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14 janvier 2014 2 14 /01 /janvier /2014 08:07

Le 13 janvier 2014

Parmi les catégories professionnelles qui terrorisent les gouvernements,on trouve en tête tout ce qui touche aux transports et, plus encore, les camions et les taxis.

La hantise des nuits du ministre : les barrages routiers.

Si l’écotaxe et ses portiques y ont laissé récemment leur peau juvénile, bien des chefs de cabinet plus chenus s’y sont déjà usé le cuir.

Et puis… et puis il y a les opérations « escargot » des taxis. Quelques dizaines de voitures bien placées aux points stratégiques et ils vous paralysent une ville.

Comme ce lundi 13 janvier où deux « cortèges » ont quitté les aéroports de Roissy et Orly vers 8 heures pour converger vers les Invalides.

Au menu, voyageurs en rade dans les aérogares, vols ratés, carambolages, bagarres, insultes, etc.

Et comme il n’y a pas de raison que les Parisiens soient seuls à galérer, même chose à Marseille, Bordeaux, Lyon et Montpellier.

Les taxis sont en guerre contre les VTC, les fameuses « voitures de tourisme avec chauffeur » auxquelles la clientèle haut de gamme a désormais recours.

Et pour cause.

Les taxis dénoncent les « multinationales du VTC », « véritable lobby qui détruit nos emplois » et mettent en avant la disproportion des charges qui crée entre eux une « concurrence déloyale ».

Si le constat paraît évident, cela mérite toutefois qu’on y regarde de plus près, et notamment qu’on rappelle à quel point le gouvernement – comme il le fait toujours – a déjà cédé devant la menace.

En témoigne le décret qui vient d’entrer en vigueur, par lequel on contraint les VTC à « un délai de 15 minutes entre “les commandes passées” et la “prise en charge” des passagers ».

Ils en veulent davantage : course minimum de 60 euros (pourquoi pas 100 ?), délai de trente minutes entre la réservation et la prise en charge, gel des licences de taxi.

Les taxis protestent aujourd’hui contre le relèvement de trois points de TVA sur les transports au 1er janvier, et réclament un retour au taux initial de 5,5 %.

Ils oublient de dire – et on l’a souvent oublié quand on a listé les hausses de la rentrée – qu’ils ont obtenu dans le même temps une hausse de 3,9 % de leurs tarifs.

En dix ans, le prix d’une course en taxi a grimpé de 36 % alors que l’indice des prix à la consommation a progressé de moins de 20 %…

Que les taxis vivent difficilement une profession contraignante, nul ne songe à le nier, mais une fois encore la voie du chantage prise par des syndicats jusqu’au-boutistes ne semble pas propre à améliorer les choses.

Il faut, à Paris du moins, une aisance financière certaine pour pouvoir circuler en taxi. Au coût prohibitif s’ajoute la rareté : impossible ou presque de trouver une voiture – c’est l’effet pervers du numerus clausus auquel les taxis ne veulent pas renoncer.

Et quand on a trouvé une voiture, on se heurte très souvent à d’autres problèmes : un montant exorbitant au compteur au moment de la prise en charge, le refus fréquent de la course (« Vous allez où ? Ah non, là je rentre et ce n’est pas sur mon chemin »), le refus du paiement par carte de crédit et « l’attitude à l’intérieur du véhicule », pour parler pudiquement.

Le nombre de VTC à fin 2013 était de 9 800 véhicules pour 50 000 taxis et il est indéniable que ces voitures remédient à la pénurie. , comme le dit Yves Weisselberger, président de SnapCar : « Les VTC sont disponibles en France comme dans tous les autres pays.

C’est une réalité. Les nouvelles technologies – smartphone, paiement électronique – ont changé les habitudes des clients.

Grâce à ces technologies, il est désormais possible d’offrir une expérience utilisateur bien supérieure. »

Et le client est roi, les taxis feraient bien d’y songer.

Source et publication: http://www.bvoltaire.fr/mariedelarue/les-taxis-se-trompent-de-combat,47328?utm_source=La+Gazette+de+Boulevard+Voltaire&utm_campaign=2814f4444c-RSS_EMAIL_CAMPAIGN&utm_medium=email&utm_term=0_71d6b02183-2814f4444c-30403221

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