Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
8 janvier 2014 3 08 /01 /janvier /2014 09:17

Le 8 janvier 2014

J.-P. Fabre Bernadac

Ancien officier de Gendarmerie.

Diplômé de criminologie et de criminalistique.

Il faut bien le reconnaître : les choses changent, et elles changent en bien.

J’avais déjà parlé sur Boulevard Voltaire du général Favier précisant devant la commission de la défense et des forces armées de l’Assemblée nationale et du Sénat le peu de moyens dont disposait, en fin d’année 2013, la gendarmerie.

Eh bien, un nouveau général récidive. Le général de corps d’armée Bertrand Soubelet, numéro 3 de la gendarmerie nationale, s’est livré à une critique sans fard de la politique pénale actuellement menée.

Avec courage, l’officier a communiqué sans trembler : « Je vais livrer une analyse personnelle, peut-être un peu iconoclaste. »

De fait, c’est une véritable bombe qu’il a lâchée le 18 décembre devant « la commission parlementaire de lutte contre l’insécurité ».

Il a révélé méthodiquement le malaise des forces de l’ordre face à un système judiciaire ingénu et partisan :
- Lourdeur des procédures sur le plan juridique, compliquant le travail des gendarmes et dont profitent les délinquants ;
- Insécurité et sentiment d’insécurité qui ne cessent et ne cesseront d’augmenter tant que la réponse collective à la délinquance ne sera pas adaptée, ajoutant sans se départir de son calme : « Les gendarmes sont inquiets car on prend plus soin des auteurs que des victime
s. »

Puis il a donné des exemples. Ainsi, il a révélé que 65 % des cambrioleurs interpellés dans les Bouches-du-Rhône en novembre 2013 sont à nouveau dans la nature : « Quand vous lâchez 65 % de ceux qui se sont rendus coupables d’un certain nombre d’exactions, comment voulez-vous que les chiffres baissent ? » Précisant qu’en 2013, il y a eu une hausse de 4 % de personnes mises en cause par ses services tandis que le nombre de placements sous écrou a diminué de 33 %.

Autre exemple, dans un département qu’il ne cite pas : il explique que le parquet recommande de mettre dehors les présumés délinquants mineurs étrangers, faute de moyens pour trouver un interprète.

Il a terminé par un message volontariste et moralisateur face à la délinquance des jeunes : « Aujourd’hui, toute une frange de notre jeunesse ne sait pas où est le bien et où est le mal. Pourtant, on peut très tôt donner un message clair. »

Pendant près d’une heure et demie, nos élus ont pris une leçon de langage vrai par un général quatre étoiles. Cela faisait longtemps qu’un militaire n’avait pas recadré ainsi nos parlementaires. Il faut dire que c’est ce même gradé qui était intervenu en 2008, comme chef de la région Midi-Pyrénées, pour soutenir le colonel commandant le département du Gers. Celui-ci, à la demande du directeur du collège de Marciac, avait planifié un contrôle anti-drogue, contrôle qui n’avait pas plu aux élus socialistes et à la Ligue des droits de l’homme.

Jamais deux sans trois, il n’y a plus qu’à attendre le troisième général qui se lèvera pour assener des vérités à des politiciens qui ne sont que des idéologues méprisant le peuple et les hommes et les femmes de terrain.

C’est amusant, mais aujourd’hui je me sens un peu plus fier de faire partie de la grande famille de la gendarmerie !

http://www.bvoltaire.fr/jeanpierrefabrebernadac/et-si-nos-generaux-en-avaient,46708?utm_source=La+Gazette+de+Boulevard+Voltaire&utm_campaign=e70755a516-RSS_EMAIL_CAMPAIGN&utm_medium=email&utm_term=0_71d6b02183-e70755a516-30369877

Partager cet article

Repost 0

commentaires