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7 février 2014 5 07 /02 /février /2014 15:17

Francis Bocquillet https://www.facebook.com/jeanfrancis.bocquillet/posts/10200629716944321

Bruno Mégret : après la scission du FN, « j'aurais pu changer la donne politique »


AFP - 23 janvier 2014.


Propos recueillis par Guillaume DAUDIN.

L'ancien délégué général du FN, Bruno Mégret, estime qu'il aurait "pu changer la donne politique" après la scission fracassante du parti, en janvier 1999 au congrès extraordinaire de Marignane, où une partie des cadres l'avaient suivi tandis que l'autre restait fidèle à Jean-Marie Le Pen.

QUESTION : Quinze ans après, comment expliquez-vous la scission ?

REPONSE : A l'époque, on a présenté la scission comme une opération montée par Mégret qui voulait prendre la place de Le Pen. Mais la réalité est très
différente.

Deux lignes s’affrontaient. Quand Le Pen a vu mon poids devenu déterminant au FN après la victoire de Vitrolles, il a décidé de m'éliminer.

L'évènement déclencheur, ce sont ses déclarations annonçant que s'il était inéligible aux européennes, il confierait la tête de liste à sa femme Jany.

Ce choix montrait un mépris total pour le mouvement. Ca a rendu les cadres furieux.

Je me suis donc fait leur porte-parole en déclarant que c’était une mauvaise idée… Un crime de lèse-majesté qui a rendu Le Pen fou de rage et lui a servi de prétexte pour amorcer mon éviction.

Et lorsque j’ai eu la conviction qu’il voulait purger son mouvement, nous avons lancé non pas une scission, mais demandé un congrès extraordinaire (ndlr: à Marignane).

On voulait lui faire accepter par le rapport de forces l'évolution de son mouvement. Il l’a refusée et 60% des cadres sont partis avec moi.

Q : Quel regard portez-vous rétrospectivement sur Jean-Marie Le Pen ?

R : Quand je l'ai connu en 1985, il voulait vraiment rénover la politique et se donner les moyens de go
uverner.

Mais, après le "point de détail" (le 13 septembre 1987, Jean-Marie Le Pen dit sur RTL que les chambres à gaz sont "un point de détail de l'histoire de la Deuxième Guerre mondiale", ndlr) il s'est rendu compte qu'il n'y arriverait pas.

Il a alors adopté la posture de quelqu'un se contentant de jouir de sa position : profiter de sa célébrité, voyager, détenir des mandats, avoir de l'argent, dire ce qu'il pense.

Pour lui, le parti était un accessoire. Les cadres du FN considéraient que ses dérapages étaient néfastes, mais lui les commettait sciemment par provocation antisystème.

C’est tout de même un homme cultivé, qui a du sens politique et qui, au moins pendant un temps, a su s’entourer de gens de qualité.

Q : Et l'après-scission ?

R : Le système politico-médiatique préférait conserver Le Pen. C’était la garantie que le FN resterait circonscrit et donc cont
rôlable.

Si je l’avais emporté, j'aurais pratiqué la dédiabolisation, tendu la main au RPR, multiplié les alliances. Cela aurait pu changer la donne politique. Le système l'a donc soutenu à fond.

La décision de justice qui lui donnait le monopole du sigle FN a été rendue avec une célérité stupéfiante.

Lui seul avait la légitimité judiciaire et financière juste avant les européennes.

Au final, le résultat des élections s’est joué à très peu mais les jeux étaient faits.

Aujourd’hui, je ne fais plus de politique mais, si les circonstances le rendaient possible et nécessaire, je n’exclus pas un nouvel engagement."



Bruno Mégret: le FN "un gâchis terrible" (vidéo) :
http://www.youtube.com/watch?v=9
h1kqxp8mG0

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