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18 décembre 2013 3 18 /12 /décembre /2013 08:50

fr - Publié le 17/12/2013 à 17:53 - Modifié le 18/12/2013 à 07:54

Le PS peut se targuer de détenir la mairie de Rennes depuis 36 ans.

Malgré un bilan correct, la crise et une UMP motivée peuvent-elles changer la donne ?

Par PIERRE-HENRI ALLAIN

À la une du Point.fr

Les chiffres et la sociologie d'une cité sont têtus, et le suspense risque d'être limité quant à l'issue des élections municipales à Rennes.

Voilà bientôt 36 ans que la gauche et le PS règnent quasiment sans partage sur la ville, et, à en juger par les derniers résultats électoraux, on voit mal comment on pourrait assister à un renversement de majorité.

En 2008, pour succéder aux cinq mandats successifs de l'ex-ministre de la Santé Edmond Hervé, Daniel Delaveau, son poulain désigné, a rassemblé 60 % des suffrages au second tour, mieux que son mentor en 2001.

À la dernière présidentielle, François Hollande a encore fait mieux avec 67 % des votes.

Autant de scores qui ouvrent une voie royale à Nathalie Appéré, première adjointe de Delaveau et nouvelle candidate du PS, le maire sortant ayant décidé de ne pas se représenter.

L'UMP veut y croire !

N'importe, le leader d'opposition Bruno Chavanat, passé il y a peu de l'UMP à l'UDI, veut y croire. "Il y aura match !" promet-il, pour mieux se persuader que la compétition n'est pas jouée d'avance. Sans doute a-t-il aussi quelques arguments à faire valoir pour tenter d'éviter le renouvellement de la majorité en place.

Plus de trois décennies, ça use et cela fige des modes de fonctionnement.

Et le leader de la droite, qui dénonce "une démocratie étouffée", entend bien appuyer sur ce point sensible. "Ce qui est propre à Rennes, c'est l'existence d'un plafond de verre au-dessus duquel le pouvoir politique n'est exercé que par ceux qui appartiennent déjà au système et s'y cooptent", écrit-il dans son livre pré-programmatique, Osons Rennes.

Ouvrage dans lequel il stigmatise la toute-puissance de la machine PS et évoque à demi-mot celle d'une administration immuable devenue une sorte d'État dans l'État.

Nul doute que l'urbanisation "uniforme et minérale" de Rennes, mise en avant par Bruno Chavanat, tout comme les problèmes de sécurité ou de circulation trouveront également des oreilles attentives à droite comme à gauche.

Mais, si l'on peut raisonnablement s'attendre à une érosion de l'assise électorale du PS, elle viendra aussi du climat de morosité générale et de défiance vis-à-vis du gouvernement.

Le mouvement des "bonnets rouges" est passé par là. Et, même s'il n'a guère eu d'échos dans la capitale régionale, il traduit aussi le désamour des Bretons à l'égard d'une majorité qu'ils ont largement contribué à porter au pouvoir.

Un bilan socialiste satisfaisant

Autre élément en faveur de Chavanat, il fait le plein des alliances de la droite "modérée", en réunissant l'UMP, le MoDem et l'UDI sur sa liste, tandis que Nathalie Appéré devra batailler au premier tour sur sa gauche avec une liste autonome et inédite EELV-Front de gauche. Il en faut plus toutefois pour entamer la confiance affichée de cette jeune femme de 37 ans, décrite par ses détracteurs comme "un pur produit du PS".

Déterminée, la députée socialiste peut s'appuyer sur un solide réseau de militants et d'associations tissé depuis plus de 30 ans, et sur un bilan qui compte à son actif quelques belles réussites, à commencer par le métro, dont le succès ne se dément pas.

Le futur centre de congrès, le centre EuroRennes pour accueillir la LGV (ligne à grande vitesse), la deuxième ligne de métro sont autant de dossiers lancés lors de l'actuel mandat qu'elle ne manquera pas de défendre, s'inscrivant dans la lignée de Daniel Delaveau.

Certes, beaucoup de Rennais ne comprennent pas très bien pourquoi, après avoir proclamé son opposition au cumul des mandats, Nathalie Appéré a annoncé qu'elle resterait finalement députée jusqu'en 2017 en cas d'élection.

Mais, à l'inverse de ses prédécesseurs, elle a au moins promis qu'elle ne serait pas à la fois maire de Rennes et présidente de Rennes Métropole, l'assemblée de l'agglomération. Reste une inconnue : le taux de participation, généralement bas à Rennes, entre 53 % et 54 % de votants aux second tour des dernières municipales.

Les abstentionnistes se décideront-ils à prendre le chemin des urnes ?

Une hypothèse qui pourrait éventuellement faire bouger les lignes mais qui, en ces temps de désenchantement, demeure plutôt improbable.

Source et publication:

http://www.lepoint.fr/politique/municipales-rennes-continuite-du-regne-ou-coup-d-etat-17-12-2013-1770887_20.php#xtor=EPR-6-[Newsletter-Matinale]-20131218

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