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11 avril 2014 5 11 /04 /avril /2014 10:31

LES CONTRIBUABLES NE DONNENT PAS LEUR CONFIANCE À M. VALLS

Le nouveau Premier Ministre, Manuel Valls, a fait son discours de politique générale : il est certain qu’il n’aurait pas eu la confiance des contribuables si ceux-ci avaient pu voter !

Valls annonce 50 milliards d’économies : 19 milliards pour l’Etat, 10 milliards pour l’assurance-maladie, 10 milliards pour les collectivités locales et 10 milliards qui viendront «d’une plus grande justice, d’une mise en cohérence et d’une meilleure lisibilité de notre système de prestations». Mais ce n’est pas autre chose qu’un enfumage de première classe !

C’est ça, le « gouvernement de combat » ?!

Que sont, en effet, ces 50 milliards d’euros comparés aux 2000 milliards d’euros de dettes que supportent les contribuables français ? L’Etat veut faire des économies, peut-être, mais en attendant ce sont toujours les contribuables qui doivent payer la facture : 30.000 euros par français ! Il est évident que ces économies ne résolvent rien du tout : elles détournent simplement les regards de la banqueroute annoncée de notre pays.

Quant aux autres mesures, ce sont des rustines appliquées sur un pneu déjà crevé.

Les mesures annoncées : des rustines sur un pneu déjà crevé…

Le smic n’a jamais été un facteur d’incitation à l’embauche, ni à la reprise du travail pour les bénéficiaires du système social.

De plus, le coup de pouce financier est dérisoire : si Valls dit fièrement que cela va«procurer 500 euros par an de salaire net supplémentaire», cela ne représente que 40 euros par mois ! Quel programme social ! Quelle audace ! Sachant que la moindre course dans un supermarché coûte environ 150 euros, on sent déjà l’enthousiasme dans les chaumières… A ce tarif-là, mieux vaut rester au chômage à toucher des allocations…

C’est tout bonnement pathétique ! Le Royaume-Uni, pays à la croissance nettement supérieure à celle de la France, le baisse à 21% cette année puis à 20% d’ici 2016. Les pays voisins suivent cette tendance.

Seul point intéressant : «réduire de moitié le nombre de régions» d’ici à 2017 et supprimer les conseils départementaux «à l’horizon 2021». Voici une mesure que les Contribuables peuvent accueillir avec joie : être enfin débarrasser de cet insupportable mille-feuille d’élus qui coûtent chers ! Encore faut-il que Valls ait réellement le courage d’aller au-delà de l’effet d’annonce et de sabrer dans le maquis électoral. Rien n’est moins sûr…

La France, on l’aime ou on la quitte ?

Finalement, après 47 minutes de discours de politique générale et un chapelet de mesures politiquement correctes, on voit que Valls, ce naturalisé français, ne s’est pas posé la question essentielle : pourquoi tant de contribuables français de souche veulent quitter la France ?

Il est vrai que la réponse risque de ne pas lui plaire…

COMPÉTITIVITÉ : MANUEL VALLS BRASSE DE L’AIR!

Sur un ton martial, Manuel Valls nous a dit ce mardi que l’heure était grave et que « le moment de la décision est venu ». Quelle décision ? Celle de rendre nos entreprises compétitives, comme il en a reconnu la nécessité ? Hélas non. Les mesures annoncées sont reportées à 2015 !

Alain Mathieu est président d’honneur de Contribuables Associés

La seule décision annoncée d’application rapide, « avant l’été », est celle de «50 mesures de simplification» de la règlementation sur le logement. Ce n’est pas inutile, mais la compétitivité de notre économie n’en sera que modestement affectée.

Toutes les autres décisions sont reportées, sans explication, au plus tôt au 1er mai 2015. C’est vrai notamment des 10 milliards d’euros de réduction des cotisations sociales patronales. Cette réduction de charges sociales augmentera d’ailleurs de 3,3 milliards d’euros les impôts sur les bénéfices versés par les entreprises, ce qui limitera à 6,7 milliards d’euros la réduction de leurs charges fiscales et sociales. Pour arriver à l’égalité de charges avec les entreprises allemandes, la réduction devrait être de 140 milliards d’euros. Manuel Valls a donc résolu moins de 5 % de notre problème de compétitivité. Certes il y a ajouté une réduction à 28 % du taux de l’impôt sur les bénéfices, mais celle-ci n’aura lieu qu’en 2020, avec « une première étape », non précisée, dans trois ans, en 2017.

Pour financer cet effort dérisoire, ainsi que la réduction de nos déficits publics, il a prévu des économies de 50 milliards d’euros, à réaliser de 2015 à 2017, à un rythme inconnu, d’une façon non précisée. Sur ces 50 milliards d’euros, 11 viendront «d’une plus grande justice, d’une mise en cohérence et d’une meilleure lisibilité de notre système de prestations». Il est difficile d’imaginer une formulation moins précise.

Sans doute Manuel Valls a-t-il prévu en outre un big-bang pour nos collectivités locales : suppression des conseils généraux (mais en 2021), nouvelle carte des intercommunalités (mais au 1er janvier 2018), réduction du nombre des régions (au 1er janvier 2017). Le moment de la décision est peut-être venu. Mais pas celui de son application. Les compétences des régions et départements vont être «spécifiques et exclusives». Mais encore, lesquelles, et à quelle date ? Le mystère reste entier.

De même la réduction de notre production d’électricité nucléaire (en 2025) et de notre consommation d’énergie (en 2030) sont-ils maintenus. Mais cette fois personne, à part quelques Verts, ne va se plaindre de cette lenteur.

Aucune des décisions à prendre rapidement n’a été abordée : l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes ? La révision du droit du travail ? La recherche de gaz de schistes ? La date de réduction de nos déficits publics à 3 % du PIB ? Les Français sont dans le bleu.

Il sera demandé à l’Europe de «protéger nos entreprises de la concurrence» (sic) et de réaliser de grands investissements. Lesquels ? On ne sait. Notre «diplomatie économique» va être très occupée à «renforcer notre technologie» (resic).

Manuel Valls est peut-être un premier ministre énergique et volontaire. Mais comme son patron le Président de la république, il préfère le flou au clair, la décision lointaine à l’immédiate, la décision sans risque à l’audace.

Ce « gouvernement de combat », qui devait « accélérer le rythme du changement », est en fait peu pressé de mettre en œuvre des décisions difficiles. Il ne fera pas gagner à la France la bataille de la compétitivité.

A lire sur le même sujet :

Gouvernement Valls : quel changement pour les contribuables?
Sous la 5ème République, le pouvoir appartient au Président de la République. Le Premier ministre n’est que son «collaborateur», comme Nicolas Sarkozy avait appelé son Premier ministre. C’est pourquoi les contribuables ne doivent pas s’attendre à beaucoup de changement, malgré l’arrivée de Manuel Valls qui aurait pu avoir de bonnes idées d’un point de vue économiqu
e.

Remaniement : pourquoi changer une équipe qui perd!
Philippe Herlin. Les membres de ce nouveau gouvernement ont-ils bénéficié d’une prime à l’incompétence ? Une chose est sûre, les contribuables en sont pour leurs frai
s.

A lire sur le même sujet :

Alain Mathieu a aussi de bonnes raisons de douter que l’arrivée de M. Valls change quoi que ce soit…

… et il nous explique pourquoi la compétitivité ne risque pas de se redresser de sitôt

Et puis c’est vrai ça, pourquoi changer une équipe qui perd ? (Par Philippe Herlin)

Source : http://www.contribuables.org/2014/04/09/les-contribuables-ne-donnent-pas-leur-confiance-a-m-valls/?utm_source=NL&utm_medium=email&utm_campaign=NL%2010-04-14

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