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22 avril 2014 2 22 /04 /avril /2014 07:47

TRIBUNE LIBRE ET POINT DE VUE

Ecrit le 21 avr 2014 à 17:23 par Emmanuel d’Hoop de Synghem dans Poing de vue

“Une nouvelle génération est née chez les catholiques…”

Emmanuel d’Hoop de Synghem réagit dans nos colonnes à l’article de Jean-Marie Guénois, « Cathos et rebelles », paru dans Le Figaro Magazine en fin de semaine dernière.

“Une nouvelle génération est née chez les catholiques…”

Nouvelle ?! Ce journaliste, à l’instar de nombre de ses confrères, ne sait donc vraiment rien de la bataille que mènent certains cathos depuis plus de 30 ans?

C’est vrai que ce journaliste a aussi sa pudeur quand il nous parle de ces “jeunes qui, loin d’être ‘réacs’, sont devenus d’authentiques ‘rebelles’.” Oh, le distingo subtil que voilà.

Il éprouve le besoin d’en remettre une couche et de préciser: les “insoumis ‘intérieurs’ qui n’entrent dans aucune catégorie politique, encore moins celles de l’extrême droite.”

L’extrême droââte?! Ouf, on respire.

Plutôt maquiller l’histoire que de la rapporter honnêtement, sereinement et dire la vérité.

Laquelle vérité le journaliste ne peut occulter complètement: “du coup, les enfants de cette génération, âgés aujourd’hui de 16 à 30 ans, sont avant tout des pratiquants”. 30 ans… ah oui ? Tiens, tiens…

J’appelle ce genre de gens les embrouilleurs de la vie politique française. Ces gens-là sont culturellement de gauche, typique produit de Science-Po et l’Ena.

Ils ont beau écrire au Figaro et peut-être voter UMP – peut-être même vont-ils à la messe, il y a toujours cette envie, notamment, de tirer un trait à travers le fil de l’histoire, de tenir d’un côté le passé pour inexistant (du passé faisons table rase…) et de l’autre s’étendre sur les lendemains qui chantent.

Comme il est dit dans l’article, les uns sont des “réacs” et les autres “rebelles”. Ou encore, les uns sont de “l’extrême droite” et les autres d’aucune catégorie politique.

Ces même embrouilleurs, quand ils n’étaient pas aux abonnés absents, ont hurlé avec les loups pendant les trente dernières années lorsque “déplacaient des montagnes”, les abbés François Pozetto, Denis Coiffet, les pères Jean-Paul Argouarc’h, les divers pères abbés, et des centaines de clercs avec eux et à leur suite dont le nombre ne cessera de croître jusqu’à aujourd’hui.

“Réacs” et “extrême-droââte”, voilà les qualificatifs envoyés à l’adresse des sus-nommés et de leurs proches, tant religieux que laïcs, pendant toute cette période.

Bien à la manière si typique des “culturellement de gauche” qui n’hésitent pas à emprunter à l’extrême gauche : jeter des qualificatifs outranciers et mensongers à la figure de l’adversaire pour le discréditer.

On comprend que ces embrouilleurs/journalistes ont beaucoup de peine à reconnaître qu’il a fallu en effet plus de 30 ans de bataile acharnée avant que puisse advenir leur soi-disante “nouvelle” génération et pour qu’enfin les digues se mettent à craquer et les flots de s’engouffrer dans les fissures emportant les abbés Ronan de Gouvello, les Pierre-Hervé Grosjean, les Guillaume Seguin et quelques autres qui, faut-il le préciser, doivent à la ténacité de leurs confrères prédécesseurs la possibilité de profiter des événements aujourd’hui et de faire un indiscutable bon travail.

Avec moulte détails pourtant, notre embrouilleur/journaliste du jour décrit l’héritage de la génération Jean-Paul II.

Évidemment, il fait mine de ne pas s’aperçevoir de la part très substantielle de cet héritage que constitue l’avènement et la reconnaissance canonique de pratiquement toutes les communautés dites traditionalistes pendant ce même pontificat.

Alors qu’il s’agit d’événements majeurs dans la vie de l’Église, consistant en des retours en arrière très compliqués, affreux et catastrophiques même pour certains, notre embrouilleur/journaliste se contente de marmonner quelques chose en faisant allusion à de “vieilles querelles des années 70”.

L’air de dire : tout ça, c’est du secondaire et du classé.

La gauche fustige l’individu et récuse l’individualisme au bénéfice du groupe, et aime le principe du chef.

Dans cet esprit, le journaliste nous dit que “cette confiance dans l’Église s’exprime aussi fortement, aux yeux de cette génération, à travers la figure du prêtre. Si on leur demande, par exemple, de citer ‘une personne de référence’, ils sont 62% à citer le nom d’un prêtre ! Apparaît là – à côté de leurs parents – une seconde filiation.

Cette génération n’existerait pas et ne serait pas aussi convaincue sans le témoignage de prêtres…”

Je pense qu’il est dommageable de dire tout ça sur un tel ton badin, alors qu’il eût été bien plus important de rappeler que la génération des années 40 et 50, qui a assisté à un gigantesque effondrement intellectuel et moral, était aussi “convaincue par le témoignage de prêtres”… Il est vrai, pour beaucoup défroqués pour les uns et ouvriers pour les autres.

Reste que c’est une affaire de principe et qu’il n’est jamais l’heure de faire du cléricalisme.

La prudence s’impose, ici et maintenant comme ailleurs.

La gauche récuse aussi la famille et aime remettre l’autorité des parents (papa et maman) en question.

Sachant cela et avec en mémoire l’objet des méga-manifs des douze derniers mois, notre embrouilleur/journaliste trouve judicieux de jouer sur la notion de filiation. C’est plutôt indécent.

C’est surtout culturel.

Pour ce qui est de la jeunesse catho dont il est question dans cet article, à condition qu’elle focalise sur l’essentiel et ne s’embarrasse pas de considérations bobo-gaucho-intello-68-tard, nous sommes elle et moi bien en phase.

Le fait qu’elle existe est tout à fait encourageant. Mais attention… à nos embrouilleurs culturellement de gauche.

Source et publication: http://www.ndf.fr/poing-de-vue/21-04-2014/une-nouvelle-generation-est-nee-chez-les-catholiques#.U1YQSq6vd3Q

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