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2 mars 2014 7 02 /03 /mars /2014 10:53


Carnet de balles, carnet de chèques

(...)
-- La terreur de "L¹abjecte loi Gayss
ot" --


Fondateur et, vingt-trois années durant, secrétaire général de Reporters
sans frontières, Robert Ménard a fini par s¹en apercevoi
r.

Invité le 11 mai 2011 du Cercle des avocats libres fondé par Me Frédéric Pichon
avec l¹ancien procureur Philippe Bilger, le député UMP Christian Vanneste,
le démographe Yves-Marie Laulan et notre ami Jacques Trémolet de Villers,
il avouait ainsi que la profession était "corsetée sur un certain nombre
de sujets, surtout ceux qui touchent au racisme" car "il suffit d¹être
qualifié de sulfureux pour être marqué au fe
r rouge".

Et se condamner ainsi au mieux au placard, au pis au chômage.


Et, évoquant "les limites de l¹information en France", Ménard de les
expliquer par "la peur de la loi Gayssot" "l¹abjecte loi Gayssot" comme
l¹avait définie Me Yves Baudelot, avocat du "Monde"... alors poursuivi par
des organisations arméniennes pour minimisation du génocide de 191
5 !

Mais une loi initiée par le député communiste (et plus tard ministre)
Jean-Claude Gayssot, poussée à l¹Assemblée par Laurent Fabius alors
titulaire du "Perchoir" et promulguée par le premier ministre Michel Rocard
dans l¹hystérie de "Carpentras", sans qu¹il se trouvât dans l¹opposition
"de droite" la soixantaine de parlementaires nécessaire pour déposer un
recours au Conseil constit
utionnel.

Et pour cause : "Pas un homme politique ne se risquera à demander son abrogation, ni à droite ni à gauche. Tous les élus ont la trouille, car ils savent qu¹on le leur ferait payer très cher.

A Reporters sans frontières, nous avons toujours attaqué la loi
Gayssot, mais nous n¹avons jamais osé défendre ses victimes. On a eu
peur", regretta le fondateur de l¹association. Quel aveu dans notre
République des Immortels Princ
ipes !


Si, depuis, Robert Ménard a été, avec Dominique Jamet, le seul
journaliste en vue à signer une pétition contre l¹incarcération du
révisionniste (et père de huit enfants !) Vincent Reynouard, ce qui
conduisit "des confrères à venir le voir un matin pour lui dire : 'Tu nous
le paieras' ", de Conrart le silence prudent est plus que jamais de mise à
RSF, à en juger en tout cas par le dernier r
apport.



-- Une Europe stalinoïde --


Le 19 avril 2007, le Conseil européen se réjouissait de la décision cadre
visant à "harmoniser au niveau de l¹Union européenne les sanctions
pénales contre le racisme et la xénophobie" et contre "l¹approbation
publique, la négation ou la banalisation grossière des crimes de
génocide, crimes contre l¹humanité et crimes de g
uerre".

Le 14 janvier 2014, toutefois, la commissaire (politique ?) chargée de la Justice, la
frénétique Viviane Reding, déplorait toutefois que le projet ait fait
long feu puisque "quinze Etats membres n¹ont toujours pas de dispositions
spécifiques incriminant l¹apologie publique, la négation et la
banalisation grossière des crimes contre la paix, crimes de guerre et
crimes contre l¹humanité commis par les grands criminels des pays de l¹Axe"
les grands criminels soviétiques étant toutefois absous, au grand
scandale des Etats baltes. Et Reding annonçait le lancement à leur
encontre de "procédures d¹infraction" s¹ils n¹alignaient pas leur
législation "avant le 1er d
écembre prochain".


Parmi ces réfractaires à la caporalisation idéologique, la Finlande,
les Pays-Bas, la Norvège, le Danemark, la Suède et l¹Estonie. Soit, dans
l¹ordre, les champions européens de la liberté d¹expression selon le
classement RS
F.

Record dont on se passerait bien, la France trône en revanche à la première place des demandes de suppression de tweets, avec 87 % du total de requêtes mondiales en 2013.

Demandes émanant pour l¹essentiel "de l¹Etat et de certains partenaires de Twitter (entre autres
l¹Union des étudiants juifs de France et SOS Homophobie, deux assoces
richement financées par le même Etat et donc par vous et moi, soit dit en
passant), qui peuvent signaler de manière prioritaire des contenus qu¹ils
estiment illégaux".
Abdiquée par les grands médias aplatis devant la finance mondialisée
et l¹idéologie dominante, la liberté d¹expression a donc au moins
provisoirement trouvé refuge sur
internet.

Et l¹on s¹étonnera ensuite de la faillite de la presse aplatie en général et des libertaires-sic de
"Libération" en particulier
!


Camille Galic

Lu dans le quotidien "Présent" , n° 8054 du 1er mars 2014, sous la rubrique "La chronique de Camille Galic"

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