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8 janvier 2014 3 08 /01 /janvier /2014 16:36

Affaire Dieudonné : le syndrôme de la droite complexée ?

Par Gant Erwan Renvic

BREIZATAO – KOMZOU DIEUB (08/01/2013) Alors que la mairie PS de Saint-Herblain vient d’annoncer ce midi qu’elle laissait au préfet de Loire-Atlantique le soin de prendre ou pas un arrêté d’interdiction contre la tenue du spectacle de Dieudonné, jeudi prochain au Zénith de Nantes (plus de 5000 personnes attendues), des membres éminents de l’UMP se démènent dans toute la France pour « montrer l’exemple » et interdire l’humoriste de représentation dans leurs municipalités.

Ainsi, Christian Estrosi à Nice, mais aussi Jean-Claude Gaudin, à Marseille ou encore Alain Juppé à Bordeaux ont déjà fait savoir qu’ils interdiraient le spectacle (Christian Estrosi ayant annoncé cette décision avant même toute programmation dans sa salle), s’exposant d’ailleurs à des poursuites et des sommes importantes à rembourser par la suite, aux frais du contribuable.

Au delà de ce spectacle et des propos tenus par Dieudonné (et entendus uniquement par ceux qui veulent bien aller le voir), ces réactions semblent être le symbole même du “complexe de droite” qui traverse les décennies.

Tout comme la récente sortie à ce propos de Jean-François Copé, cette montée au créneau de la part de membres éminents de l’UMP démontre clairement que derrière l’image d’une droite prétendue « forte » et « décomplexée » qui se lèverait pour faire barrage à la gauche lors des prochaines élections, se cache en réalité la même droite, celle qui a — à de très nombreuses reprises et notamment sous Nicolas Sarkozy — profondément déçu le peuple, à force de se renier constamment.

Qui pourrait oublier que c’est sous un gouvernement de droite qu’a été votée la loi Pleven qui sous prétexte de lutte contre le racisme a signifié la mise à mort de la liberté d’expression en France ? (Simplement reprise et amplifiée ensuite par les lois Gayssot et Taubira…).

Qui pourrait nier que la droite, lorsqu’elle est arrivée au pouvoir, porté par les aspirations d’une majorité de Français en matière de lutte contre l’insécurité, pour l’emploi, contre l’immigration et pour la préservation de son identité, a systématiquement trahi le peuple qui l’avait pourtant élu ?

Du regroupement familial à l’échec de l’immigration choisie, c’est la droite qui a contribué à mettre en place un système d’immigration qui a profondément changé le visage de la France ces trente dernières années.

Du PACS aux lois liberticides, c’est à nouveau la droite qui, accédant au pouvoir après une gouvernance de gauche, n’a jamais remis en question les lois votées par ces derniers (alors que la gauche au pouvoir ne s’est jamais privée de revenir sur des lois votées par la droite, et notamment depuis 2012).

Mais d’où vient ce complexe ? Serait-ce le résultat d’années passées au sein des « instituts de formation » des élites (ENA, Sciences-Po…) ?

Ou bien tout simplement l’appât du gain et du pouvoir au détriment des prises de risque politique et des grands projets pour la région, la nation, le continent?

Tout le monde a encore en tête la politique « d’ouverture » à gauche de l’ancien président Sarkozy, lui qui proclamait pourtant vouloir « en finir avec l’héritage de mai 68 » avant de donner dans la foulée des gages d’allégeance à la gauche en nommant Messieurs Kouchner, Hirsch et Besson dans son gouvernement.

Quelques rares personnalités (isolées) comme Marc Le Fur, Guillaume Peltier ou encore Patrick Buisson ont beau se proclamer de cette « droite décomplexée » que réclame une large majorité de Français depuis tant d’années, il n’en demeure pas moins que l’ensemble de l’appareil dirigeant de l’UMP semble contrôlé par des personnalités qui ne se démarquent finalement pas ou peu du Parti socialiste.

Car au final, quelle différence entre Nathalie Nathalie Kosciusko-Morizet, l’égérie des bobos de droite, et Anne Hidalgo, favorite des bobos de gauche ?

Entre Roselyne Bachelot et Najat Vallaud-Belkacem ?

Entre Alain Juppé et Bernard Kouchner ?

Entre François Fillon et Manuel Valls ?

En Bretagne, alors que la révolte antifiscale et régionaliste des Bonnets Rouges battait son plein et laissait espérer des changements à venir, il ne s’est trouvé là encore aucun leader (hormis Marc Le Fur, timidement) pour tenter de fédérer une vraie opposition “de droite” au règne du tout puissant Parti Socialiste, laissant à Christian Troadec le monopole du leadership de la révolte et le loisir de tirer à boulets rouges sur une partie des révoltés ne partageant pas ses convictions politiques d’homme de gauche.

Symbole même de cette droite frileuse et complexée source d’une énorme déception pour les électeurs : la droite bretonne, aujourd’hui emmenée au galop vers de prochaines défaites électorales locales et régionales par Bernadette Malgorn.

Refusant le combat (de nombreux fiefs dits “de gauche” ont été abandonnés par la droite lors des dernières échéances électorales locales) , refusant de prendre position sur de vrais problèmes de société, abandonnant la gestion des municipalités, des départements et des régions aux professionnels du PS, cette droite là ne pourra pas gagner sans un changement radical de sa pensée et de son action.

Alors que les leaders de l’UMP s’inquiètent de la montée du Front National sur sa droite (sujet visiblement plus préoccupant pour eux que celui du chômage, de l’immigration ou de l’insécurité…), alors qu’elle accuse la gauche de faire le jeu de ce même Front National, ne devraient-ils pas avant tout proposer un projet de société radicalement différent de celui mis en place par le PS depuis son arrivée au pouvoir ?

De la défense de la liberté d’expression au combat pour la préservation de la famille et de la sécurité de tous, mais aussi et surtout pour l’emploi et pour l’esprit d’entreprendre, en passant par le sursaut identitaire et par la construction d’une Europe fédérale libérée de sa technocratie, et préservée d’une immigration incontrôlée, le chantier qui est à mettre en place est titanesque, mais manifestement souhaité par une majorité de Français.

Une majorité qui, ayant toujours préféré l’original à la mauvaise copie, pourrait bien se tourner ou vers le Front National, ou de nouveau vers le Parti Socialiste (syndrome de Stockholm ?), et provoquer dans les urnes la débâcle d’une droite qui se proclame décomplexée, mais qui passe son temps, par la voix de ses leaders, à se renier en aboyant et en partageant la niche et la gamelle des chiens de garde du pouvoir en place.

Source et publication: http://breizatao.com/?p=16964

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