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23 février 2014 7 23 /02 /février /2014 11:03

La France peut-elle attirer les investisseurs étrangers ?

Une invitation des patrons de groupes internationaux serait-elle suffisante ?

Pour l’instant, le défaut d’attractivité de notre pays s’inscrit dans les chiffres : 77 % d’investissements directs étrangers en moins pour cette année....

Mais quels sont en réalité les facteurs d’attractivité ? Le « Conseil stratégique d’attractivité » peut-il les améliorer ?

Sommaire

>Un manque d’attractivité impossible à cacher

>Les facteurs d’attractivité

Le gouvernement français a cherché à séduire les patrons de 34 groupes internationaux, qui ont été invités à l’Élysée par le Président de la République à l’occasion du premier Conseil stratégique de l’attractivité. Pendant quelques heures, ce lundi 17 février, le Président s’est transformé en agent de publicité pour promouvoir la maison France.

Une action louable, et qui plus est, cohérente avec les récentes déclarations de François Hollande en faveur de la politique de l’offre.

Mais le gouvernement a dû faire preuve de beaucoup d’écoute et de pédagogie pour convaincre en profondeur ses interlocuteurs, car l’attractivité du pays a du plomb dans l’aile.

A l’IREF, nous avions déjà contesté l’optimisme des conclusions de l’Agence française pour les investissements internationaux (AFII).

Nous savons que les campagnes de promotion de l’économie française ne s’accompagnent pas de la mise en oeuvre des réformes structurelles nécessaires, qui sont seules de nature à relancer l’investissement et la croissance.

Un manque d’attractivité impossible à cacher

Si le gouvernement et l’Élysée ont lancé cette invitation, c’est qu’il y a urgence... L’image de la France souffre d’une fiscalité punitive et incertaine.

La traque de Google et des géants de l’Internet, la colère de Maurice Taylor contre les syndicats et, plus récemment, la crainte des dirigeants de filiales d’entreprises étrangères, déjà installées en France, de voir leurs investisseurs se dérober, sont autant de nouveaux éléments à charge.

Le défaut d’attractivité est désormais impossible à cacher. Le dernier rapport de la Conférence des Nations unies pour le commerce et le développement (CNUCED) est alarmant : les investissements étrangers dans notre pays s’effondrent de 77 % entre 2012 et 2013.

En seulement 10 ans, le rapport entre la France et l’Allemagne s’est inversé- au profit de cette dernière.

Tous les indices mesurant plus ou moins directement l’attractivité (Heritage Foundation, Fraser Institute, World Bank, World Economic Forum, etc.) vont dans le même sens... Ils classent tous la France dans le rang des derniers parmi les pays industrialisés : manque de liberté économique, bureaucratie trop lourde, code du travail inadapté, fiscalité changeante.

Tout cela n’est pas fait pour rassurer les investisseurs.

Les facteurs d’attractivité

Les travaux des économistes sont de plus en plus précis pour isoler les facteurs qui influent sur l’attractivité d’un pays. La liste de ces facteurs s’allonge sans cesse.

L’une des dernières études sur la compétitivité en retient plus de 120 ![1]
En s’appuyant sur les anciens travaux de Michael Porter, on sait que la compétitivité prix et hors-prix d’un pays, donc l’attractivité relative d’un pays à l’autre, est liée à la productivité du travail par rapport à un environnement économique, social et institutionnel optima
l.

Les recherches permettent aussi de préciser le poids de chacun des facteurs sur la prospérité et l’attractivité d’un pays.

Plus généralement, les économistes[2] s’accordent sur la liste suivante :

- l’ouverture au commerce international ;
- la taille du marché intérieur ;
- la stabilité institutionnelle ;
- le capital humain ;
- les infrastructures ;
- la productivité et le coût du travail ;
- la stabilité fiscale ;
- le poids de la bureaucratie ;
- la règle de droit et le respect des droits de propriété ;
- l’accès
facile au capital.

Si la France bénéficie d’excellentes infrastructures, d’une taille de marché importante, ainsi que d’un système de formation supérieure relativement performant, les préoccupations premières des investisseurs restent, comme d’habitude, la bureaucratie trop envahissante et une instabilité fiscale qui dépasse l’entendement.

Ce constat n’est pas nouveau, il est également bien connu !

Les colloques, les Conseils stratégiques, et autres comités d’orientation, ne présentent qu’un intérêt mineur pour amorcer et organiser le changement.

La Grande-Bretagne a mis tout en œuvre pour attirer un maximum d’investisseurs, alors qu’en France on discute...

Quand verrons-nous tous ces palabres se transformer enfin en actions politiques concrètes !?

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