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18 janvier 2014 6 18 /01 /janvier /2014 08:49

http://www.contrepoints.org/2014/01/14/153157-les-dangereuses-metastases-de-

la-loi-gayssot

Les dangereuses métastases de la loi Gayssot

Publié le 14 janvier 2014 dans Liberticides & Co

Depuis la loi Gayssot, la France a sombré dans un abîme de liberté

d¹expression à géométrie variable. Il est temps d¹en sortir ?

Par Matthieu Vasseur.

Au commencement était Gayssot. Non, attendez : au commencement était

l¹ "Holocauste". Par le choix, popularisé dans les années 70, d¹un terme

issu de l¹Ancien Testament pour désigner l¹extermination des Juifs pendant

la Seconde Guerre Mondiale, ce génocide était investi d¹une signification

religieuse. Fait historique, oui, mais aussi Sacré de substitution dans un

Occident déchristianisé.

Toute l¹ambigüité réside dans cette double

dimension. La loi Gayssot , en 1990, interdit la négation de l¹Holocauste.

Consciente que cette innovation juridique entre en conflit avec la

Déclaration des Droits de l¹Homme et du Citoyen, qui consacre la liberté

d¹expression, et avec la devise même de la République, la classe politique

(députés et sénateurs quasi-unanimes, Président de la République, Président

de l¹Assemblée Nationale, Président du Sénat) décide de ne pas transmettre

cette loi au Conseil Constitutionnel, de crainte qu¹il ne soit contraint de

la censurer. En 2010, la Cour de Cassation, saisie au titre de la nouvelle

procédure de la "Question Prioritaire de Constitutionnalité", entérine ce

déni de droit en refusant à son tour de transmettre la loi au Conseil

Constitutionnel, au motif qu¹elle n¹aurait pas de "caractère sérieux".

On

peut reprocher beaucoup de choses à la loi Gayssot, mais certainement pas de

ne pas avoir de "caractère sérieux".

Cependant, le crime de déni de réalité historique n¹est pas la seule

nouveauté de la loi Gayssot.

rapidement, la jurisprudence réintroduit

également dans le droit français le délit de blasphème, qui avait été

supprimé en 1791 par la Révolution : ce n¹est pas le seul déni de

l¹Holocauste qui est sanctionné, c¹est aussi désormais l¹irrévérence à son

égard. Jean-Marie Le Pen en fait les frais avec son calembour scabreux sur

"Durafour crématoire". Vérité et sacré, Histoire et blasphème se retrouvent

donc inextricablement mêlés, cocktail explosif dans un pays laïc. Ce n¹était

d¹ailleurs pas la passion de la vérité historique qui animait M. Gayssot :

apparatchik de longue date du Parti Communiste, il en avait fidèlement

épousé toutes les justifications alambiquées des crimes de l¹URSS (le

Goulag? Quel Goulag?).

Mais une société qui élève l¹irrévérence en absolu, "ni Dieu ni Maître",

où un animateur de télévision est applaudi pour avoir demandé à un ancien

Premier ministre si "sucer, cŒest tromper", où un crucifix noyé dans l¹urine

de l¹ "artiste" ("Piss Christ") est présenté dans les musées publics

s¹accommode mal du retour du délit de blasphème. Le 20 décembre dernier, les

Femen ont mimé "l¹avortement de Jésus" puis uriné sur l¹autel de la

Madeleine.

Le gouvernement, qui a choisi il y a quelques mois une leader

Femen ukrainienne comme nouvelle Marianne (ce dont elle s¹est réjouie par un

tweet en anglais, puisque Marianne ne parle pas français par lequel elle

se félicitait de ce que "les homophobes, les extrémistes et les fascistes

devront désormais lui lécher le cul lorsqu¹ils enverront une lettre"), le

gouvernement donc n¹a pas jugé utile d¹exprimer la moindre réprobation.

On

ne peut pas approuver le sacrilège ici et le réprimer là sans mettre en jeu

sa crédibilité.

Immanquablement se développe, surtout parmi les "exclus", les "rejetés

du système", la tentation de bafouer ce qu¹un gouvernement et des

institutions délégitimés érigent comme dogme impératif. Ces provocations que

l¹on tolère avec indulgence de la part des artistes et des Femen, pourquoi

les interdire aux jeunes des banlieues ? Parce que l¹Holocauste est "plus

sacré" que le christianisme ? Parce que la "quenelle" est "pire" que pisser

sur l¹autel d¹une église ? Pire que des caricatures de Mahomet ? Qui en

décide, au nom de quoi ? S¹enclenche la spirale infernale de la révolte d¹un

côté, nourrie par le sentiment d¹injustice, et d¹une répression toujours

plus folle de l¹autre.

Deux lycéens se font exclure de leur lycée, un

animateur social "des quartiers" perd son emploi, tout cela pour avoir fait

la fameuse "quenelle".

Le gouvernement, avec la complicité servile du

Conseil d¹État, rétablit la censure préalable, faisant ainsi un grand bond

vers la démocratie à la russe.

Plus rien, ni le Droit, ni même le simple bon sens, ne semble pouvoir freiner cette hystérie de Vertu répressive.

Otage de cette course à l¹abîme, la communauté juive de France, devenue,

complice ou à son corps défendant, le symbole de cette oppression d¹État. En

la désignant comme caste sacrée, la loi Gayssot en a fait une cible.

En lui attribuant un statut "à part", elle en fait un bouc émissaire de toutes les

frustrations de la France "d¹en bas". La répression qu¹elle instaure suscite

l¹anti-sémitisme, qui à son tour justifie un nouveau tour de vis répressif,

qui à son tour...

Comment sortir de cette course folle ? Alors que nous nous apprêtons à

commémorer le centenaire de la Première Guerre Mondiale, que l¹intervention

décisive des États-Unis nous permit de gagner, tournons nous une fois de

plus vers l¹Amérique :

Premier Amendement de la Constitution : "Le Congrès ne fera aucune loi

pour conférer un statut institutionnel à une religion, (aucune loi) qui

interdise le libre exercice d¹une religion, (aucune loi) qui restreigne la

liberté d¹expression, ni la liberté de la presse (Š)".

http://www.contrepoints.org/2014/01/14/153157-les-dangereuses-metastases-de-
la-loi-gayss
ot

Les dangereuses métastases de la loi Gayssot
Publié le 14 janvier 2014 dans Liberticides & Co
Depuis la loi Gayssot, la France a sombré dans un abîme de liberté
d¹expression à géométrie variable. Il est temps d¹en sortir ?
Par Matthieu Vasseur.

Au commencement était Gayssot. Non, attendez : au commencement était
l¹ "Holocauste". Par le choix, popularisé dans les années 70, d¹un terme
issu de l¹Ancien Testament pour désigner l¹extermination des Juifs pendant
la Seconde Guerre Mondiale, ce génocide était investi d¹une signification
religieuse. Fait historique, oui, mais aussi Sacré de substitution dans un
Occident déchristianisé. Toute l¹ambigüité réside dans cette double
dimension. La loi Gayssot , en 1990, interdit la négation de l¹Holocauste.
Consciente que cette innovation juridique entre en conflit avec la
Déclaration des Droits de l¹Homme et du Citoyen, qui consacre la liberté
d¹expression, et avec la devise même de la République, la classe politique
(députés et sénateurs quasi-unanimes, Président de la République, Président
de l¹Assemblée Nationale, Président du Sénat) décide de ne pas transmettre
cette loi au Conseil Constitutionnel, de crainte qu¹il ne soit contraint de
la censurer. En 2010, la Cour de Cassation, saisie au titre de la nouvelle
procédure de la "Question Prioritaire de Constitutionnalité", entérine ce
déni de droit en refusant à son tour de transmettre la loi au Conseil
Constitutionnel, au motif qu¹elle n¹aurait pas de "caractère sérieux". On
peut reprocher beaucoup de choses à la loi Gayssot, mais certainement pas de
ne pas avoir de "caractère sérieux".
Cependant, le crime de déni de réalité historique n¹est pas la seule
nouveauté de la loi Gayssot. Très rapidement, la jurisprudence réintroduit
également dans le droit français le délit de blasphème, qui avait été
supprimé en 1791 par la Révolution : ce n¹est pas le seul déni de
l¹Holocauste qui est sanctionné, c¹est aussi désormais l¹irrévérence à son
égard. Jean-Marie Le Pen en fait les frais avec son calembour scabreux sur
"Durafour crématoire". Vérité et sacré, Histoire et blasphème se retrouvent
donc inextricablement mêlés, cocktail explosif dans un pays laïc. Ce n¹était
d¹ailleurs pas la passion de la vérité historique qui animait M. Gayssot :
apparatchik de longue date du Parti Communiste, il en avait fidèlement
épousé toutes les justifications alambiquées des crimes de l¹URSS (le
Goulag? Quel Goulag?).
Mais une société qui élève l¹irrévérence en absolu, "ni Dieu ni Maître",
où un animateur de télévision est applaudi pour avoir demandé à un ancien
Premier ministre si "sucer, cŒest tromper", où un crucifix noyé dans l¹urine
de l¹ "artiste" ("Piss Christ") est présenté dans les musées publics
s¹accommode mal du retour du délit de blasphème. Le 20 décembre dernier, les
Femen ont mimé "l¹avortement de Jésus" puis uriné sur l¹autel de la
Madeleine. Le gouvernement, qui a choisi il y a quelques mois une leader
Femen ukrainienne comme nouvelle Marianne (ce dont elle s¹est réjouie par un
tweet en anglais, puisque Marianne ne parle pas français par lequel elle
se félicitait de ce que "les homophobes, les extrémistes et les fascistes
devront désormais lui lécher le cul lorsqu¹ils enverront une lettre"), le
gouvernement donc n¹a pas jugé utile d¹exprimer la moindre réprobation. On
ne peut pas approuver le sacrilège ici et le réprimer là sans mettre en jeu
sa crédibilité.
Immanquablement se développe, surtout parmi les "exclus", les "rejetés
du système", la tentation de bafouer ce qu¹un gouvernement et des
institutions délégitimés érigent comme dogme impératif. Ces provocations que
l¹on tolère avec indulgence de la part des artistes et des Femen, pourquoi
les interdire aux jeunes des banlieues ? Parce que l¹Holocauste est "plus
sacré" que le christianisme ? Parce que la "quenelle" est "pire" que pisser
sur l¹autel d¹une église ? Pire que des caricatures de Mahomet ? Qui en
décide, au nom de quoi ? S¹enclenche la spirale infernale de la révolte d¹un
côté, nourrie par le sentiment d¹injustice, et d¹une répression toujours
plus folle de l¹autre. Deux lycéens se font exclure de leur lycée, un
animateur social "des quartiers" perd son emploi, tout cela pour avoir fait
la fameuse "quenelle". Le gouvernement, avec la complicité servile du
Conseil d¹État, rétablit la censure préalable, faisant ainsi un grand bond
vers la démocratie à la russe. Plus rien, ni le Droit, ni même le simple bon
sens, ne semble pouvoir freiner cette hystérie de Vertu répressive.
Otage de cette course à l¹abîme, la communauté juive de France, devenue,
complice ou à son corps défendant, le symbole de cette oppression d¹État. En
la désignant comme caste sacrée, la loi Gayssot en a fait une cible. En lui
attribuant un statut "à part", elle en fait un bouc émissaire de toutes les
frustrations de la France "d¹en bas". La répression qu¹elle instaure suscite
l¹anti-sémitisme, qui à son tour justifie un nouveau tour de vis répressif,
qui à son tour...
Comment sortir de cette course folle ? Alors que nous nous apprêtons à
commémorer le centenaire de la Première Guerre Mondiale, que l¹intervention
décisive des États-Unis nous permit de gagner, tournons nous une fois de
plus vers l¹Amérique :
Premier Amendement de la Constitution : "Le Congrès ne fera aucune loi
pour conférer un statut institutionnel à une religion, (aucune loi) qui
interdise le libre exercice d¹une religion, (aucune loi) qui restreigne la
liberté d¹expression, ni la liberté de la presse (Š)".

http://www.contrepoints.org/2014/01/14/153157-les-dangereuses-metastases-de-

la-loi-gayssot

Les dangereuses métastases de la loi Gayssot

Publié le 14 janvier 2014 dans Liberticides & Co

Depuis la loi Gayssot, la France a sombré dans un abîme de liberté

d¹expression à géométrie variable. Il est temps d¹en sortir ?

Par Matthieu Vasseur.

Au commencement était Gayssot. Non, attendez : au commencement était

l¹ "Holocauste". Par le choix, popularisé dans les années 70, d¹un terme

issu de l¹Ancien Testament pour désigner l¹extermination des Juifs pendant

la Seconde Guerre Mondiale, ce génocide était investi d¹une signification

religieuse. Fait historique, oui, mais aussi Sacré de substitution dans un

Occident déchristianisé. Toute l¹ambigüité réside dans cette double

dimension. La loi Gayssot , en 1990, interdit la négation de l¹Holocauste.

Consciente que cette innovation juridique entre en conflit avec la

Déclaration des Droits de l¹Homme et du Citoyen, qui consacre la liberté

d¹expression, et avec la devise même de la République, la classe politique

(députés et sénateurs quasi-unanimes, Président de la République, Président

de l¹Assemblée Nationale, Président du Sénat) décide de ne pas transmettre

cette loi au Conseil Constitutionnel, de crainte qu¹il ne soit contraint de

la censurer. En 2010, la Cour de Cassation, saisie au titre de la nouvelle

procédure de la "Question Prioritaire de Constitutionnalité", entérine ce

déni de droit en refusant à son tour de transmettre la loi au Conseil

Constitutionnel, au motif qu¹elle n¹aurait pas de "caractère sérieux". On

peut reprocher beaucoup de choses à la loi Gayssot, mais certainement pas de

ne pas avoir de "caractère sérieux".

Cependant, le crime de déni de réalité historique n¹est pas la seule

nouveauté de la loi Gayssot. Très rapidement, la jurisprudence réintroduit

également dans le droit français le délit de blasphème, qui avait été

supprimé en 1791 par la Révolution : ce n¹est pas le seul déni de

l¹Holocauste qui est sanctionné, c¹est aussi désormais l¹irrévérence à son

égard. Jean-Marie Le Pen en fait les frais avec son calembour scabreux sur

"Durafour crématoire". Vérité et sacré, Histoire et blasphème se retrouvent

donc inextricablement mêlés, cocktail explosif dans un pays laïc. Ce n¹était

d¹ailleurs pas la passion de la vérité historique qui animait M. Gayssot :

apparatchik de longue date du Parti Communiste, il en avait fidèlement

épousé toutes les justifications alambiquées des crimes de l¹URSS (le

Goulag? Quel Goulag?).

Mais une société qui élève l¹irrévérence en absolu, "ni Dieu ni Maître",

où un animateur de télévision est applaudi pour avoir demandé à un ancien

Premier ministre si "sucer, cŒest tromper", où un crucifix noyé dans l¹urine

de l¹ "artiste" ("Piss Christ") est présenté dans les musées publics

s¹accommode mal du retour du délit de blasphème. Le 20 décembre dernier, les

Femen ont mimé "l¹avortement de Jésus" puis uriné sur l¹autel de la

Madeleine. Le gouvernement, qui a choisi il y a quelques mois une leader

Femen ukrainienne comme nouvelle Marianne (ce dont elle s¹est réjouie par un

tweet en anglais, puisque Marianne ne parle pas français par lequel elle

se félicitait de ce que "les homophobes, les extrémistes et les fascistes

devront désormais lui lécher le cul lorsqu¹ils enverront une lettre"), le

gouvernement donc n¹a pas jugé utile d¹exprimer la moindre réprobation. On

ne peut pas approuver le sacrilège ici et le réprimer là sans mettre en jeu

sa crédibilité.

Immanquablement se développe, surtout parmi les "exclus", les "rejetés

du système", la tentation de bafouer ce qu¹un gouvernement et des

institutions délégitimés érigent comme dogme impératif. Ces provocations que

l¹on tolère avec indulgence de la part des artistes et des Femen, pourquoi

les interdire aux jeunes des banlieues ? Parce que l¹Holocauste est "plus

sacré" que le christianisme ? Parce que la "quenelle" est "pire" que pisser

sur l¹autel d¹une église ? Pire que des caricatures de Mahomet ? Qui en

décide, au nom de quoi ? S¹enclenche la spirale infernale de la révolte d¹un

côté, nourrie par le sentiment d¹injustice, et d¹une répression toujours

plus folle de l¹autre. Deux lycéens se font exclure de leur lycée, un

animateur social "des quartiers" perd son emploi, tout cela pour avoir fait

la fameuse "quenelle". Le gouvernement, avec la complicité servile du

Conseil d¹État, rétablit la censure préalable, faisant ainsi un grand bond

vers la démocratie à la russe. Plus rien, ni le Droit, ni même le simple bon

sens, ne semble pouvoir freiner cette hystérie de Vertu répressive.

Otage de cette course à l¹abîme, la communauté juive de France, devenue,

complice ou à son corps défendant, le symbole de cette oppression d¹État. En

la désignant comme caste sacrée, la loi Gayssot en a fait une cible. En lui

attribuant un statut "à part", elle en fait un bouc émissaire de toutes les

frustrations de la France "d¹en bas". La répression qu¹elle instaure suscite

l¹anti-sémitisme, qui à son tour justifie un nouveau tour de vis répressif,

qui à son tour...

Comment sortir de cette course folle ? Alors que nous nous apprêtons à

commémorer le centenaire de la Première Guerre Mondiale, que l¹intervention

décisive des États-Unis nous permit de gagner, tournons nous une fois de

plus vers l¹Amérique :

Premier Amendement de la Constitution : "Le Congrès ne fera aucune loi

pour conférer un statut institutionnel à une religion, (aucune loi) qui

interdise le libre exercice d¹une religion, (aucune loi) qui restreigne la

liberté d¹expression, ni la liberté de la presse (Š)".

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