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15 février 2014 6 15 /02 /février /2014 13:42

Hollande, le bon petit soldat d’Obama

Pensez donc : une visite d’Etat en Amérique ! On n’avait pas vu ça depuis vingt ans.

La « gauche » démocrate américaine, plus à « droite » sur le plan économique et social que la « droite » française devait bien cette récompense et cette bouée de sauvetage à celui qui sert si fidèlement les intérêts des Etats-Unis.

On retrouve décidément avec M. Hollande tous les charmes de la IVe République : un pays discrédité et affaibli, un pouvoir qui perd son autorité, et un atlantisme sans réserve.

Le voyage offrit un retour sur le passé : cette longue amitié entre les deux plus vieux alliés, entre un pays qui monte et un autre qui descend depuis que le second a permis militairement au premier, à Yorktown, de conquérir son indépendance. En 1781, Rochambeau sur terre et de Grasse sur mer battent les Anglais. Belle revanche de la guerre de sept ans, mais ce sera la dernière fois.

Depuis, nos flottes ont été coulées ou se sont coulées elles-mêmes. Napoléon III aurait bien aimé voir gagner les Sudistes et les Nordistes ont été ravis de voir son aventure mexicaine tourner au désastre.

De Gaulle est allé titiller les Américains au Cambodge et Chirac ne les a pas aidés en Irak.

Les deux ont mené une politique arabe distante d’Israël. Les Etats-Unis ont pris cette vieille politique française de l’alliance de revers dans la tradition de celle avec l’Empire Ottoman contre les Habsbourg pour une marque d’ingratitude après que par deux fois ils furent venus remercier La Fayette.

Aussi l’alignement non seulement docile mais empressé de François Hollande méritait ce cadeau majestueux et paternaliste d’un locataire de la Maison Blanche qui n’a pas hésité à comparer la France et le Royaume-Uni à ses deux filles. Ah, la brave petite qui a failli partir en guerre toute seule contre le méchant Assad !

Alors, obéissant à un tempérament national légèrement teinté de vanité, les Français étaient fiers comme des coqs en pâte. Dans l’ancienne plantation de Jefferson à Monticello, ils ne se sentaient plus. Pour peu, ils se seraient laissés aller à croire qu’ à travers ce francophile, c’était la France qui était la mère des grands principes qui gouvernent l’Amérique.

Le réalisme nous induit plutôt à penser que ce lecteur de Locke qui a participé à l’écriture de la Constitution de la Virginie et a rédigé la Déclaration d’Indépendance en 1776 a été plus l’inspirateur que l’admirateur de notre Déclaration des Droits dont le modèle est la Constitution de Virginie. A l’époque où elle est publiée, la France est pour treize ans encore une monarchie absolue.

En revanche, lorsque La Fayette et d’autres essaient d’instaurer une monarchie constitutionnelle avec au sommet de la hiérarchie des normes une Déclaration des Droits, Thomas Jefferson est ambassadeur en France.

La Lumière évoquée par François Hollande est donc plutôt venue des anglo-saxons, et notamment de ce grand ami de la France… qui réalisa en tant que troisième Président ce qu’Obama à justement appelé une « bonne affaire », la cession de la Louisiane et de la Nouvelle-Orléans soit 2,1 Millions de km2 pour 15 Millions de Dollars par la France.

Mais les temps ont bien changé depuis que Napoléon a fait ce cadeau mal évalué. Maintenant, c’est Obama, le Boss.

Pas très gêné par les écoutes de la NSA, il n’a pas hésité à menacer les entreprises françaises qui s’aventureraient en Iran.

Le brave soldat Hollande a eu sa médaille, mais il doit rester dans le rang, et faire son job de « MP » en Afrique.

Rien d’autre.

Comme si le paternalisme américain ne suffisait pas à réduire la présidence française, le patron des patrons, qui fait partie du voyage, a également serré l’étau de son côté : « des contreparties à l’allègement des charges dans le cadre du pacte de responsabilité ? Soyons sérieux ! La compétitivité avant tout ! » Il a évidemment raison et M.Hollande a pu vérifier auprès des patrons de « start up » français de la Silicon Valley que ce qui les avait fait fuir là-bas avait une cause essentielle : le socialisme français avec ses dépenses, ses impôts, sa réglementation et son idéologie, qui décourage l’esprit d’entreprise en France et qui est objectivement pratiqué aussi bien par la droite que par la gauche.

Le drame, c’est que la gauche est élue pour ça… et qu’elles vont finir par faire chacune le contraire de ce qu’attendent leurs électeurs ! Alors, notre Président, paradoxalement plus à droite quand il est plus à l’ouest, mange son Stetson, embrasse un patron, fait applaudir Gattaz, et devient social-libéral.

Dur pour le Président : tout ce voyage pour savoir qu’il avait tout faux. Dieu merci ! Les Américains n’en sauront rien. Ils ne le connaissent pas si ce n’est vaguement comme un homme plus préoccupé par sa vie intime que par les grands problèmes.

Après l’angine rouge de Cécilia, l’épisode DSK, il devient difficile de faire prendre la France au sérieux aux USA.

Ce n’est plus La Fayette, mais plutôt la faillite.

http://www.ndf.fr/poing-de-vue/14-02-2014/hollande-le-bon-petit-soldat-dobama?utm_source=feedburner&utm_medium=email&utm_campaign=Feed%3A+ndf-fr+%28Nouvelles+de+France%29#.Uv9icK50HnR

vendredi 14 février 2014

400 militaires de plus en Centrafrique (actualisé-1)

Paris porte à 2000 le nombre officiel de militaires en Centrafrique, et ce n'est pas fini. 400 militaires, dont
certains déjà sur place, intègrent Sangaris : parmi eux une cinquantaine de gendarmes, un recours contre lequel l'armée de Terre luttait depuis le début de l'opération, mais leur apport était évident. Encore hier, le porte-parole de l'EMA niait l'existence de tout renforcement. Ce n'est pourtant pas à l'issue du conseil de Défense d'aujourd'hui que ces renforts ont été décidés et pour certains, envoyés sur place.
Pourtant, c'était déjà un secret de polichinelle : la France employait bien plus que les 1600 militaires annoncés pour Sangaris, l'effectif tutoyant déjà les 2000. Mais la France s'est résignée à dépasser ce niveau avec ces 400 militaires supplémentaires. C'est à la fois dû à une sous-estimation des difficultés initiales, et une dégradation de la situation, par paliers, depuis que les Français sont arrivés (un paradoxe).
1) La France est arrivée trop tard en Centrafrique. Elle pouvait pourtant agir plus efficacement dès les premiers problèmes (décembre 2012), ou encore quand la Séléka a pris Bangui (au printemps). Dans l'histoire du pays, la France n'avait jamais pris de pincettes déposant un président-dictateur (1990), remettant de l'ordre dans Bangui (1997), ou en assistant l'armée locale contre des insurgés (2006, 2007) dans la zone des trois frontières. Depuis décembre dernier, la France s'est contentée de s'assurer de ses quelques centaines de ressortissants (ils ne seraient que 400) et d'intérêts particuliers, comme le centre de l'institut Pasteur. Tout en se préservant, en tenant l'aéroport, des capacités de réaction.
Aucune opération d'ampleur n'a été menée depuis décembre, pour trois raisons. Paris voulait l'onction de l'ONU, et ses dollars pour régler la facture. Paris voulait associer les Africains, et aucune fausse note, pour le sommet de décembre 2013 à Paris. Et Paris n'avait pas, en fait, l'a capacité à mener deux opérations d'ampleur, dont une au Mali qui lui consommait déjà 4500 militaires, dont des ressources comptées, en matière de forces spéciales, de transport aérien, de renseignement, d'aéromobilité, de médecine tactique, etc. Pour le dire clairement, la France n'avait pas les moyens de mener deux grosses opérations simultanées, qu'elle ne voulait pas assumer politiquement de toute façon.
2) A Paris, de toute façon, Sangaris semblait facile pour bien des décideurs qui ne soupçonnaient pas la difficulté d'opérations de désarmement (1) et de reconquête du terrain laissé aux milices de tous bord. Il faut rappeler le fort optimisme qui régnait alors : à Paris, on promettait une opération courte, qui ne dépasserait pas six mois, c'était promis, cette promesse ne sera pas tenue. Ce blog a, lui, émis, dès le mois de décembre, de très grosses réserves. Rapidement, les premières difficultés apparaissent, et les premiers renforts aussi. Une fois atteint un plafond officiel de 1600 (et vite dépassé), les refrains de promesses reprennent, on n'ira pas au-delà.
Mais le ministre de la défense le reconnaît en janvier (quand d'autres renforts arrivent...), des renforts peuvent être envisagés une fois que les troupes africaines seront toutes arrivées en Centrafrique, début février. Certes, elles seraient donc 6.000, mais cet apport ne permet pas d'empêcher les exactions, puisque ces troupes africaines restent, pour l'essentiel cantonnées à Bangui. Un choix, et un... choix dicté par l'absence de moyens de mobilité. Pendant ce temps, les exactions continuent : toutes les semaines, l'armée française doit donc se déployer en province suite à une alerte de ce type.
3) Des renforts, il y a en aura, donc. Essentiellement des troupes au sol, pour pouvoir mieux quadriller le pays. Déjà, dans le cadre des relèves normales, au moins 400 chasseurs alpins (13e BCA, qui part avec une compagnie de plus) doivent rejoindre le pays. Dans la foulée, autant de chasseurs du 16e BC les rejoindront.
Ils trouveront sur place des marsouins du 2e RIMa (2e compagnie), les paras du 1er RCP, du 3e RPIMa, du 1er RHP et du 8e RPIMa (2). Pour les renforts, la France doit puiser dans son Guépard (3), et vraisemblablement, son Guépard Para. Actuellement, c'est le 2e REP qui fournit (4).
A peine arrivé à son poste, le nouveau CEMA doit donc prendre à bras-le-corps un théâtre de plus en plus volatile, tandis que Serval reste ardent. Des préoccupation à cent lieues de celles des Français, qui comprennent de moins en moins ces opérations africaines. Avec ou sans exactions.

(1) Il faut le reconnaître, celle-ci se sont par miracle bien passées. Les deux seuls morts français sont intervenus dans une embuscade, qui n'était pas directement lié aux opérations de désarmement.
(2) Une partie des éléments du 8e RPIMa, avec le chef de corps, devait rentrer en France dans quelques jours, à l'issue du mandat prévu, initialement dans le cadre de l'opération Boali.
(3) La totalité du 6e BIMa étant déjà déployée.
(4) Le 2e REP est déjà intervenu en RCA à plusieurs reprises, notamment en 1996-1997 avec son chef de corps (Benoît Puga) et en 2012-2013 (la compagnie tournante du 6e BIMa).

Publié par mamouth leader à 2/14/2014 05:07:00 PM

vendredi 14 février 2014

400 militaires de plus en Centrafrique (actualisé-1)

Paris porte à 2000 le nombre officiel de militaires en Centrafrique, et ce n'est pas fini. 400 militaires, dont

certains déjà sur place, intègrent Sangaris : parmi eux une cinquantaine de gendarmes, un recours contre lequel l'armée de Terre luttait depuis le début de l'opération, mais leur apport était évident. Encore hier, le porte-parole de l'EMA niait l'existence de tout renforcement. Ce n'est pourtant pas à l'issue du conseil de Défense d'aujourd'hui que ces renforts ont été décidés et pour certains, envoyés sur place.

Pourtant, c'était déjà un secret de polichinelle : la France employait bien plus que les 1600 militaires annoncés pour Sangaris, l'effectif tutoyant déjà les 2000. Mais la France s'est résignée à dépasser ce niveau avec ces 400 militaires supplémentaires. C'est à la fois dû à une sous-estimation des difficultés initiales, et une dégradation de la situation, par paliers, depuis que les Français sont arrivés (un paradoxe).

1) La France est arrivée trop tard en Centrafrique. Elle pouvait pourtant agir plus efficacement dès les premiers problèmes (décembre 2012), ou encore quand la Séléka a pris Bangui (au printemps). Dans l'histoire du pays, la France n'avait jamais pris de pincettes déposant un président-dictateur (1990), remettant de l'ordre dans Bangui (1997), ou en assistant l'armée locale contre des insurgés (2006, 2007) dans la zone des trois frontières. Depuis décembre dernier, la France s'est contentée de s'assurer de ses quelques centaines de ressortissants (ils ne seraient que 400) et d'intérêts particuliers, comme le centre de l'institut Pasteur. Tout en se préservant, en tenant l'aéroport, des capacités de réaction.

Aucune opération d'ampleur n'a été menée depuis décembre, pour trois raisons. Paris voulait l'onction de l'ONU, et ses dollars pour régler la facture. Paris voulait associer les Africains, et aucune fausse note, pour le sommet de décembre 2013 à Paris. Et Paris n'avait pas, en fait, l'a capacité à mener deux opérations d'ampleur, dont une au Mali qui lui consommait déjà 4500 militaires, dont des ressources comptées, en matière de forces spéciales, de transport aérien, de renseignement, d'aéromobilité, de médecine tactique, etc. Pour le dire clairement, la France n'avait pas les moyens de mener deux grosses opérations simultanées, qu'elle ne voulait pas assumer politiquement de toute façon.

2) A Paris, de toute façon, Sangaris semblait facile pour bien des décideurs qui ne soupçonnaient pas la difficulté d'opérations de désarmement (1) et de reconquête du terrain laissé aux milices de tous bord. Il faut rappeler le fort optimisme qui régnait alors : à Paris, on promettait une opération courte, qui ne dépasserait pas six mois, c'était promis, cette promesse ne sera pas tenue. Ce blog a, lui, émis, dès le mois de décembre, de très grosses réserves. Rapidement, les premières difficultés apparaissent, et les premiers renforts aussi. Une fois atteint un plafond officiel de 1600 (et vite dépassé), les refrains de promesses reprennent, on n'ira pas au-delà.

Mais le ministre de la défense le reconnaît en janvier (quand d'autres renforts arrivent...), des renforts peuvent être envisagés une fois que les troupes africaines seront toutes arrivées en Centrafrique, début février. Certes, elles seraient donc 6.000, mais cet apport ne permet pas d'empêcher les exactions, puisque ces troupes africaines restent, pour l'essentiel cantonnées à Bangui. Un choix, et un... choix dicté par l'absence de moyens de mobilité. Pendant ce temps, les exactions continuent : toutes les semaines, l'armée française doit donc se déployer en province suite à une alerte de ce type.

3) Des renforts, il y a en aura, donc. Essentiellement des troupes au sol, pour pouvoir mieux quadriller le pays. Déjà, dans le cadre des relèves normales, au moins 400 chasseurs alpins (13e BCA, qui part avec une compagnie de plus) doivent rejoindre le pays. Dans la foulée, autant de chasseurs du 16e BC les rejoindront.

Ils trouveront sur place des marsouins du 2e RIMa (2e compagnie), les paras du 1er RCP, du 3e RPIMa, du 1er RHP et du 8e RPIMa (2). Pour les renforts, la France doit puiser dans son Guépard (3), et vraisemblablement, son Guépard Para. Actuellement, c'est le 2e REP qui fournit (4).

A peine arrivé à son poste, le nouveau CEMA doit donc prendre à bras-le-corps un théâtre de plus en plus volatile, tandis que Serval reste ardent. Des préoccupation à cent lieues de celles des Français, qui comprennent de moins en moins ces opérations africaines. Avec ou sans exactions.

(1) Il faut le reconnaître, celle-ci se sont par miracle bien passées. Les deux seuls morts français sont intervenus dans une embuscade, qui n'était pas directement lié aux opérations de désarmement.

(2) Une partie des éléments du 8e RPIMa, avec le chef de corps, devait rentrer en France dans quelques jours, à l'issue du mandat prévu, initialement dans le cadre de l'opération Boali.

(3) La totalité du 6e BIMa étant déjà déployée.

(4) Le 2e REP est déjà intervenu en RCA à plusieurs reprises, notamment en 1996-1997 avec son chef de corps (Benoît Puga) et en 2012-2013 (la compagnie tournante du 6e BIMa).

Publié par mamouth leader à 2/14/2014 05:07:00 PM

vendredi 14 février 2014

400 militaires de plus en Centrafrique (actualisé-1)

Paris porte à 2000 le nombre officiel de militaires en Centrafrique, et ce n'est pas fini. 400 militaires, dont
certains déjà sur place, intègrent Sangaris : parmi eux une cinquantaine de gendarmes, un recours contre lequel l'armée de Terre luttait depuis le début de l'opération, mais leur apport était évident. Encore hier, le porte-parole de l'EMA niait l'existence de tout renforcement. Ce n'est pourtant pas à l'issue du conseil de Défense d'aujourd'hui que ces renforts ont été décidés et pour certains, envoyés sur place.
Pourtant, c'était déjà un secret de polichinelle : la France employait bien plus que les 1600 militaires annoncés pour Sangaris, l'effectif tutoyant déjà les 2000. Mais la France s'est résignée à dépasser ce niveau avec ces 400 militaires supplémentaires. C'est à la fois dû à une sous-estimation des difficultés initiales, et une dégradation de la situation, par paliers, depuis que les Français sont arrivés (un paradoxe).
1) La France est arrivée trop tard en Centrafrique. Elle pouvait pourtant agir plus efficacement dès les premiers problèmes (décembre 2012), ou encore quand la Séléka a pris Bangui (au printemps). Dans l'histoire du pays, la France n'avait jamais pris de pincettes déposant un président-dictateur (1990), remettant de l'ordre dans Bangui (1997), ou en assistant l'armée locale contre des insurgés (2006, 2007) dans la zone des trois frontières. Depuis décembre dernier, la France s'est contentée de s'assurer de ses quelques centaines de ressortissants (ils ne seraient que 400) et d'intérêts particuliers, comme le centre de l'institut Pasteur. Tout en se préservant, en tenant l'aéroport, des capacités de réaction.
Aucune opération d'ampleur n'a été menée depuis décembre, pour trois raisons. Paris voulait l'onction de l'ONU, et ses dollars pour régler la facture. Paris voulait associer les Africains, et aucune fausse note, pour le sommet de décembre 2013 à Paris. Et Paris n'avait pas, en fait, l'a capacité à mener deux opérations d'ampleur, dont une au Mali qui lui consommait déjà 4500 militaires, dont des ressources comptées, en matière de forces spéciales, de transport aérien, de renseignement, d'aéromobilité, de médecine tactique, etc. Pour le dire clairement, la France n'avait pas les moyens de mener deux grosses opérations simultanées, qu'elle ne voulait pas assumer politiquement de toute façon.
2) A Paris, de toute façon, Sangaris semblait facile pour bien des décideurs qui ne soupçonnaient pas la difficulté d'opérations de désarmement (1) et de reconquête du terrain laissé aux milices de tous bord. Il faut rappeler le fort optimisme qui régnait alors : à Paris, on promettait une opération courte, qui ne dépasserait pas six mois, c'était promis, cette promesse ne sera pas tenue. Ce blog a, lui, émis, dès le mois de décembre, de très grosses réserves. Rapidement, les premières difficultés apparaissent, et les premiers renforts aussi. Une fois atteint un plafond officiel de 1600 (et vite dépassé), les refrains de promesses reprennent, on n'ira pas au-delà.
Mais le ministre de la défense le reconnaît en janvier (quand d'autres renforts arrivent...), des renforts peuvent être envisagés une fois que les troupes africaines seront toutes arrivées en Centrafrique, début février. Certes, elles seraient donc 6.000, mais cet apport ne permet pas d'empêcher les exactions, puisque ces troupes africaines restent, pour l'essentiel cantonnées à Bangui. Un choix, et un... choix dicté par l'absence de moyens de mobilité. Pendant ce temps, les exactions continuent : toutes les semaines, l'armée française doit donc se déployer en province suite à une alerte de ce type.
3) Des renforts, il y a en aura, donc. Essentiellement des troupes au sol, pour pouvoir mieux quadriller le pays. Déjà, dans le cadre des relèves normales, au moins 400 chasseurs alpins (13e BCA, qui part avec une compagnie de plus) doivent rejoindre le pays. Dans la foulée, autant de chasseurs du 16e BC les rejoindront.
Ils trouveront sur place des marsouins du 2e RIMa (2e compagnie), les paras du 1er RCP, du 3e RPIMa, du 1er RHP et du 8e RPIMa (2). Pour les renforts, la France doit puiser dans son Guépard (3), et vraisemblablement, son Guépard Para. Actuellement, c'est le 2e REP qui fournit (4).
A peine arrivé à son poste, le nouveau CEMA doit donc prendre à bras-le-corps un théâtre de plus en plus volatile, tandis que Serval reste ardent. Des préoccupation à cent lieues de celles des Français, qui comprennent de moins en moins ces opérations africaines. Avec ou sans exactions.

(1) Il faut le reconnaître, celle-ci se sont par miracle bien passées. Les deux seuls morts français sont intervenus dans une embuscade, qui n'était pas directement lié aux opérations de désarmement.
(2) Une partie des éléments du 8e RPIMa, avec le chef de corps, devait rentrer en France dans quelques jours, à l'issue du mandat prévu, initialement dans le cadre de l'opération Boali.
(3) La totalité du 6e BIMa étant déjà déployée.
(4) Le 2e REP est déjà intervenu en RCA à plusieurs reprises, notamment en 1996-1997 avec son chef de corps (Benoît Puga) et en 2012-2013 (la compagnie tournante du 6e BIMa).

Publié par mamouth leader à 2/14/2014 05:07:00 PM

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