Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
10 janvier 2014 5 10 /01 /janvier /2014 09:43

De quoi a-t-on peur : que cela finisse en statistiques ethniques ?

Marie Delarue

Ecrivain, musicienne, plasticienne.

Le ministre de l’Éducation, Vincent Peillon, présentait mercredi les premiers résultats de son plan de lutte contre le décrochage scolaire, déclaré« priorité nationale absolue ». Il faut dire que nos voisins européens nous poussent aux fesses : la « Stratégie Europe 2020 » nous fait obligation de nous attaquer au problème.

140.000 jeunes quittent chaque année le système scolaire sans aucun diplôme – le chiffre est connu.

Le bilan du repêchage est enthousiasmant, dit le ministre : « Cette année,
23.000 jeunes âgés de 16 à 25 ans ont été “raccrochés” : 20.000 sont retournés en formation initiale et 3 000 effectuent un service civique
.

De plus, 11.000 jeunes bénéficient d’un “parcours de retour en formation” sous l’égide de la Mission de lutte contre le décrochage scolaire (MLDS) : préparation au baccalauréat, stages de remotivation pour un retour en formation ou accompagnement pour une réinsertion professionnelle. »

On est heureux, c’est vrai, si on peut remotiver et réinsérer des gamins qui n’ont jamais été ni motivés ni insérés. C’est bien.

Toutefois, on se demande s’il n’y aurait pas quelque chose à repenser en amont pour éviter que 140 000 jeunes prennent tout savoir en grippe.

Ce que ne dit pas le ministre, c’est que sur ces 140.000 « décrocheurs », une multitude a quitté l’école bien avant de tenter le moindre diplôme.

Le CEREQ (Centre d’études et de recherches sur les qualifications) nous apprend que ce sont « des jeunes âgés de 12 à 16 ans, [...] pour certains déscolarisés depuis plus d’un an, parfois depuis la fin du primaire ».

En fait, on ne sait pas exactement combien ils sont car, voyez-vous, on n’a pas le droit de les répertorier.

Lisez bien ce qui suit : « le Système interministériel d’échanges d’informations (SIEI), qui est censé suivre les décrocheurs, n’a pas le droit de ficher les moins de 16 ans – c’est-à-dire ceux qui sont d’âge scolaire obligatoire ! – suite à une recommandation de la CNIL ».

De quoi a-t-on peur : que cela finisse en statistiques ethniques ?

Bref, avant de repêcher les « perdus de vue » et les « incontrôlables », il faut déjà les trouver.

On le fait « à partir des quartiers, des réseaux constitués avec les associations, de l’aide sociale à l’enfance, de la protection judiciaire de la jeunesse ».

Ce qui veut dire que s’ils ne vont pas à l’école, ils sont déjà souvent dans « le bizness

»… Et après, quand on en a ramassé quelques-uns dans les filets, on teste une « nouvelle approche ».

L’expérience est faite actuellement à Nanterre.

On y teste des ateliers pédagogiques où « la rupture de scolarité est perçue comme un symptôme et non pas comme une transgression à sanctionner ».

En espérant sans doute l’arrivée d’une petite pilule qui réglerait la question. « On va penser le raccrochage en termes de parcours de soin et pas de parcours scolaire. On commence donc par un important travail de prise en charge psychologique. » « C’est là que réside l’innovation, dans cette coopération intime entre personnels soignants et personnels d’éducation. »

Très bien. Très louable. Admirable et tout et tout.

Oublions là encore la question qui fâche : qui est-ce qui banque, l’Éducation nationale ou la Sécu ?

On avait prévu de « soigner » 60 décrocheurs à Nanterre, on en a traité une petite trentaine. Une goutte d’eau dans l’océan.

Car les gens du CEREQ y insistent : « Une des clés pour lutter contre le décrochage, c’est d’arriver à impliquer les parents. C’est encore plus vrai avec ces publics… »

Et si on arrêtait la langue de bois ? Le décrochage scolaire touche à une majorité écrasante les enfants issus de l’immigration parce qu’ils ne maîtrisent souvent ni la langue, ni les codes, ni la culture d’ici.

Et ce ne sont pas toutes les fumisteries du pédagogisme et du collège unique qui peuvent les en sortir .

http://www.bvoltaire.fr/mariedelarue/decrochage-scolaire-et-immigration-si-arretait-la-langue-de-bois,46915?utm_source=La+Gazette+de+Boulevard+Voltaire&utm_campaign=160dfc56ee-RSS_EMAIL_CAMPAIGN&utm_medium=email&utm_term=0_71d6b02183-160dfc56ee-30403221

De quoi a-t-on peur : que cela finisse en statistiques ethniques ?

Le ministre de l’Éducation, Vincent Peillon, présentait mercredi les premiers résultats de son plan de lutte contre le décrochage scolaire, déclaré« priorité nationale absolue ». Il faut dire que nos voisins européens nous poussent aux fesses : la « Stratégie Europe 2020 » nous fait obligation de nous attaquer au problème.

140.000 jeunes quittent chaque année le système scolaire sans aucun diplôme – le chiffre est connu.

Le bilan du repêchage est enthousiasmant, dit le ministre : « Cette année,
23.000 jeunes âgés de 16 à 25 ans ont été “raccrochés” : 20.000 sont retournés en formation initiale et 3 000 effectuent un service civique. De plus, 11.000 jeunes bénéficient d’un “parcours de retour en formation” sous l’égide de la Mission de lutte contre le décrochage scolaire (MLDS) : préparation au baccalauréat, stages de remotivation pour un retour en formation ou accompagnement pour une réinsertion professionnelle.
»

On est heureux, c’est vrai, si on peut remotiver et réinsérer des gamins qui n’ont jamais été ni motivés ni insérés. C’est bien. Toutefois, on se demande s’il n’y aurait pas quelque chose à repenser en amont pour éviter que 140 000 jeunes prennent tout savoir en grippe.

Ce que ne dit pas le ministre, c’est que sur ces 140.000 « décrocheurs », une multitude a quitté l’école bien avant de tenter le moindre diplôme. Le CEREQ (Centre d’études et de recherches sur les qualifications) nous apprend que ce sont « des jeunes âgés de 12 à 16 ans, [...] pour certains déscolarisés depuis plus d’un an, parfois depuis la fin du primaire ». En fait, on ne sait pas exactement combien ils sont car, voyez-vous, on n’a pas le droit de les répertorier. Lisez bien ce qui suit : « le Système interministériel d’échanges d’informations (SIEI), qui est censé suivre les décrocheurs, n’a pas le droit de ficher les moins de 16 ans – c’est-à-dire ceux qui sont d’âge scolaire obligatoire ! – suite à une recommandation de la CNIL ».

De quoi a-t-on peur : que cela finisse en statistiques ethniques ?

Bref, avant de repêcher les « perdus de vue » et les « incontrôlables », il faut déjà les trouver. On le fait « à partir des quartiers, des réseaux constitués avec les associations, de l’aide sociale à l’enfance, de la protection judiciaire de la jeunesse ». Ce qui veut dire que s’ils ne vont pas à l’école, ils sont déjà souvent dans « le bizness »… Et après, quand on en a ramassé quelques-uns dans les filets, on teste une « nouvelle approche ».

L’expérience est faite actuellement à Nanterre. On y teste des ateliers pédagogiques où « la rupture de scolarité est perçue comme un symptôme et non pas comme une transgression à sanctionner ». En espérant sans doute l’arrivée d’une petite pilule qui réglerait la question. « On va penser le raccrochage en termes de parcours de soin et pas de parcours scolaire. On commence donc par un important travail de prise en charge psychologique. » « C’est là que réside l’innovation, dans cette coopération intime entre personnels soignants et personnels d’éducation. »

Très bien. Très louable. Admirable et tout et tout. Oublions là encore la question qui fâche : qui est-ce qui banque, l’Éducation nationale ou la Sécu ?

On avait prévu de « soigner » 60 décrocheurs à Nanterre, on en a traité une petite trentaine. Une goutte d’eau dans l’océan. Car les gens du CEREQ y insistent : « Une des clés pour lutter contre le décrochage, c’est d’arriver à impliquer les parents. C’est encore plus vrai avec ces publics… »

Et si on arrêtait la langue de bois ? Le décrochage scolaire touche à une majorité écrasante les enfants issus de l’immigration parce qu’ils ne maîtrisent souvent ni la langue, ni les codes, ni la culture d’ici. Et ce ne sont pas toutes les fumisteries du pédagogisme et du collège unique qui peuvent les en soDe quoi a-t-on peur : que cela finisse en statistiques ethniques ?

Le ministre de l’Éducation, Vincent Peillon, présentait mercredi les premiers résultats de son plan de lutte contre le décrochage scolaire, déclaré « priorité nationale absolue ». Il faut dire que nos voisins européens nous poussent aux fesses : la « Stratégie Europe 2020 » nous fait obligation de nous attaquer au problème.

140.000 jeunes quittent chaque année le système scolaire sans aucun diplôme – le chiffre est connu.

Le bilan du repêchage est enthousiasmant, dit le ministre : « Cette année,

23.000 jeunes âgés de 16 à 25 ans ont été “raccrochés” : 20.000 sont retournés en formation initiale et 3 000 effectuent un service civique. De plus, 11.000 jeunes bénéficient d’un “parcours de retour en formation” sous l’égide de la Mission de lutte contre le décrochage scolaire (MLDS) : préparation au baccalauréat, stages de remotivation pour un retour en formation ou accompagnement pour une réinsertion professionnelle. »

On est heureux, c’est vrai, si on peut remotiver et réinsérer des gamins qui n’ont jamais été ni motivés ni insérés. C’est bien. Toutefois, on se demande s’il n’y aurait pas quelque chose à repenser en amont pour éviter que 140 000 jeunes prennent tout savoir en grippe.

Ce que ne dit pas le ministre, c’est que sur ces 140.000 « décrocheurs », une multitude a quitté l’école bien avant de tenter le moindre diplôme. Le CEREQ (Centre d’études et de recherches sur les qualifications) nous apprend que ce sont « des jeunes âgés de 12 à 16 ans, [...] pour certains déscolarisés depuis plus d’un an, parfois depuis la fin du primaire ». En fait, on ne sait pas exactement combien ils sont car, voyez-vous, on n’a pas le droit de les répertorier. Lisez bien ce qui suit : « le Système interministériel d’échanges d’informations (SIEI), qui est censé suivre les décrocheurs, n’a pas le droit de ficher les moins de 16 ans – c’est-à-dire ceux qui sont d’âge scolaire obligatoire ! – suite à une recommandation de la CNIL ».

De quoi a-t-on peur : que cela finisse en statistiques ethniques ?

Bref, avant de repêcher les « perdus de vue » et les « incontrôlables », il faut déjà les trouver. On le fait « à partir des quartiers, des réseaux constitués avec les associations, de l’aide sociale à l’enfance, de la protection judiciaire de la jeunesse ». Ce qui veut dire que s’ils ne vont pas à l’école, ils sont déjà souvent dans « le bizness »… Et après, quand on en a ramassé quelques-uns dans les filets, on teste une « nouvelle approche ».

L’expérience est faite actuellement à Nanterre. On y teste des ateliers pédagogiques où « la rupture de scolarité est perçue comme un symptôme et non pas comme une transgression à sanctionner ». En espérant sans doute l’arrivée d’une petite pilule qui réglerait la question. « On va penser le raccrochage en termes de parcours de soin et pas de parcours scolaire. On commence donc par un important travail de prise en charge psychologique. » « C’est là que réside l’innovation, dans cette coopération intime entre personnels soignants et personnels d’éducation. »

Très bien. Très louable. Admirable et tout et tout. Oublions là encore la question qui fâche : qui est-ce qui banque, l’Éducation nationale ou la Sécu ?

On avait prévu de « soigner » 60 décrocheurs à Nanterre, on en a traité une petite trentaine. Une goutte d’eau dans l’océan. Car les gens du CEREQ y insistent : « Une des clés pour lutter contre le décrochage, c’est d’arriver à impliquer les parents. C’est encore plus vrai avec ces publics… »

Et si on arrêtait la langue de bois ? Le décrochage scolaire touche à une majorité écrasante les enfants issus de l’immigration parce qu’ils ne maîtrisent souvent ni la langue, ni les codes, ni la culture d’ici. Et ce ne sont pas toutes les fumisteries du pédagogisme et du collège unique qui peuvent les en so

Le ministre de l’Éducation, Vincent Peillon, présentait mercredi les premiers résultats de son plan de lutte contre le décrochage scolaire, déclaré« priorité nationale absolue ». Il faut dire que nos voisins européens nous poussent aux fesses : la « Stratégie Europe 2020 » nous fait obligation de nous attaquer au problème.

140.000 jeunes quittent chaque année le système scolaire sans aucun diplôme – le chiffre est connu.

Le bilan du repêchage est enthousiasmant, dit le ministre : « Cette année,
23.000 jeunes âgés de 16 à 25 ans ont été “raccrochés” : 20.000 sont retournés en formation initiale et 3 000 effectuent un service civique. De plus, 11.000 jeunes bénéficient d’un “parcours de retour en formation” sous l’égide de la Mission de lutte contre le décrochage scolaire (MLDS) : préparation au baccalauréat, stages de remotivation pour un retour en formation ou accompagnement pour une réinsertion professionnelle.
»

On est heureux, c’est vrai, si on peut remotiver et réinsérer des gamins qui n’ont jamais été ni motivés ni insérés. C’est bien. Toutefois, on se demande s’il n’y aurait pas quelque chose à repenser en amont pour éviter que 140 000 jeunes prennent tout savoir en grippe.

Ce que ne dit pas le ministre, c’est que sur ces 140.000 « décrocheurs », une multitude a quitté l’école bien avant de tenter le moindre diplôme. Le CEREQ (Centre d’études et de recherches sur les qualifications) nous apprend que ce sont « des jeunes âgés de 12 à 16 ans, [...] pour certains déscolarisés depuis plus d’un an, parfois depuis la fin du primaire ». En fait, on ne sait pas exactement combien ils sont car, voyez-vous, on n’a pas le droit de les répertorier. Lisez bien ce qui suit : « le Système interministériel d’échanges d’informations (SIEI), qui est censé suivre les décrocheurs, n’a pas le droit de ficher les moins de 16 ans – c’est-à-dire ceux qui sont d’âge scolaire obligatoire ! – suite à une recommandation de la CNIL ».

De quoi a-t-on peur : que cela finisse en statistiques ethniques ?

Bref, avant de repêcher les « perdus de vue » et les « incontrôlables », il faut déjà les trouver. On le fait « à partir des quartiers, des réseaux constitués avec les associations, de l’aide sociale à l’enfance, de la protection judiciaire de la jeunesse ». Ce qui veut dire que s’ils ne vont pas à l’école, ils sont déjà souvent dans « le bizness »… Et après, quand on en a ramassé quelques-uns dans les filets, on teste une « nouvelle approche ».

L’expérience est faite actuellement à Nanterre. On y teste des ateliers pédagogiques où « la rupture de scolarité est perçue comme un symptôme et non pas comme une transgression à sanctionner ». En espérant sans doute l’arrivée d’une petite pilule qui réglerait la question. « On va penser le raccrochage en termes de parcours de soin et pas de parcours scolaire. On commence donc par un important travail de prise en charge psychologique. » « C’est là que réside l’innovation, dans cette coopération intime entre personnels soignants et personnels d’éducation. »

Très bien. Très louable. Admirable et tout et tout. Oublions là encore la question qui fâche : qui est-ce qui banque, l’Éducation nationale ou la Sécu ?

On avait prévu de « soigner » 60 décrocheurs à Nanterre, on en a traité une petite trentaine. Une goutte d’eau dans l’océan. Car les gens du CEREQ y insistent : « Une des clés pour lutter contre le décrochage, c’est d’arriver à impliquer les parents. C’est encore plus vrai avec ces publics… »

Et si on arrêtait la langue de bois ? Le décrochage scolaire touche à une majorité écrasante les enfants issus de l’immigration parce qu’ils ne maîtrisent souvent ni la langue, ni les codes, ni la culture d’ici. Et ce ne sont pas toutes les fumisteries du pédagogisme et du collège unique qui peuvent les en so

Partager cet article

Repost 0

commentaires