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8 janvier 2014 3 08 /01 /janvier /2014 09:22

Consigny : où sont les Google, Facebook et Apple européens ?

Le Point.fr - Publié le 08/01/2014 à 07:56

Des syndicats qui bloquent toute reforme, un gouvernement qui sacrifie notre industrie, une Europe aux abonnés absents.

Il y a de quoi désespérer de la France.

Par CHARLES CONSIGNY

À la une du Point.fr

Comment ne pas être attristé lorsque l'on voit des employés victimes d'un plan social séquestrer leurs cols blancs ?

Sans doute est-ce moins effarant que la lutte qui avait vu s'affronter entre eux des salariés d'une autre usine il y a quelques mois, avec d'un côté ceux qui voulaient faire grève et de l'autre ceux qui voulaient reprendre le travail, scène qu'on n'avait pas été contraint d'observer depuis les mineurs anglais sous Margaret Thatcher.

Mais tout de même, quel crève-coeur ! Et n'est-il pas rageant de voir M. Mailly, apparatchik du syndicalisme endormi dans son fauteuil de Force ouvrière, expliquer que "ça n'est pas un drame" ?

Honte sur lui, honte sur ces syndicats qui (bien souvent, ça n'est pas toujours le cas, certes) contribuent bien davantage, par leur action globale, à détruire des emplois qu'à en sauver.

Quand reverra-t-on notre système de relations collectives du travail ?

La protection des salariés, en particulier des plus faibles, est indispensable, et elle constitue une avancée sociale - une avancée tout court.

Mais cet aspect positif des choses ne doit pas occulter la réalité, qui est désagréable mais qui est la réalité quand même et qui est la rigidité d'un marché du travail où les recrutements sont freinés par un excès de règles, et surtout par un excès de charges.

Ce que certains syndicats refusent de regarder en face, c'est que c'est en partie leur idéologie qui est responsable du chômage.

C'est cette gauche pour laquelle l'État et ses démembrements doivent à la fois nourrir les gens, les soigner, les divertir, leur offrir une maison et une voiture, et des vacances, tout ça sans forcément passer par la case travail, qui est responsable de la disparition de celui-ci en France.

Philippe Starck à la tête de Peugeot !

Si les usines ferment, c'est certes parfois parce que les patrons se comportent avec un cynisme ridicule et criminel.

C'est aussi parce que le gouvernement, à la tête de notre État colbertiste, n'a pas de politique industrielle - songez que la tâche est confiée à Arnaud Montebourg ! Mais c'est enfin et surtout parce que la mondialisation a déplacé la main-d'oeuvre, parce que l'Europe ne taxe pas ses importations ni ne facilite ses exportations autant que ne le font les États-Unis ou la Chine, et parce que nous n'inventons rien !

Où sont le Google européen, le Facebook, le Apple ? Qu'avons-nous comme équivalent de Stanford ?

Certainement pas l'Ena ! Le problème de la France, c'est qu'en guise d'élites nous formons des technocrates qui soit n'étaient déjà pas d'un naturel créatif en entamant leurs études, soit ont vu leur imagination détruite par celles-ci.

Le problème de la France, c'est que nous mettons Philippe Varin à la tête de Peugeot alors qu'il faudrait confier le poste à Philippe Starck.

L'Europe devrait être le grand sujet de débat, de préoccupation

Le problème de la France, c'est aussi l'inefficacité de l'Europe. M. Hollande semble avoir décidé de ne plus rien initier sur la scène européenne, sinon demander que les États y dépensent encore plus d'argent, qu'ils n'ont pas, protégés par l'Allemagne en cas d'inquiétude des marchés financiers.

Où est le protectionnisme européen ? La politique industrielle européenne ? Airbus fonctionne, pourquoi s'arrêter là ? Partout sur le Vieux Continent, les partis nationalistes tonnent et se font entendre.

À force de ne pas vouloir vraiment d'une grande Europe, nous ne l'aurons pas.

Les élus nationaux se comportent, sur ce sujet, de façon irresponsable : l'Europe devrait être le grand sujet de débat, de préoccupation, de tension et de désir des peuples qui la composent.

Or il n'en est rien : en France, on passe une semaine sur Leonarda, six mois sur le mariage gay, les médias découvrent tous les hivers qu'à cette période il neige et il fait froid, tous les étés qu'une canicule est à craindre, toutes les rentrées que les cartables sont trop lourds et tous les premiers de l'an que des gens se mettent parfois dans de sales états lorsqu'ils font la fête.

En attendant, Mme Le Pen, de loin la personnalité politique le plus en progression dans le coeur des Français (et peut-être la seule), a déclaré tout à l'heure faire de "la lutte contre l'Union européenne" sa "priorité pour 2014". Qui pour lui répondre ?

Source et publication: http://www.lepoint.fr/invites-du-point/charles-consigny/consigny-ou-sont-les-google-facebook-et-apple-europeens-08-01-2014-1777979_1449.php#xtor=EPR-6-[Newsletter-Matinale]-20140108

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