre l’étatisme et le laisser-faire libéral. Ce qui serait garant d’une instabilité et d’une vue à court terme néfaste. XII. Les buts du corporatisme a. Le but du corporatisme au sein de L’entreprise Rendre aux facteurs de production leurs libertés et l’autonomie nécessaire à leur développement. Intéresser tous les membres de l’entreprise à l’élaboration du projet commun. Organiser en son sein un sérieux enseignement professionnel, qui rend possible l’ascension des travailleurs en son sein. Restaurer l’équilibre des forces sociales du capital et du travail. Il s’agit d’éteindre les luttes de classe en instaurant des corps de métiers, garant de la “ propriété des métiers ” reconnue à chaque travailleur. Vaincre les Forces de domination, de dissociation et de conflit interne, pour l’intérêt immédiat de l’ensemble de la production nationale et, celui supérieur de la Nation. Instaurer, en dehors des haines politiques et sociales, le dialogue entre un Etat arbitre (parce qu’indépendant des partis et des groupes de pressions) et une Economie corporative. b. Le but du corporatisme en économie et dans le social Le corporatisme veut faire de chaque travailleur un propriétaire de son métier. Cette “ possession ” d’un métier correspond, en fait, à un véritable capital mais dans les différents types de sociétés économiques et sociales actuelles, ce capital n’est pas représenté par un titre de propriété concret. Restaurer un équilibre entre les ressources et les dépenses sociales. En cas de nécessité l’Etat pourra intervenir afin d’aider des branches en difficulté (pour une restructuration, un manque ponctuelle de consommation , intempéries, entreprise naissante etc..). Mettre en place une formation adaptée au milieu professionnel qui évolue en même temps que la vie des entreprises (prisent en compte des nouvelles méthodes et des nouveaux moyens technologiques). Elles mettront également en place des diplômes ou des concours qu’elles jugeront nécessaires et adaptés à leurs métiers. Procurer à ses membres la sécurité personnelle et la capacité professionnelle. En créant des allocations, non plus au niveau de l’Etat, mais au niveau des corps de métiers ou des corporations. Restaurer l’équilibre entre la valeur du capital et du travail.


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Pourquoi dans la représentation au conseil corporatif, ne fait-on pas une place privilégiée soit au capital, soit au travail? Ce privilège ne serait pas justifié. Le but de toute association de travail est la production. Or, il n’est pas douteux que les divers éléments professionnels concurrent à la production chacun pour une part essentielle. Les patrons ne peuvent pas plus se passer des employés que les ouvriers des patrons. Leur force respective est tout entière dans leur étroite solidarité. Qu’importe donc le genre de concours que le Capital apporte à la production s’il est vraiment infécond sans le secours du travail? Qu’importe d’autre part le nombre plus considérable de producteurs que comporte l’élément travail, s’il est à son tour impuissant sans la collaboration du capital?Le conseil corporatif doit être à base syndicale, c’est à dire élu par les syndicats formés dans la profession. Dénoncer “ La fortune anonyme et vagabonde ” qui est responsable de la crise Asiatique et de la bulle financière. Celle-ci doit être dénoncée car elle déresponsabilise les boursiers qui recherchent uniquement le profit et ne se rende pas compte du rôle social de l’entreprise. Dénoncer l’étatisme, voir le fascisme, de l’état qui souhaite imposer aux entreprises des solutions technocratiques qui ne correspondent pas à tous les métiers ex : les 35 heures. Dénoncer le marxisme qui au nom de l’égalité révolutionnaire souhaite l’écrasement d’une classe au profit d’une autre. Et le remplacer par une cohésion sociale, car tous les acteurs de l’entreprise ont un même but la santé de l’entreprise. Restaurer un équilibre entre le nombre de formations et les emplois réels afin de rendre une valeur réelle aux diplômes. Seul les entreprises peuvent anticiper le marché de l’emploi. L’organisation corporative a une triple utilité : sociale, économique et nationale. - Socialement, elle doit transformer les rapports entre employeurs et employés et prouver la communauté de leurs intérêts. La corporation rapprochera les points de vue et coordonnera les bonnes volontés. Elle tendra naturellement à éliminer la lutte des classes, aussi stérile qu’artificielle, par la suppression des éléments de fermentation inclus dans la formule syndicale ouvrière ou patronale. - Economiquement, le système corporatif, réalisant l’organisation rationnelle de la production, proportionne les moyens à leur fin et restreint l’intervention de l’état dans le fonctionnement délicat de la machine économique. - Au niveau national, les avantages du système corporatif se déduisent de son intérêt économique et social. Le métier, trait d’union entre les intérêts qui semblaient s’opposer sur le plan des partis politiques, prend un sens moral qui servira de ciment à la corporation. En outre l’organisation corporative constitue, par son fonctionnement même et par son administration hiérarchisée, un tableau sans cesse mis à jour de la production du pays.


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Enfin et c’est là un point qui retient particulièrement l’attention de tous les producteurs le régime corporatif est le seul qui ait intérêt à favoriser le produit de qualité. Grâce à lui, on normalisera en effet ses produits en garantissant le maintien invariable de leur qualité. On laissera à la responsabilité de l’entreprise et à l’instigation des entreprises la fabrication et la vente des produits nouveaux, pouvant même concurrencer le produit normalisé, mais celui-ci seul portera la “ label ” corporatif. Ce système favorisera la recherche d’un produit toujours meilleur, en assurant au consommateur la garantie de qualité minimum, qu’il ne trouve nul par ailleurs aujourd’hui [sauf chez les “ nouvelles corporations ” telles que les compagnons du tour de France]. En résumé, le régime corporatif a pour base le métier et la région. Social, il supprime la lutte des classes et enlève ainsi à l’esprit revendicatif sa raison d’être ; il protège efficacement la famille ; économique, il gère les grands intérêts sous le haut contrôle d’un Etat à la fois puissant et impartial, condition première du régime corporatif ” (Politique d’abord oblige). C. Le but du corporatisme en politique Son but est de restaurer un tissu social constituant des corps intermédiaires garantissant le bien commun de l’ensemble des acteurs de la branche de production adhérant à la corporation. Son but est également de mettre en place un dialogue entre les différents acteurs de production grâce à la mise en place de consultation par le suffrage ou par la représentation. Participer aux différentes commissions (de structuration, financière, juridique, etc.) qui regardent leurs métiers. Participation à l’éducation par l’intervention dans des universités indépendante de l’Etat. Dénoncer les lois d’Allarde et Le Chapelier de 1791 qui en interdisant les corporations et les compagnons engendrait le prolétariat ! XIII. Plusieurs représentations du corporatisme au niveau de L’état : A. Au niveau régional : à la Chambre Régionale des Corporations de Métiers. Cette chambre aura pour fonction de maintenir des contacts entre les différents membres, de tenir à jour les statistiques de la production, l’arbitrage des différents économiques (équivalant à des prud’homme mais en plus complet car ne statuant pas seulement en première instance pour les problèmes par exemple : de concurrence entre les entreprises, de relations entre corporations, règlements des conventions collectives etc.), laissant à la magistrature les conflits juridiques. B. Au niveau national avec la Chambre Nationale des Corporations.


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Cette chambre coordonne les renseignements, édicte des règlements généraux, travaille en liaison avec le conseil économique composé de techniciens directement responsables devant le ministre, qui l’est lui-même devant le Roi qui l’est lui-même devant sa Famille et devant les familles de France. Rôle politique de la corporation (p 11 d’A.B.C. du corporatisme par Firmin BACCONNIER) : “ Le régime corporatiste ne présente-t-il pas un autre avantage ? Oui, il permet d’introduire dans la constitution politique la représentation des droits et des intérêts professionnels. Quels seraient les avantages de cette représentation ? Elle nous débarrasserait de la domination des politiciens, de ces ratés de tous les métiers, qui parce qu’ils n’ont pas réussi dans leurs propres affaires, se croient appelés à gérer les grands intérêts de l’Etat. Elle mettrait fin au règne de ceux qui consomment et donnerait l’influence à ceux qui produisent. Par elle, les intérêts de la profession pourraient faire entendre leur voix. Comment s’entend la représentation professionnelle ? Les corporations désigneraient leurs membres les plus capables qui rédigeraient les cahiers de la profession. Sur ces cahiers seraient consignés les voeux et les besoins des corps d’Etats. ” “La trahison essentielle du libéralisme économique, du socialisme étatique et du communisme à l’égard du travailleur prolétaire et de sa famille se situe dans le fait que ce “ capital travail ” inaliénable n’est pas, le moins du monde, reconnu comme tel mais que, tout au contraire, le travailleur n’est considéré par eux que comme un véritable “ objet ” loué ou rejeté au gré des besoins ou de la fantaisie du moment.” F. Bacconnier “ Au libéralisme il faut opposer l’organisation du travail. C’est une singulière aberration de croire que l’intelligence ni la volonté de l’homme ne doivent intervenir pour régler cette fille de leur intelligence et de leur volonté : l’industrie. Nous tâchons de diriger les forces naturelles et nous nous livrerions, pour respecter la concurrence, ou tout autre loi ou non loi ” (loi du marché), aux caprices des phénomènes économiques ? C’est de l’absurdité même. L’homme moderne est libre : libre de mourir de faim. Laisser faire laisser passer. Dans la pure conception libérale, l’homme naît enfant trouvé et meurt célibataire, comme disait Renan. Il n’a à compter sur l’appui ni de la famille, ni de la corporation. Il peut seulement se consoler avec tous les attributs divins que lui reconnaît l’individualisme métaphysique et son dix-millionième de souveraineté ”. Réflexion sur la politique par Jacques Bainville.


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Apprentissage du métier XIV. Le préalable politique « Quel est le principal obstacle à la réorganisation corporative? L’intérêt républicain démocratique. Pourquoi cela ? Parce que le régime corporatif et le régime républicain démocratique s’excluent l’un l’autre. Soutenir qu’ils peuvent subsister ensemble est aussi absurde que d’affirmer qu’une figure peut être à la fois ronde et carrée. Comment cela ? Le régime corporatif suppose entre l’individu et l’Etat des sociétés intermédiaires : communes, provinces, corps


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professionnels. Ce qui le constitue, à l’heure actuelle c’est d’un côté, l’Etat tout puissant et de l’autre l’individu faible et désarmé qui est livré au bon plaisir de l’Etat. Pourquoi l’Etat républicain ne peut-il admettre l’existence de libres corporations ? Parce qu’il est électif. L’élection, appliquée à tout, fait de la république un gouvernement incapable de supporter la moindre liberté réelle. Comment cela ? Puisqu’il est créé par l’élection, le gouvernement républicain dépend de l’électeur. Pour se maintenir au pouvoir, il veillera donc à ce que l’électeur lui soit fidèle. Il y parviendra en fonctionnarisant le corps électoral, ou tout au moins en mettant à l’électeur une corde au cou. Ainsi l’électeur sollicite-t-il une place pour un ami ou pour lui-même ? L’Etat seul est à même de la lui fournir : désire t il un secours, une pension d’assistance, une retraite ? C’est l’Etat qui tient la caisse. Il en résulte que c’est non plus le gouvernement qui dépend de l’électeur mais bien celui-ci qui dépend du gouvernement. En résumé, le régime républicain ne se maintient qu’à la condition de s’emparer des attributions qui incombent tout à fait aux corporations. Ce régime (électif) est celui où la question ouvrière ne peut guère être débattue honnêtement ni surtout réglée paisiblement entre autorités sociales. Je dis autorités ouvrières et patronales. Elle y devient rapidement un facteur de révolution (…). Le programme de revendication juste y est facilement débordé par l’intérêt électoral, et celui, de sa nature, pousse à des hausses folles : rien n’existe qui puisse marquer le point d’arrêt ni jouer le rôle de frein, il s’ensuit que les braves gens y sont destinés, soit à la défaite, soit à la duperie, soit à la corruption et même fréquemment, à ce triple malheur (…). Il faut changer le cadre politique. Rien d’important n’est possible sans ce nettoyage et ce déblaiement. Autant vaudrait couvrir d’hospices ou d’écoles maternelles un sol ou tomberaient à la cadence de 50 ou 60 par heure des obus de 420. Commençons par échapper à la mitraille républicaine. Le régime royal rendre possible bien des choses charitables, généreuses et justes. Un régime anormal corrompra et les rendra corruptrice à leur tour. Charles Maurras XV. Plaidoirie pour le corporatisme “ Le travailleur qui n’a d’autre bien matériel assuré que son corps, les produits immédiats du travail de ce corps avec enfants qu’il engendre. Le prolétaire doit sortir de cet état sauvage, déshérité et nomade pour obtenir les garanties qui l’installeront enfin dans la société. Si le prolétaire ne reçoit pas son dû, s’il ne devient pas propriétaire, l’existence de cette Barbarie nombreuse et consciente, campée au milieu de l’ordre, y suffira nécessairement à menacer de ruine toute propriété et, en même temps, toute société et toute nationalité. ” Charles MAURRAS A.F. du 3 janvier 1910. “ Par leurs attributions, elles limitaient le nombre de maîtres, interdisaient les coalitions, les succursales,


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l’accaparement, contrariées les initiatives particulières et, pour égaliser les chances de succès, imposaient à tous les membres le respect des même règles de la pratique des mêmes procédés. Le souci de l’équilibre l’emporter sur le stimulant de la concurrence, la qualité sur la quantité, le fini sur la vitesse. Les compagnons organisés dans le corps de métier, bénéficiaient de la force immense que l’association ajoute à chaque unité humaine ; la discipline et la solidarité corporative contribuaient à rendre la société stable et prospère. Par ailleurs, traitant les métiers comme un service public, L’Etat n’eût pas admis qu’un maître fût libre de s’enrichir à son grès. L’idée chrétienne du juste prix inspirait encore sa politique économique. Aussi intervenait-il durement, soit pour vérifiés la qualité d’un objet mis en vente, soit pour fixer le prix à un taux qui conciliât les intérêts de l’ouvrier, du patron et du consommateur. ” Pierre GAXOT “ Plusieurs me demandent pourquoi, même dans les milieux catholiques, on n’ose plus parler de cet ordre corporatif, dont il est souvent question dans les textes pontificaux. Pourquoi ? Parce qu’aux yeux de certains, le mot évoque l’organisation mussolinienne ; comme si les deux choses étaient nécessairement liées ! Mais on peut se demander si les efforts déployés de nos jours pour échapper au collectivisme et à un individualisme excessif dans l’exercice de la propriété privée des biens de production, ne tendent pas finalement à restaurer un nouvel ordre corporatif qui évidemment tiendrait compte de tout l’apport de la technique et des sciences modernes. ” Chanoine VANCOURT dans “la France Catholique” (1975). “ La crainte de se modeler sur le système mussolinien est d’ailleurs absurde ; ce n’est pas le fascisme qui a inventé l’ordre corporatif ! ” Jacques VILLEDIEU (la doctrine corporative). “ Les corporations, ainsi que les communes, se sont développées progressivement, elles correspondaient à un besoin : celui de l’union des faibles pour défendre leurs intérêts et s’opposer à toute oppression d’où qu’elle vint. Les corporations constituèrent donc des asiles ; les ouvriers y trouvèrent leur indépendance, une part légitime de profits, une collaboration avec le capital, la possibilité de gravir l’échelle sociale. ” “ L’organisation corporative n’est pas seulement un régime de protection sociale, il était celui de la qualité ” Henri Comte de Paris Le Prolétariat 1937. Louis XVI ressuscitant cent quarante quatre corporations se justifiait, devant TURGOT, par cet argument : “ En faisant cette création, nous voulons donner aux ouvriers les moyens de défense, nous voulons qu’ils puissent jouir en commun de leur intelligence, qui est le bien le plus précieux de l’homme ”. (Ce n’était pas encore la liberté individuelle !) “ Tout au long de la vielle monarchie, les rois de France ne cessèrent de rester fidèle à l’esprit corporatif. ” “ Quand on croit au péché originel et à ses suites, il ne faut pas raisonner comme un disciple de J-J Rousseau pour qui l’homme est naturellement bon. Sinon on s’expose à de rudes mécomptes. A une doctrine politique réaliste, c’est à dire conforme à l’homme tel que Dieu l’a créé. ” Xavier VALLAT extrait de La croix, les lys et la peine des hommes. “ A l’individualisme opposer l’association ; à la concurrence effrénée, le contrepoids de la défense commune ; au privilège industriel, la constitution volontaire et réglée des corporations libres. Il faut rendre aux ouvriers le droit de se concerter, en conciliant ce droit avec les impérieuses nécessités de la


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paix publique, de la concorde entre les citoyens et du respect du droit de tous. Le seul moyen d’y parvenir est la liberté d’association sagement réglée, et renfermée dans de justes bornes. ” [...] “ En un mot, ce qui est démontré, c’est la nécessité d’associations volontaires et libres des ouvriers pour la défense de leurs intérêts communs. Dés lors il est naturel que, dans ces associations, il se forme, sous un nom quelconque, des syndicats, des représentations, qui puissent entrer en relations avec les patrons ou syndicats de patrons pou régler à l’amiable les différents relatifs aux conditions du travail, et notamment au salaire. Là la communauté d’intérêt entre les patrons et les ouvriers sera une cause de concorde, et non d’antagonisme. La paix et l’ordre sortiront de ces délibérations, où, selon la raison et l’expérience, figureront les mandataires les plus capables et les plus conciliants des deux côtés. ” Lettre publique sur les ouvriers le Comte de Chambord le 20 avril 1865. “ D’un côté le libéralisme accroché à sa devise asymptotique “ laisser faire laisser passé ”. Véritable loi de la jungle qui engendre l’anarchie économique, laisse le champ libre aux grands rapaces écrase ou subjugue les individus et les peuples moins favorisés, dresse enfin, irréductiblement, dans un mouvement de révolte sans cesse élargie, les masses de salariés qui refusent d’être soumises, tel du bétail, à l’incapable loi de l’offre et de la demande. De l’autre, l’étatisme : ultime recours des spoliés et de ceux qui se sentent menacés contre les aléas, les injustices sociales, les rapines d’un régime capitaliste – “ Français ” – qui s’est délibérément exclut de toutes les lois morales pour entretenir en toute quiétude la confusion entre le capital de production et le capital de spéculation. L’étatisme, maladie évolutive qui de la démocratie au socialisme puis au communisme (ou au fascisme et à l’hitlérisme dans ses formes réactionnaires) nous conduit peu à peu à la perte des libertés essentielles. ” La révolution corporative spontanée Jean Paillard 1962. Un article paru dans challenges de juin 1999 nous montre l’actualité de la corporation et surtout sa réussite en Italie. Les CONDOTTIERI “ A la fois très flexibles, très compétitifs, et très solidaires, ces réseaux de petits et moyens opérateurs économiques plongent leurs racines dans les corporations de la Renaissance. Ils mettent aux services des nouvelles technologies l’héritage d’un savoir-faire ancestral. [...] Ils contribuent pour 12% à la formation du P.I.B. (italien). Assurent 2.2 millions d’emplois. Exportent pour une valeur totale de 120 000 milliards de lires (plus de 400 milliards de francs), soit 30% du total des exportations italiennes, en 1998. Si les districts sont forts c’est qu’il s’agit de réseaux privés, qui rassemblent des entreprises de dimension et de spécialisation comparable, liées par un même processus de production. Ils mettent certaines activités en commun. En amont, la recherche et la formation professionnelle, financées par une caisse collective. En aval, la logistique, les transports, les missions à l’exportation, le marketing, la publicité. Les PME accèdent à des services qu’elles n’auraient pas pu se payer individuellement. Les salariés peuvent passer d’une entreprise à l’autre en conservant leurs spécialités, et en restant sur le même territoire. ” “ Cette structure valorise l’héritage artisanal et culturel. IL utilise souvent la famille. Et si, derrière les miracles à l’italienne, il y avait tout simplement les districts ”. Marcelle PADOVANI « Défendu par ces élites, l'édit d'abolition des corporations promulgué par Turgot en février 1776 est pourtant considéré par les contemporains : "comme une espèce de carnavalisation des rapports sociaux, une invitation au chaos taxinomique, au désordre social et à la mutinerie politique » Jean-Yves GRENIER Libération du Jeudi 8 février 2001.


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” La plus haute vertu du corporatisme est sans doute sa conformité aux lois du droit naturel. Pour vivre, pour assurer sa subsistance, l’homme doit fournir un effort, accomplir une conquête sur la nature. ” Maurice BOUVIER-AJAM, La doctrine corporative 2 ” Les éléments humains sont mis en place par la nature qui attend d’eux l’effort. Ils sont placés par voie d’autorité dans des cadres donnés, des sociétés naturelles. Il ne s’agit pas de sociétés contractuelles, réalisées par l’accord des hommes en vue du meilleur service des intérêts, de quelques-uns ou d’une plus noble cause. Il s’agit de sociétés assignées à l’homme par la nature comme cadres de vie, champs d’action, lieux d’exercices des devoirs, cercles intermédiaires entre l’homme et l’univers. Ces unions naturelles de personnes sont nécessairement composées d’êtres inégaux, la nature n’ayant pas accordé les mêmes capacités aux membres de ces unités de collaboration. La Famille, société naturelle typique parce qu’incontestable, a par nature sa loi, qui est de vivre et dont découlent les obligations et les droits de ses membres. Il ne s’agit pas d’un contrat mais de l’acceptation d’une loi, source de devoirs perceptibles par toutes les consciences. Ces membres ont une hiérarchie, qui nécessite la prise en considération des facultés et le rôle de chacun, ce que nous appellerons la répartition des devoirs dans l’unité de collaboration. La société familiale a son bien commun, que le chef doit rechercher : ses membres ont entre eux un lien d’union morale, fruit d’un mutuel consentement ( l’acquiescement à la loi naturelle ). L’Etat national a, lui aussi, sa loi ( que traduirait une constitution parfaite ) qui est de vivre et de faire vivre les familles qu’il unit, une hiérarchie ( chef, conseils, services ), un bien commun à procurer à la communauté ( qui est la parfaite suffisance de vie pour les familles qui composent la société civile), un lien d’union morale source de volontés ( l’acquiescement à la loi naturelle ). La société naturelle nationale complète la société naturelle familiale en lui accordant la suffisance de vie, par les vertus d’une répartition des devoirs dans l’unité de collaboration : cette répartition des devoirs se fait nécessairement par l’intermédiaire des professions . La corporation professionnelle, qui permet à la famille de jouer son rôle dans la nation et qui permet à l’Etat de remplir ses devoirs envers les familles aura sa loi ( que traduirait une charte parfaite ) qui est de vivre, de faire vivre ses membres et d’accomplir le service social qu’attend d’elle la collectivité, une hiérarchie, un bien commun, un lien d’union morale, qui est le travail commun, source d’un autre mutuel consentement ” Gaston BOIVIN et Maurice BOUVIER-AJAM, Vers une économie politique morale Sur la place de l’entreprise dans la société corporative ” Tout acte de production a pour centre l’entreprise. Entreprise et foyer sont deux cellules-mères de la société. De même que le foyer est le lieu de la famille organisée, l’entreprise est le lieu du travail organisé. C’est au sein de


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l’entreprise que collaborent en vue d’un résultat commun les hommes de métiers souvent différents dont la convergence des techniques et des connaissances permet l’oeuvre de production. L’entreprise est une cellule vivante, c’est l’unité économique naturelle résultant de l’accouplement des deux facteurs de production : capital et travail. Ce n’est pas uniquement une association de machines et de capitaux, mais une communauté d’hommes unis dans une tâche productrice, expression de leur solidarité, au service desquels sont mis machines et capitaux. Le but de l’entreprise étant de satisfaire un besoin économique et d’assurer la subsistance de la famille ouvrière, tous les membres de l’entreprise ont entre eux un intérêt commun : la bonne marche de l’entreprise, condition de sa prospérité … La collaboration au sein de l’entreprise constitue le soubassement de toute organisation professionnelle. ” Maurice-H. LENORMAND, Technique de l’organisation corporative ” L’entreprise, fondement de la profession, sera donc le premier cadre de la collaboration sociale. Notons cependant qu’il ne s’agit aucunement de transférer le pouvoir de direction des mains du patron à celles des ouvriers, il s’agit néanmoins d’associer l’ouvrier à la marche économique de l’entreprise, de ne pas lui en faire mystère et de savoir recueillir son opinion. La collaboration s’exprime par la constitution d’un Comité d’entreprise, d’un Comité social, si l’on veut, où sont représentés tous les éléments sociaux de l’entreprise, du patron au manoeuvre en passant par la gamme des techniciens et des ouvriers spécialisés. Ce Comité présidera à la vie sociale de l’entreprise. ” Maurice BOUVIER-AJAM, La doctrine corporative ” [Ce comité] veillera à l’application et au respect des lois sociales, des tarifs de salaires, à l’hygiène et à la sécurité, à l’examen des revendications individuelles. Il formulera son avis sur les fautes professionnelles, aidera au maintien de la discipline et veillera à la dignité ouvrière et à l’honneur professionnel dont il sera responsable…, traitera de tout ce qui se rattache à l’aspect social et récréatif de la vie ouvrière, au relèvement du niveau de vie. [Ainsi organisé] il assure le respect de la constitution hiérarchique de l’entreprise, communauté de producteurs où chacun doit coopérer et donner son avis selon sa fonction, et dans la mesure de cette fonction, avec un objectif à sa portée.

Chaque fonction ayant sa place déterminée dans la hiérarchie et par rapport à cette place, sa représentation fonctionnelle et sa participation au résultat du travail en commun.”

 

Maurice-H. LENORMAND, Technique de l’organisation corporative

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16 janvier 2012 1 16 /01 /janvier /2012 10:49

La presse nationaliste derrière le Premier ministre hongrois Viktor Orban

Alors que l’Europe s’inquiète du vent politique soufflant actuellement en Hongrie, l’extrême droite y voit un signe de «résistance».


Encore plus: «un modèle».
L’Europe s’offre une poussée de fièvre autoritariste.


Elle se fait peur avec une Hongrie aux soubresauts nationalistes et son Premier ministre Viktor Orban, en poste depuis mai 2010.


Des interrogations étaient nées dès le mois de juin suivant son installation, lorsqu’il offrait la nationalité hongroise à tous les Magyars hors des frontières.


De nouvelles s’étaient ajoutées lorsque le pouvoir avait renforcé son contrôle sur les médias, avant qu’en fin d’année 2011 Viktor Orban ne s’engage encore plus dans le caractère semi-autoritaire de sa politique.

L’Union européenne a demandé mercredi 11 janvier des sanctions sur le volet économique de la politique hongroise.

Le versant politique devrait suivre en début de semaine prochaine, le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso expliquant vouloir utiliser tous les pouvoirs à sa disposition pour que « la Hongrie respecte les règles de l’Union européenne ».


« Le pays des résistants au Nouvel ordre mondial »

Tout le monde ne se plaint pas pour autant de la politique menée par Viktor Orban.


Ainsi, la presse nationaliste française se réjouit de ses initiatives.

L’hebdomadaire Minute, daté du 11 janvier, y consacre sa une et un dossier de plusieurs pages, voyant en la Hongrie, « avec les 54 % de son parti conservateur, le Fidesz, et les 18 % du parti populiste Jobbik, [...] un pays de résistants au Nouvel ordre mondial ».

Le journal salue une liste de mesures introduites par la nouvelle constitution, qui « sacralise un certain nombre de principes politiques, parmi lesquels, la primauté de la nation, de l’identité hongroise, de la famille, des travailleurs hongrois face aux spéculateurs cosmopolites [...] Orban étant pro-vie, la constitution précise désormais que “l’embryon est un être humain dès le début de la grossesse”. Il a aggravé son cas en faisant stipuler dans sa constitution qu’un mariage ne pouvait unir qu’un homme et une femme…»

Et de contre-attaquer en comparant avec la situation française devant les doutes de la classe politique :

Orban a fait chapeauter la radio-télévision publique hongroise par un conseil des médias dirigé par le premier ministre.

Juppé a visiblement oublié qu’en France, c’est le président de la République qui nomme le président de France Télévision.

Orban a aussi modifié le mode de scrutin électoral pour favoriser son parti.

Mais n’est-ce pas ce qu’a fait le De Gaulle en 1958 ? Puis François Mitterrand en 1988 ?


Différend financier et bancaire

Le quotidien catholique Présent, qui prend la défense d’Orban dans les mêmes terme que Minute, estime, dans son édition du 5 janvier, prendre l’Union européenne la main dans le sac.

Ce qui pousse à réagir, ce n’est pas le politique, mais l’économique:

Le différend principal [...] est en effet financier et bancaire.

En modifiant les règles de composition de la Banque centrale hongroise, où le gouvernement hongrois obtient un plus important droit de regard [...] et dont le président peut être placé dans un rapport hiérarchique le soumettant au pouvoir politique, la Hongrie a violé les principes qui ont cours à Bruxelles et irrité le Fonds monétaire international.


Rivarol ne déroge pas à cette -rare- union sacrée des nationalistes, et s’inscrit dans le même ton de critiques.


Mais l’hebdomadaire nationaliste décide d’angler son attaque sur le ministre des Affaires étrangères français, Alain Juppé, suite à ses inquiétudes émises sur la situation hongroise.

Pour Rivarol, «les Hongrois ne se laissent évidemment pas impressionner par les jappements du caniche de BHL».

Ils répondent sobrement : La déclaration du ministre des Affaires étrangères français ne correspond pas aux liens traditionnellement amicaux entre les deux pays.”

On se souvient que Juppé, qui a sans doute appris à l’ENA l’art de donner des leçons à la terre entière, s’en était pris, il y a quelques années, à Benoît XVI, suite à ses déclarations contre le préservatif et pour la réintégration d’évêques, dont l’un est l’apôtre du négationnisme.”

Juppé avait déclaré que “ce pape commence à poser un vrai problème”, car vivant” dans une situation d’autisme total. “Mais c’est sans doute Juppé qui commence à poser un vrai problème à la France…

L’exemple à suivre

Plus que les critiques, ces publications estiment que l’exemple hongrois est celui qu’il faut suivre. Ainsi, Présent insiste sur l’emploi :

Un chiffre qu’on n’entend guère,c’est celui du chômage en Hongrie. Selon Eurostat, son taux plafonnait à 11,4 % de la population active en janvier dernier : en octobre 2011, il s’établissait à 9,8 % sur une pente bien descendante.

Et de se gausser: «Voilà une démocratie non démocratique, un populisme suspect, une originalité qui ne sera pas tolérée.» Minute a dépêché un reporter dans un village, Gyöngyöspat, dont le maire appartient au Jobbik, le parti d’extrême droite dont la vigueur incite Viktor Orban à aller toujours plus loin.

Et de constater que ce parti, qui s’était fait connaître par des images de ses défilés en uniforme de la Garde hongroise, a réussi la «jobbikation des esprits».


«Le Premier ministre de droite conservatrice, Viktor Orban, n’a pas hésité à reprendre de nombreux points du programme du Jobbik.

Citons notamment : l’octroi de la nationalité hongroise aux minorités hongroises vivant autour de la Hongrie; la suppression des retraites des anciens dignitaires du régime communiste; une nouvelle Constitution; et, désormais, le travail obligatoire pour les populations assistées.


En matière de lutte contre la criminalité et le chômage des populations roms.»


Minute fait de la situation hongroise un symbole: «Plus qu’un test, la Hongrie est un modèle: on a donc pu voir en direct que les forces de la superclasse mondiale mènent une guerre sans pitié à leurs adversaires et qu’elle sont prêtes à tout pour faire triompher leurs intérêts sur le dos des nations. Les Français sont prévenus.»

 


Julien Licourt

Source : Préférence nationale.net

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16 janvier 2012 1 16 /01 /janvier /2012 10:45

Pour une Res Publica impériale européenne (entretien avec Pierre Le Vigan)

Orientations identitaires : Pour reprendre l’un des termes du titre de l’ouvrage collectif que vous avez dirigé avec Jacques Marlaud, La Patrie, L’Europe et le monde, pensez-vous que la « patrie » puisse se différencier, en France, de la « nation » et si oui, quelle est la nature de cette distinction ?

 

Pierre Le Vigan : « Le vrai patriote s’inquiète, non du poste qu’il doit occuper dans la patrie, mais du rang que la patrie doit atteindre parmi les nations », disait le journaliste québécois Jules-Paul Tardivel dans la seconde moitié du XIXe siècle.

C’est dire que les deux termes « patrie » et « nation » ont longtemps été synonymes.

La patrie, c’était notre nation, celle qu’on aimait.

Dans Les deux patries, Jean de Viguerie émet la distinction entre la patrie concrète, respectable et aimable, et la « patrie » du patriotisme révolutionnaire de 1789 – 93; idéologique, meurtrière (et, accessoirement, à laquelle Maurras se serait rallié en grande partie, dit-il, à juste titre selon moi). C’est une distinction intéressante mais un peu dépassée : il n’y a plus de patrie sans dimension « idéologique ».

On peut aussi distinguer les « petites patries » (les provinces) de la nation, acteur historique.

En vérité, on confond trop souvent les attachements géographiques locaux, respectables, et les patries.

Les patries, ce sont les attachements qui sont aussi des engagements.

La patrie n’est ainsi pas autre chose que ce qu’a été historiquement la nation française, et la nation serbe, allemande, russe, ….

Sachant que l’histoire a été et reste ouverte et qu’ainsi, il eut pu exister une patrie bourguignonne si un État-nation bourguignon avait pu s’imposer durablement face à ce qui commençait à être la France et l’État capétien. Idem pour la Bretagne, l’Ukraine, la Silésie, etc.

 

O.I. : Entre revendications locales et problématiques internationales, l’échelon national est-il selon vous encore légitime et valide ?

 

P.L.V. : L’« échelon » national n’est pas un terme très valorisant.

La nation reste le niveau privilégié de la décision et de l’existence historique.

C’est aussi, comme l’a rappelé Max Gallo, le meilleur niveau de démocratie possible.

Pourquoi ?

Parce que, aussi affaiblie que soit l’idée d’appartenance nationale, et surtout chez les élites infidèles à l’esprit du peuple, la nation reste unie par un élément essentiel : la langue, et aussi une histoire partagée, y compris une histoire des luttes sociales et filiation d’idées politiques et sociales.

 

O.I. : Que répondriez-vous à ceux qui affirment que critiquer (ou même simplement interroger) les concepts de nation et de nationalisme revient à faire le jeu du mondialisme et du cosmopolitisme ?

 

P.L.V. : Je ne suis pas « complotiste ».

On peut critiquer en toute bonne foi les idées de nation et de nationalisme, ou n’importe quelle idée d’ailleurs.

Deux remarques : ces deux termes ne signifient pas la même chose.

Défendre l’idée de la pérennité de l’idée de nation ne veut pas dire être nationaliste.

Enfin, « être nationaliste » mériterait une définition.

Plus personne ne défend un nationalisme offensif, conquérant, belligène, vis-à-vis des autres nations.

Les « nationalistes révolutionnaires », ceux qui se disent tels, sont aussi des nationalistes européens.

Il s’agit en fait pour eux d’affirmer un nouvel être ensemble, une nouvelle façon de vivre dans une nation révolutionnée, un co-nationalisme des peuples européens, libérés, hier du condominium américano-soviétique, aujourd’hui, libérés de l’unilatéralisme américain.

Ce que l’on appelle « nationalisme », depuis 1945, signifie en Europe que l’on veut lier les aspirations d’émancipation nationale aux aspirations sociales.

Cela signifie dénoncer la colonisation mentale dont les peuples européens sont victimes.

Cela signifie aussi dénoncer la dilution de nos identités dans les excès des politiques d’immigration.

C’est aussi, pour les plus lucides, comprendre que ces processus viennent d’une conception purement marchande de la vie et de nos sociétés.

En ce sens, on peut, bien entendu, critiquer les insuffisances des positions des « nationalistes révolutionnaires » français, italiens, allemands, etc., qui se disent souvent aussi « nationalistes européens » mais je ne vois pas très bien comment leur dénier une certaine pertinence dans leurs analyses et dans leur combat contre une Europe techno-bureaucratique.

De mon côté, je défends sans concession le principe que les « nationaux-révolutionnaires », pour reprendre ici l’expression allemande, ne peuvent l’être de manière cohérente qu’en étant partisans de la démocratie la plus authentique, celle dont nos institutions ne sont souvent qu’une caricature. L’État doit être l’État démocratique du peuple tout entier : démocratie directe quand c’est possible, référendum d’initiative populaire, mais aussi bien sûr processus électoraux classiques dont ne peut faire l’économie – n’en déplaise aux rousseauistes de droite comme de gauche –, à condition qu’ils soient équitables, avec une dose de proportionnelle par exemple.

 

O.I. : Pour vous, au-delà de leurs appartenances nationales respectives, qu’est-ce qui fonde à la fois la spécificité et l’unité de l’homme européen ?

 

P.L.V. : Pour moi, l’homme européen n’existe pas.

C’est une fiction, une figure de rhétorique, tout comme « l’homme français » d’ailleurs dont on se gargarisait avant 1940.

Je crois que le mythe de l’histoire commune des Indo-Européens a fait perdre beaucoup de temps aux « bons Européens » comme disait Nietzsche.

C’est un mythe « hors sol » comme l’a bien vu Philippe Forget.

Les Kurdes, les Afghans sont d’origine indo-européenne.

Cela n’aide en rien à penser leur intégration ou leur non-intégration.

Je me sens beaucoup plus proche d’un Africain francophone que de ces hypothétiques « héritiers » des Indo-Européens.

La vérité est que des fétiches d’intellectuels ont été confondus avec des concepts opératoires. Il n’y a pas d’« unité de l’homme européen » tout simplement parce qu’il n’y a pas de langue commune des Européens et donc parce que l’Européen n’existe pas, tout comme l’« Africain » n’existe pas – même s’il y a des Africains.

Ou de même que l’« Asiatique » n’existe pas : qu’y a-t-il de commun entre un Chinois et un Hindou ?

Quasiment rien.

L’unité de l’homme européen, on la trouve… aux États-Unis d’Amérique, avec des descendants d’Européens qui parlent une langue commune, l’anglais.

Et qui ont un patriotisme commun.

C’est une ambition commune, un rêve commun, la « nouvelle frontière », qui a créé l’unité des Européens exilés devenus des… Américains, y compris au demeurant des Noirs non européens devenus tout aussi Américains par le partage d’un rêve commun.

Ce qui compte, c’est la common decency.

Je voyais récemment des individus originaires d’Europe de l’Est manger une boîte de cassoulet dans le métro.

Au-delà du côté pittoresque, on voit bien que ce n’est pas la question des origines ethniques ou même religieuse qui est le critère, c’est celui des mœurs, c’est la décence ordinaire, commune.

Le constat que l’homme européen n’existe pas ne m’empêche pas d’être pour l’Europe, mais comme pur constructivisme.

Celui qui croît être pour l’Europe pour des raisons hégéliennes – et ils sont nombreux à droite – se trompe, se raconte des histoires et nous raconte des histoires.

Des raisons hégéliennes, c’est dire : l’Europe va retrouver son propre, elle va faire retour à elle-même, l’« homme européen » (sic) va advenir à l’histoire et à lui-même,…, ce sont là fantaisies d’intellectuels.

Raisonnements circulaires qui ne sont surtout pas des raisonnements.

Qui ne partent pas du réel et ne vont pas au réel.

L’Europe sera une construction artificielle mais réelle comme la France l’a été ou l’Europe ne sera rien (ce qui n’est pas à exclure !).

Tout ce qui est culturel est artificiel, or une construction politique est forcément culturelle et n’est que cela.

 

O.I. : Pensez-vous que le régionalisme puisse être, en dehors de quelques régions à forte identité comme le Pays basque ou l’Alsace, un concept actif et efficient et non simplement une utopie d’intellectuels ?

Peut-on penser le régionalisme dans, par exemple, la Creuse ou la Touraine ?

 

P.L.V. : Il n’y a pas de régions ridicules.

Mais en France, il n’y en a aucune qui soit devenue une nation.

En Allemagne non plus d’ailleurs.

Une chose est de constater qu’il y a eut des luttes pour le leadership national et plus encore impérial en Allemagne, avec par exemple les ambitions de la dynastie issue de la Bavière, les Wittelsbach, dynastie qui a d’ailleurs aussi essayé de s’imposer en Bohème, une autre est de croire que la Bavière a été une nation.

C’est là confondre les logiques de pouvoir et les logiques de construction nationale.

La vérité est qu’en Allemagne il n’y a eut qu’une nation, la nation allemande.

On me dira peut-être qu’il y a eut des patries.

Qu’est-ce à dire ?

Si les patries ne sont pas des nations, ce ne sont que des nations qui ont échouées.

Reprenons l’exemple du Pays basque.

En France, c’est une province résiduelle, une partie du département des Pyrénées-Atlantiques, le reste du département étant constitué du Béarn, dont je suis en partie originaire.

Soyons sérieux.

Fait-on l’histoire avec quelques cantons ?

Non, on ne fait pas l’histoire.

On fait un « machin » comme le Kossovo.

Un État–moignon.

Et le Pays basque espagnol ?

Il est peuplé en immense majorité de non-Basques, d’Espagnols.

N’y ont-ils pas leur place ?

Bien sûr que si.

Un peu d’esprit de grandeur jacobine – l’envie de faire de grandes choses ensemble et de parler au monde – n’est pas inutile face aux régressions mentales micro-identitaires sur de petites régions. Ce dont nous avons besoin, c’est d’un État qui nous fasse rêver, d’un État porteur d’un projet.

Ce dont nous avons besoin, c’est de la Grande Europe.

C’est de l’Empire.

C’est de l’Empire européen.

On fait l’histoire avec des rêves, pas avec des calculettes.

 

O.I. : Rompre avec l’hyper-urbanisation, « relocaliser », faire revivre les campagnes beaucoup en rêvent, mais est-ce vraiment possible ?

Selon vous, comment faudrait-il procéder pour atteindre ces objectifs ?

 

P.L.V. : Il faut une politique fiscale, budgétaire, financière nouvelle.

Il faut mettre le paquet sur le développement des villes moyennes, de 50 000 à 300 000 habitants. Au-delà de quelque 500 000 habitants, c’est déjà très difficile à gérer.

Il faut développer la densité urbaine.

Construire dense, ce qui ne veut pas dire construire des tours, mais construire de la ville, produire de la centralité urbaine, limiter les banlieues de grands ensembles mais aussi les banlieues pavillonnaires, offrir des alternatives à la voiture mais ne pas persécuter les automobilistes qui n’ont pas le choix.

Il faut une économie orientée, une économie dirigée, cadrée par de grands axes de choix publics, comme la filière nucléaire.

Il faut un État-stratège, fort mais limité, présent là où il faut mais pas envahissant.

Il faut aussi un changement des mentalités : décoloniser les imaginaires de la marchandise.

Sans pour autant s’arc-bouter sur le mythe de la décroissance.

Être a-croissant, cela suffit.

On peut imaginer une décroissance avec autant d’injustices, de misère morale et sociale que la croissance.

Est-ce cela que l’on veut ?

Bien entendu, non.

Aussi, plutôt que de décroissance, je parle de développement vraiment durable, ce qui veut dire surtout relocaliser, et mettre la France au travail.

Les 35 heures je suis pour, mais tout le monde doit travailler.

Du travail pour tous mais tous au travail.

La fainéantise soixante-huitarde, très peu pour moi.

 

O.I. : Pour conclure, quel serait pour vous le cadre institutionnel « idéal » pour accompagner un renouveau européen ?

 

P.L.V. : C’est l’Empire européen.

Un Empire républicain, ou si l’on préfère une République impériale mais pas au sens des États-Unis, qui sont plutôt une République impérialiste.

Cet Empire doit être républicain, c’est-à-dire que le modèle ne peut être une monarchie telle que l’Empire d’Autriche-Hongrie, certes assez respectueux des diversités mais dont le caractère vermoulu ne faisait pas de doute.

Une République, cela veut dire une structure historique qui articule les diversités sans les admettre toutes.

Toute idée non républicaine tend à être trop laxiste quand à ce qui est intégrable et ce qui ne l’est pas.

Il n’y a pas de place, par exemple, dans l’Empire républicain européen, pour l’excision.

Ou pour la femme dont le visage est voilé.

Toutes les différences ne sont pas admissibles.

Certaines différences doivent mettre hors l’Empire.

Pas de tolérance non plus pour le gamin se promenant en capuche.

Il doit y avoir, pour qu’il y ait une existence historique de l’Europe, une façon européenne de se tenir, de parler, d’admirer, et un type éthique (je dis bien éthique et non pas ethnique) dominant, une figure dominante.

Il doit y avoir une exigence esthétique en Europe impériale, portant sur l’art et les monuments, et un consensus sur ce qui est noble et sur ce qui ne l’est pas.

L’Europe est en même temps très plurielle.

Il y a la coupure entre les anciens empires romains d’Occident et d’Orient, coupure qui passe au milieu des Balkans.

Il y a de ce fait l’évidence que l’ancien noyau carolingien doit être le moteur et le modèle mais ne peut ni ne doit uniformiser toute l’Europe.

Il y a la question des limites de l’Europe.

Celles-ci vont à coup sûr jusqu’à la Bulgarie, la Roumanie, la Pologne.

Les Pays baltes, l’Ukraine ont vocation à être indépendantes, elles sont européennes, mais se pose en même temps la question de leur statut.

Elles ne doivent pas menacer la Russie et celle-ci en retour ne doit pas menacer leur indépendance.

Pascal G. Lassalle a dit là-dessus des choses d’une grande justesse (« Faut-il se garder d’une “ russophilie ” excessive ? », mis en ligne sur Europe Maxima, le 6 mars 2010) et je dois dire que je sors de sa lecture convaincu que l’Ukraine n’est pas seulement historiquement la « petite Russie » de Kiev mais qu’elle a une identité nationale réelle.

L’Empire européen ne peut intégrer immédiatement la Russie mais il doit être fondé sur une communauté de civilisation à construire qui inclut la Russie.

Mais il doit aussi dépasser la simple inclusion de celle-ci pour inclure les pays asiatiques de l’ex-Union Soviétique, et la Turquie – ce qui serait indispensable à partir du moment où les pays turcophones seraient inclus dans cette Eurasie (inclure les pays turcophones sans la Turquie serait comme couper un arbre de ses racines).

L’Eurasie, c’est une réalité géopolitique et c’est dans le même temps un mythe au bon sens du terme, un horizon, une autre voie que le productivisme sino-américain.

Sans tomber dans le désarmement économique unilatéral des idéologues de la décroissance ; il faut essayer ce que nous n’avons jamais essayé, c’est-à-dire le développement conditionné et soutenable, la croissance dans certains domaines et la décroissance dans d’autres domaines.

On ne peut faire cela sur la base de l’idée (décroissante) que moins serait forcément toujours mieux.

En outre, la nature humaine est le développement des capacités humaines.

Il nous faut inventer un développement non productiviste.

Alors, bien sûr, le cadre institutionnel de l’Empire, c’est la Confédération européenne, c’est une monnaie commune mais pas forcément unique (je pense aux pays de l’Est européen qui ne sont pas prêts à adopter l’euro), et c’est une politique de défense, une politique extérieure commune, une politique d’immigration commune, et des axes communs en politique économique, fondés sur la relocalisation, l’économie autocentrée et la fin du libre-échange mondial.

Attention : si on croît que le temps est venu de grands ensembles impériaux homogènes, on se trompe, ce sont des liens impériaux respectant les voies propres et l’autonomie de chaque peuple qui sont nécessaires.

Regardez la Chine, elle gagnerait à être éclatée en quatre ou cinq ensembles associés entre eux, etc.

Ce qui résoudrait accessoirement la question de Taïwan.

Alors, l’idée d’Empire, c’est justement ne pas vouloir tout réglementer à partir d’un centre, l’idée de République, c’est la condition de la démocratie – il faut un peuple avec des coutumes communes, une langue et des règles communes pour se comprendre et être en démocratie –, etc.

La démocratie, c’est l’objectif ultime.

L’anti-démocratisme, qu’il soit d’extrême gauche à la Alain Badiou ou d’extrême droite n’a jamais été ma tasse de thé.

Le peuple doit décider de ses affaires, un point c’est tout.

Encore faut-il qu’il y ait un peuple, un peuple sur sa terre.

Et cela, cela se fait avec une République sociale, populaire et nationale.

Et européenne bien entendu.


 

• Propos recueillis par Xavier Eman, le 8 mars 2010, pour la revue Orientations identitaires, n° 1, décembre 2011, « Vers un post-nationalisme ? Entretiens sur la question européenne », 50 p., 5 € (+ 1,5 € pour le port), à commander sur le site <http://orientationsidentitaires.over-blog.com/> ou à l’adresse orientationsidentitaires@gmail.com.


 

Le présent entretien mis en ligne a bénéficié de quelques modifications de Pierre Le Vigan pour réparer quelques obscurités de son texte initial !

 

Source : Europe Maxima.com

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15 janvier 2012 7 15 /01 /janvier /2012 16:55

JUSTE UN RAPPEL

Pour en finir avec le 35e anniversaire du regroupement familial, je vous propose ci-après l’article que j’ai écrit sur le sujet pour la revue Synthèse nationale.

Certes, les énarques dont il a été question ces jours derniers à propos du Gisti ont poussé à la roue et employé toute leur influence dans le sens voulu. Influence dont nous pouvons mesurer aujourd’hui tout le caractère pernicieux. Il n’en demeure pas moins que les élus n’ont pas résisté comme c’était leur rôle et en ont même rajouté.

Ce sont eux les premiers responsables et coupables : Giscard d’Estaing et Chirac. Tous deux également énarques, d’ailleurs. Ca ne sortait pas de la famille.

 Le 29 avril 1976 – il y a trente-cinq ans – le duo Giscard/Chirac transformait radicalement la nature de l’immigration. Ce qui était jusqu’alors une immigration de travail devint, d’un trait de plume, une immigration de peuplement. Il n’y eut même pas, pour ce qui devait changer le visage de la société française, de débats à l’Assemblée nationale, ni de loi votée par les députés. Non, un simple décret, le funeste n°76-383, y suffit.

Les princes qui nous gouvernaient, du haut de leur grandeur et de leur omniscience, décidèrent de ce qui était bon pour le pays – et accessoirement pour le  mondialisme qui se profilait à l’horizon - sans en référer aux représentants du peuple, valetaille tout juste bonne à enregistrer les décisions venues d’en haut.

Valéry Giscard d’Estaing était président de la République depuis 1974, Jacques Chirac était son premier ministre.

Tout entiers occupés à promouvoir la fameuse société libérale avancée  chère à VGE, qui se rêvait en JFK, et à jeter bas les fondements d’une vieille France qu’il convenait de faire accéder aux délices de la modernité et du métissage réunis, ils imposèrent durant ces années des mesures lourdes de menaces potentielles pour l’avenir.

Tout avait commencé dès 1974 avec l’abaissement de l’âge de la majorité de 21 à 18 ans. Puis, en 1975, Simone Veil, alors ministre de la santé, avait réussi à faire passer sa loi sur l’avortement.

Avec le décret sur le regroupement familial qui suivit, tout le dispositif était fin prêt pour une progressive substitution de population et pour l’installation à terme d’une nouvelle catégorie de « Français » supposés plus malléables.

Oui, la France archaïque de papa allait faire place à un avenir radieux, peuplé d’innombrables marmots étrangers - essentiellement musulmans, mais on n’en parlait pas trop - qui une fois majeurs, à 18 ans, et par la magie de nouvelles règles relatives à la nationalité, formeraient un jour les bataillons des futurs électeurs.

Les bataillons des futurs travailleurs non qualifiés, également, et surtout, des futurs chômeurs. Mais en 1976, se préoccupait-on de ces peccadilles ?

Voilà dans quel contexte se place cette décision particulièrement calamiteuse pour le pays, dont Giscard d’Estaing et Chirac sont au premier chef, de par leurs fonctions à l’époque, responsables et coupables.

Il ne sert à rien d’avancer que les responsabilités furent « collectives », que le patronat le souhaitait - puisqu’il aurait désormais sur place une main d’œuvre taillable et corvéable à merci -, que les organisations dites antiracistes poussaient à la roue.

Ce sont eux, chef d’Etat et premier ministre, qui prirent les décisions – encore une fois sans en référer aux représentants du peuple - et qui doivent donc en rendre compte au peuple français.

Du reste, tous deux sont encore là et bien là pour en répondre, jouissant tranquillement des incroyables privilèges dus aux anciens chefs d’Etat et ministres*, eussent-ils été désastreux.

Certes, avant eux, l’immigration existait déjà : depuis les années 1950, Algériens, Marocains, Tunisiens essentiellement venaient en France pour y travailler et rentraient au pays pour les vacances.

La population étrangère avait ainsi doublé, passant de 1,8 million de personnes en 1954 à près de 3,5 millions vingt ans plus tard. Quoique prétendant suspendre l’immigration, en raison de la crise économique, le duo accorda néanmoins aux immigrés, pour des raisons pseudo humanitaires, mais aux arrière-pensées moins nobles, le droit au regroupement familial, funeste boîte de Pandore, grenade dégoupillée qui nous pète aujourd’hui à la figure.

A partir de cette date fatidique, les familles étrangères purent donc venir faire souche dans notre pays, avec la bénédiction de l’Etat.

Encore une fois sans que jamais les Français n’aient été consultés sur une question qui engageait pourtant leur avenir.

Le décret prévoyait ce qui suit :

« Sous réserve des engagements internationaux de la France, le conjoint et les enfants de moins de dix huit ans d'un ressortissant étranger régulièrement autorisé à résider sur le territoire français, qui viennent de rejoindre dans les conditions prévues à l'article 5-1 de l'ordonnance susvisée du 2 novembre 1945, ne peuvent se voir refuser l'autorisation d'accès au territoire français et l'octroi d'un titre de séjour que pour l'un des motifs suivants :


1° L'étranger concerné ne justifie pas d'une année de résidence en France en situation régulière .

2° L'étranger concerné ne dispose pas de ressources stables, suffisantes pour subvenir aux besoins de sa famille ;


3° Les conditions de logement que l'étranger se propose d'assurer à sa famille sont inadaptées ;


4° La présence du ou des membres de la famille sur le territoire français constitue une menace pour l'ordre public ;


5° Les résultats du contrôle médical auquel doivent se soumettre, dans leur pays d'origine, le ou les membres de la famille font apparaître qu'ils sont atteints de maladies ou d'infirmités pouvant mettre en danger la santé publique, l'ordre public ou la sécurité publique ;

C’était mettre face à la déferlante quelques barrières en forme de fétus de paille qui furent vite emportées.

Les organisations dites antiracistes, comme la LICRA ou le GISTI (groupe d’information et de soutien des immigrés), qui réclamaient ce regroupement familial, et le trouvaient trop timide, menèrent la charge, défendant bec et ongles les nouveaux arrivés et prônant le fameux « droit à la différence » qui fit tant de dégâts.

La LICRA avait déjà bien préparé le terrain en imposant dès 1972 une première loi antiraciste qui permettrait dorénavant de criminaliser les opposants à l’invasion qui s’amorçait.

Une loi qu’elle utilisa à tour de bras dans les années qui suivirent.

Pour donner une idée du degré d’aberration à laquelle les institutions étaient arrivées, s’agissant des conséquences de ce fâcheux regroupement il faut rappeler l’arrêt Montcho adopté en 1980 par le Conseil d’Etat : au nom des « droits de l’homme », cet Africain prétendait faire venir sa 2e épouse en France, voire plus si affinités, pour la faire bénéficier, avec les nombreux enfants de cet homme prolifique, de la manne généreusement octroyée par le contribuable.

Aussi incroyable que cela paraisse, le Conseil d’Etat lui donna raison, légalisant ainsi la polygamie en France. Inutile de préciser que cet arrêt engendra des quantités de sieurs Montcho sur tout le territoire.

Toutes les tentatives pour tenter d’endiguer le flot à présent ininterrompu, y compris certaines mesures du gouvernement Barre, furent vouées à l’échec.

Le mal fondamental était fait, la brèche une fois ouverte se transforma vite en torrent impétueux, puis en fracture béante dont nous pouvons mesurer les dégâts aujourd’hui, trente-cinq ans après: une France appauvrie, tiers-mondisée, cherchant éperdument son identité et tentant de naviguer à vue à travers des communautarismes de plus en plus arrogants et revendicatifs.

Pour mesurer le degré d’angélisme – ou de bêtise crasse – des politiques qui mirent en oeuvre ce projet irresponsable, voyons ce que disait à l’époque Paul Dijoud secrétaire d'État aux travailleurs immigrés :

«  …. Et puis, il faut bien le dire, changer la société française, la rendre plus juste, plus généreuse, bâtir pour l'an 2000 une société d'égalité et une société de justice, c'est impossible si l'on exclut complètement les étrangers. Ce serait détruire l'âme de notre société, l'âme de la civilisation nouvelle que nous voulons bâtir, si nous laissons de côté ces très nombreux étrangers qui constitueraient des îlots de misère au milieu de notre prospérité. »


On aimerait bien demander à Paul Dijoud, toujours en activité politique puisqu’actuellement maire d’une commune des Hautes-Alpes, s’il trouve vraiment la société française de l’an 2000 « plus juste, plus généreuse »  et s’il règne réellement plus « d’ égalité et de justice » dans cette « civilisation nouvelle » ?

Je croirais assez que ses accents lyriques d’il y a trente-cinq ans seraient nettement revus à la baisse. Mais qui pensera à lui poser cette question interdite ? N’attendons pas des journalistes aux ordres du système qu’ils le fassent.

 

Ils sont tous dans le même bain, ayant soutenu autant qu’ils le pouvaient cette politique désastreuse en tapant allègrement sur les rares personnes demeurées lucides qui s’y opposaient.


Ce qui caractérise la classe politique française de ces dernières décennies, outre la veulerie et la soumission aux lobbys, est l’irresponsabilité pleine et entière dont elle continue à bénéficier malgré ses trahisons.

 

Et que chaque clan à l’intérieur du système, qu’il soit clan « de droite » ou clan « de gauche » se garde bien de remettre en question.

Car tous sans exception en profitent autant qu’ils le peuvent. Voilà en tout état de cause une boîte de Pandore qui ne risque pas de s’ouvrir, du moins de leur fait. Celle-là est bien cadenassée.

Il est temps de mettre en question cette irresponsabilité quasi totale dont jouissent les "responsables" politiques. Quels que soient leurs errements, leurs fautes lourdes, les sommes folles gaspillées, personne jamais ne leur demande le moindre compte. Il faut réfléchir aux moyens de mettre en œuvre de véritables contre-pouvoirs et faire des propositions dans ce sens. Nul doute que pareille initiative serait bien accueillie par nos concitoyens.


En attendant ces jours meilleurs, n’oublions jamais, s’agissant du regroupement familial, que Giscard et Chirac sont au premier chef responsables et coupables de cette décision prise par eux seuls sans en référer aux représentants du peuple, décision aux conséquences calamiteuses pour le pays. Nous ne le rappellerons jamais assez.

 

France Soir a estimé à 1 million d'euros le coût annuel du traitement réservé à Jacques Chirac pour les contribuables français.

Retraite, château, pension annuelle, personnel (19 fonctionnaires sont affectés à son service), Jacques Chirac conserve encore de nombreux  privilèges depuis qu'il a quitté l'Élysée. I

l cumule en effet les avantages réservés à ses anciens mandats (président de la République, maire de Paris, conseiller à la Cour des comptes et député de Corrèze) et sa pension actuelle en tant que membre de droit du Conseil constitutionnel.


Nul doute que son compère VGE ne coûte autant au contribuable. Normal, vu les services éminents qu’ils ont rendus au pays. Rien ne saurait être trop beau pour eux.

 

 

Source et publication: Le Blog de Anne Kling      http://france-licratisee.hautetfort.com/archive/2011/04/27/le-regroupement-familial-mesure-emblematique-de-la-societe-l.html

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