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9 février 2014 7 09 /02 /février /2014 12:39

REVUE DE PRESSE

Riches ! Libéraux ! Accusés, levez-vous !

En dépit des évidences, et malgré le reflux des idées keynésiennes, certains ne désarment pas : le profit, l’appât du gain et l’ultralibéralisme expliqueraient la crise, et l’Etat affaibli ne pourrait contrôler le pouvoir des riches.

Mais qui croit encore à cette fable ? L’opinion publique ouvre enfin les yeux.

Il n’y a rien de pire en France que d’être riche et libéral.

C’est la conclusion de plusieurs ouvrages qui viennent de sortir, et donnent une lecture décalée de la crise et de ses origines.

L’originalité de la chose, c’est que les auteurs ne passaient pas jusqu’à présent pour des doctrinaires de gauche.

Sommaire

>La crise, c’est Friedman et l’ultralibéralisme des Chicago boys

>La crise, c’est la conquête du pouvoir par les riches, conséquence de l’impuissance de l’Etat

La crise, c’est Friedman et l’ultralibéralisme des Chicago boys

Le premier ouvrage : La Caste cannibale. Quand le capitalisme devient fou (Editions Albin Michel) s’en prend aux représentants de l’ « ultralibéralisme », entre autres, coupables selon les auteurs, d’avoir dévoyé l’économie de marché.

Il s’agirait là d’une « petite élite » qui a donné naissance à un « système carnivore », dont les seuls objectifs se résument à la recherche du profit.

Les membres de cette « caste cannibale » ont un « temple », le département d’économie de l’université de Chicago et un « gourou », l’économiste Milton Friedman.

Ce sont ces fameux Chicago Boys qui ont répandu la théorie du « laissez faire » un peu partout dans le monde.

Ces accusations auraient pu nous laisser indifférents si elles étaient venues de la part d’un Jean-Luc Mélenchon, mais hélas ! les auteurs de l’ouvrage sont deux journalistes connus pour leurs enquêtes de grande qualité, menées auparavant : Sophie Coignard et Romain Gubert.

Voyons maintenant en quoi Milton Friedman et l’Ecole de Chicago seraient responsables de la crise économique actuelle ?

De toute évidence, les deux auteurs n’ont jamais lu Friedman.

Car, c’est bien cet économiste qui avait mis en garde contre la planche à billets des banques centrales et contre le fait de ne pas jouer avec les taux d’intérêt.

Il avait même prédit la grave crise de la zone euro que nous sommes en train de vivre aujourd’hui… Pour lui, comme pour Hayek d’ailleurs, la monnaie est un produit qui doit avoir une valeur réelle et la stabilité monétaire est la condition essentielle pour la croissance économique.

Non, les « Chicago Boys » ne sont pour rien dans la crise actuelle, au contraire, ils l’avaient vu venir.

La crise, c’est la conquête du pouvoir par les riches, conséquence de l’impuissance de l’Etat

Un autre ouvrage, qui fait la Une des médias, est celui de Jean-Louis Servan-Schreiber, qui est consacré aux riches : Pourquoi les riches ont gagné (Editions Albin Michel).

L’idée centrale se résume au fait que les riches auraient pris le pouvoir et seraient en train de dominer le monde.

Pour autant, si c’était vrai, faudrait-il s’en plaindre ? Nous ne le pensons pas, mais l’auteur, en revanche, le pense. Il a l’air de regretter la période des Etats forts qui contrôlaient l’économie. Il semble déplorer que "l ’on s’en prenne aux gouvernants plutôt qu’aux possédants ».

Et les Etats n’ont plus « les moyens de faire la guerre aux riches ». Visiblement, Jean-Louis Servan-Schreiber n’a pas lu l’ouvrage que nous avons consacré (Jean-Philippe Delsol et moi-même) aux riches :A quoi servent les riches (J.C.Lattès 2013).

Il a préféré s’en tenir à la mode idéologique ambiante qui attaque les plus fortunés. Il aurait pu apprendre que les plus riches d’aujourd’hui n’ont rien de ce que suggère l’image obsolète du rentier.

Que sur les 200 personnes les plus riches, les multimilliardaires, le dernier de la liste dispose d’une fortune estimée à 6.38 Milliards de dollars, 140 sont des entrepreneurs.

Ils ont bâti leur fortune grâce à l’entreprise qu’ils ont créée. Sur les 50 premières fortunes mondiales, 40 sont des entrepreneurs et sur les 10 plus riches au monde, 9 sont des entrepreneurs.

Ces riches qui ont « pris le pouvoir » ont créé des millions d’emplois partout dans le monde. Il n’en reste pas moins vrai que certains Etats – surtout l’Etat français – ne cessent de les combattre.

Avec les résultats que l’on peut constater : ils quittent le pays et des milliers d’emplois sont perdus !

Cette abondante littérature antilibérale (et anti-riches) se nourrit de l’ignorance économique de ceux qui en France font métier de parler d’économie.

alimente à son tour la désinformation véhiculée par certains médias et par la classe politique, qui peuvent se permettre ainsi d’accuser l’économie libérale d’être à l’origine de la crise actuelle.

Néanmoins, les Français semblent de plus en lucides car les sondages d’opinion montrent qu’ils sont bien plus méfiants à l’égard de la classe politique qu’envers le monde des entreprises.

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