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2 avril 2014 3 02 /04 /avril /2014 09:53

Immigration, UE, fracture sociale : ce que révèle un sondage IPSOS

Publié par : redacbzhinfo 2 avril 2014 dans Politique, Société 1 commentaire

02/04/2014 – 07h00 Paris (Breizh-info.com) – En Janvier de chaque année, IPSOS effectue un sondage d’opinion dont le panel de questions reste le même d’une année à l’autre, ce qui permet de mesurer les évolutions de l’opinion des Français.

Le dernier sondage confirme ceux réalisés par d’autres instituts au cours des derniers mois.

Désaveu de la classe politique et médiatique

La classe politique est très largement désavouée : 84% des Français pensent que les hommes et femmes politiques oeuvrent d’abord pour leurs intérêts personnels et 65% pensent même qu’ils sont corrompus.

Par ailleurs, 78% (84% des moins de 35 ans) de nos compatriotes considèrent que le système démocratique fonctionne mal et que leurs idées sont mal représentées, ce qui traduit le désenchantement à l’égard du système représentatif dont l’abstention en constante hausse est la manifestation la plus évidente.

Sachant que 72% de nos concitoyens se disent favorables au référendum d’initiative populaire, on peut légitimement penser que le système représentatif ne satisfait plus les aspirations démocratiques des Français (cette évolution est perceptible dans tous les pays européens).

L’indice de confiance à l’égard des partis politiques n’est que de 8%, le plus faible de tous. Ce chiffre donne une indication précieuse quant au dysfonctionnement de notre système politique dont les partis politiques constituent l’élément principal.

La crise du système représentatif est liée pour une bonne part à la dictature que nous imposent les partis politiques dominants lesquels ont verrouillé à leur profit la vie politique du pays.

Méfiance à l’égard des institutions

La plupart des institutions n’atteignent pas la barre des 50% en matière d’indice de confiance. Seules les petites et moyennes entreprises (84%), l’Armée (79%), la police (73%), l’école (68%) et les maires (63%) bénéficient d’indices de confiance supérieurs à ce seuil.

Il est intéressant de noter que, contrairement aux petites et moyennes entreprises, les grandes entreprises (38%) inquiètent une grande majorité de Français.

Quant aux médias, aux députés, au Sénat, à l’Union européenne, aux syndicats, aux banques, aux conseillers régionaux et départementaux, ils bénéficient, eux aussi, d’indices très faibles.

Contestation de l’Union Européenne

Une très large majorité (70% dont 67% des électeurs de l’UMP ; augmentation de 5% en un an) de Français estime qu’il faut renforcer les pouvoirs de l’Etat national au détriment du pouvoir européen et 45% seulement d’entre eux pensent que l’appartenance à l’Union Européenne est une bonne chose. 33% (+5%) d’entre eux pensent qu’il faut que la France sorte de la zone euro. Il faut préciser à ce sujet qu’un autre sondage indique que 60% des Français regrettent le franc ; ce qui signifie que 27% disent qu’il faut rester dans la zone euro uniquement parce qu’ils ont peur de ce qui se passerait en cas d’abandon de cette monnaie (les ‘’grands’’ médias tiennent sur ce sujet un discours unique et anxiogène).

Rejet de l’immigration

Deux tiers des Français estiment qu’il y a trop d’étrangers en France et 47% pensent que pour réduire le chômage, il est nécessaire de réduire le nombre de travailleurs étrangers. Le divorce entre la population et la classe politico-médiatique est particulièrement net sur ce sujet brûlant qui concerne simultanément l’identité de la France et le chômage.

Près de la moitié des Français établissent une causalité directe entre immigration et chômage, ce qui ne peut que profiter à Marine Le Pen (l’étude récente menée par Gérard Pince confirme d’ailleurs que l’immigration génère une part substantielle du chômage).

Il faut noter que l’immigration est une source de préoccupation croissante (+5% en un an)

Demande d’autorité et retour des valeurs du passé

78% des personnes sondées ont répondu qu’elles s’inspirent de plus en plus des valeurs du passé, ce qui traduit le rejet croissant des valeurs libertaires héritées du mouvement soixante-huitard.

Ce chiffre est voisin de celui des réponses favorables au rétablissement de l’autorité : 87% pensent que l’autorité est trop souvent critiquée et 84% estiment qu’il faut un vrai chef pour remettre de l’ordre dans le pays (dont 100% des électeurs du FN, 98% de ceux de l’UMP mais seulement 60% de ceux du Front de Gauche).

La crédibilité du Front National en hausse

Ce sondage confirme la hausse de la crédibilité du front National : 32% des Français considèrent que ce parti est proche de leurs préoccupations (38% des employés et 41% des ouvriers).

Ses propositions sont perçues positivement par 34% des personnes interrogées dont 40% des électeurs de l’UMP.

L’indice de confiance dont bénéficie le Front National est de 22% tandis que celui de l’UMP est de 24%, celui du Parti Socialiste de 18% et celui du Front de Gauche de 13%.

Une fracture sociale de plus en plus profonde

La stabilité de certains chiffres cache la divergence des résultats entre les différentes catégories sociales.

Ainsi pour 68% (+7%) des cadres, la mondialisation, dont 61% des personnes interrogées pensent qu’elle est une menace, est perçue positivement tandis que simultanément, elle est perçue négativement par 74% (+4%) des ouvriers.

De même, la demande d’autorité et la méfiance à l’égard de l’immigration sont plus importantes chez les ouvriers que chez les cadres

Compte tenu des informations fournies par ce sondage, les résultats des élections européennes, qui auront lieu le 25 mai prochain, pourraient traduire dans les urnes l’état de l’opinion.

De quoi mettre le nouveau gouvernement dans une situation très difficile.


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