Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
9 février 2014 7 09 /02 /février /2014 10:50

Le 9 février 2014

Pour accéder au pouvoir, le FN doit nouer des alliances…

Le Front national sera-t-il le premier parti de France aux élections européennes ? C’est l’objectif déclaré de Marine Le Pen, qui obtiendrait ainsi la confirmation dans les urnes de la progression de son parti dans l’opinion. Cette hypothèse est rendue plausible par plusieurs sondages ; cependant, la focalisation excessive sur cette question déforme la réalité de notre paysage politique. À une large majorité, les électeurs votent en effet toujours pour les partis qui nous gouvernent depuis des années. Le Front national pâtit donc encore d’un rapport de force politique assez défavorable.

Le changement des habitudes électorales prend du temps ; d’autant plus avec un parti qui ne jouit pas d’une expérience gouvernementale, et entend mettre en œuvre un programme rompant profondément avec la politique appliquée ces dernières années. Le Front national, qui ne réunit pas la majorité des Français, se heurte ainsi à un écueil considérable et sera incapable de le surmonter sans nouer au préalable des alliances susceptibles de l’emmener vers le pouvoir.

Mais hormis avec Nicolas Dupont-Aignan dont l’apport électoral est toutefois insuffisant pour construire une majorité, le positionnement politique du Front national ne facilite pas cette stratégie d’alliance. Son opposition frontale au néolibéralisme économique ainsi qu’à ce libéralisme sociétal, destructeur de la famille et de la nation, a le mérite de la cohérence et prend habilement le contre-pied du discours dominant. Mais ce côté antisystème est aussi un obstacle dans la recherche d’alliés potentiels.

Ainsi, un rapprochement avec le Front de gauche, avec qui la critique du néolibéralisme est partiellement commune, serait intéressant théoriquement. Mais la révulsion que suscite le programme sociétal du Front national chez cette gauche porte en terre cette éventualité. Quant à l’UMP, nombre de ses dirigeants sont très attachés à cette construction européenne libérale et vouent donc aux gémonies le parti de Marine Le Pen.

Malgré tout, c’est avec l’UMP — ou au moins avec une fraction de celle-ci — qu’une alliance est la plus envisageable, en raison de la porosité des deux électorats et de l’existence de points d’accord notables sur les questions sociétales. L’UMP n’est pas un bloc monolithique ; des passerelles peuvent se créer entre certains de ses membres et le Front national. Les manifestations actuelles contre le gouvernement sont d’ailleurs un terreau très favorable à une recomposition politique de ce type.

La recherche du compromis est inhérente à la vie politique ; même le général de Gaulle a dû nouer des alliances pour s’emparer du pouvoir. Alors certes, l’UMP a déjà beaucoup déçu ; mais force est d’admettre que son poids électoral demeure important, comme en attestent par exemple ses succès aux législatives partielles l’an dernier. Contrainte de tenir compte de ce rapport de force, Marine Le Pen doit sans doute aujourd’hui cesser de renvoyer dos à dos droite et gauche, afin d’élaborer un discours rendant possible ce nécessaire rapprochement avec une partie de l’UMP puisque, jusqu’alors, elle n’est pas parvenue à provoquer sa fragmentation.

Il est illusoire d’imaginer que le Front national, seul contre tous, rassemble la majorité des Français. Le rejet sans concession du bloc « UMPS » possède incontestablement sa cohérence intellectuelle, mais risque bien de devenir une impasse politique.

Source et publication: http://www.bvoltaire.fr/paulmarieandreani/pour-acceder-au-pouvoir-le-fn-doit-nouer-des-alliances,50006?utm_source=La+Gazette+de+Boulevard+Voltaire&utm_campaign=04d02539b1-RSS_EMAIL_CAMPAIGN&utm_medium=email&utm_term=0_71d6b02183-04d02539b1-30403221

Partager cet article

Repost 0

commentaires