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12 décembre 2013 4 12 /12 /décembre /2013 13:19

)jeudi 12 décembre 2013 -

TRIBUNE LIBRE ET POINT DE VUE !

Nelson Mandela, dernier repos pour le héros des bobos

L’icône mythique mystifie

On dit de Nelson Mandela qu’il fut une icône de la lutte contre l’apartheid en Afrique du
Sud.

Nelson Mandela fut surtout le héros de la bourgeoisie et le dernier des égarés de l’Arche de Noé des Non-alignés, une assemblée de 120 pays compromis avec un bloc impérialiste ou avec un autre, tantôt regroupés sous la direction de l’Iran, de Cuba, de l’Indonésie « soekarniste », de l’Inde « ghandiste », de l’Ex-Yougoslavie « titiste » ou de la Chine « maoïste ».

Les média « mainstream » à la solde des riches pleurent le héros de la fin de l’Apartheid politique, mais l’Apartheid économique a-t-il été aboli au pays des Zoulo
us ?

Réconciliation nationale et pardon Arc-en-ciel ont été mis à l’honneur par les « bobos » mais qu’en est-il des ouvriers sud-africains parqués dans des townships délabrés ?

La misère mortifère se répand comme du chiendent

Depuis la soi-disant « libération » de l’apartheid en 1991, une majorité des 40 millions de noirs (75 % de la population du pays) vivent l’enfer sur
Terre.

Selon l’indice de développement humain (IDH) du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), en quinze ans l’Afrique du Sud a reculé de 35 places dans le classement (1990-2005), traduisant ainsi l’appauvrissement général de la population noir d’Afrique du Sud.

En dix ans le nombre de personnes vivant en dessous du seuil d’extrême pauvreté a doublé, passant de 1,9 à 4,2 millions, soit 8,8 % de la population. Près de 40 % des villes en Afrique du Sud sont composées de townships et cette ségrégation géographique des lieux de résidences entre les riches blancs et les pauvres noirs est très visible et elle est à l’origine des tensions entre les deux classes sociales antagonistes.

En Afrique du Sud les riches Afrikaners vivent reclus dans des maisons forteresses ou dans des quartiers fortifiés. Plus de 43 % de la population vit avec moins de 3000 rands (260 euros)/an.

Le chômage serait selon l’OIT à un taux officiel de 23,2 %, mais les syndicats l’estiment proche de 40 %. « La crise de l’emploi est définie selon des critères raciaux en raison du fait qu’en 2010, 29,80% des Noirs étaient officiellement au chômage, contre 22,30% de métis, 8,60% d’Asiatiques et seulement 5,10% de bl
ancs.

Environ 12 millions de personnes vivent avec moins de 0,25$ par jour, tandis que 16 millions de Sud-africains reçoivent des allocations sociales sur une population totale du pays de 50.59 millions d’habitants. » (1).

La sanctification conférée par Madiba

Le 30 juin 1991 l’oligarchie blanche minière et milliardaire de l’Afrique du Sud raciste acquérait ses lettres de noblesse internationales, lettres d’accréditation contresignées par le Président noir pacifiste, tenant du non-alignement, l’avocat Madiba-Mandela, le héros des « bobos » occidentaux (2).

En 1991, après la procession du pardon, les bourreaux racistes s’excusèrent d’avoir occis, ostracisé, opprimé et exploité leurs esclaves enferrés et les transformèrent en esclave
s salariés.

Le ferme propos de ne plus recommencer n’y étant pas, sitôt confessé et pardonné, les récidivistes milliardaires firent ce qu’il faut pour que la potiche Mandela ne dérange pas leurs plans de brigands.

L’exploitation des damnés des mines et des terres agricoles, dirigés par les hobereaux de couleur, allait se poursuivre implacablement. Rien n’avait changé au pays de la pauvreté non-partagé.

Mandela reçu mission de se promener à travers le monde sous les projecteurs télés payés par ses sponsors Afrikaners et de faire croire à la liberté recouvrée, tandis que les ouvriers Sud-africains geignaient et mouraient dans le fond des puits de minières des Afrikaners.

Terminé l’esclavage classique inefficace, désormais saluons l’esclavage salarié ! Un pays industriel techniquement évolué comme l’Afrique du Sud se devait de moderniser sa superstructure juridique, légale, gouvernementale, policière et m
ilitaire.

Même le réactionnaire ex-premier ministre canadien, collaborateur des minières sud-africaines, M. Brian Mulroney, exigeait un changement de tactique des riches Afrikaners dans l’exploitation de leur classe ouvrière nationale.

Le 30 juin 1991, les actionnaires et les banquiers capitalistes de Johannesburg, de Londres, de Rotterdam et de New York partageaient leur mainmise hégémonique sur le pouvoir politique en Afrique-du-Sud, à la condition que le pouvoir réel, économique, resta entièrement entre les mains des Afrikan
ers.

Ce jour-là, le grand capital international salua la naissance d’une bourgeoisie noire compradore, assoiffée de prébendes, qu’elle n’obtiendrait qu’en quantité mesurée en fonction des services rendus dans la sujétion de la plèbe ouvrière noire récalcitrante.

Les deux factions bourgeoises de l’apartheid économique (blanche internationale-Afrikaners, versus, noire sud-africaine-Mandeliste) obtenaient chacune une paix séparée qu’ils croyaient bien mér
itée.

Nelson Mandela et l’ANC s’engageaient à assurer cette paix des braves tant souhaité par Botha et De Klerk afin qu’ils puissent continuer d’exploiter le travail salarié et les minéraux si abondants sur ce sous-continent.

Aucune des nationalisations des terres, des mines, des usines, des banques promises par Mandela au peuple africain ne furent réalisées par le premier président noir d’Afrique du Sud, alors que la Charte de la Liberté adopté par l’ANC l’y obligeait.

« La richesse nationale de notre pays, le patrimoine et l’héritage des Sud-Africains, sera rendu au peuple : Les richesses minérales du sous-sol, les banques et les industries qui ont un monopole doivent être transférées à la propriété du peuple dans son ensemble et e
n entier.

Toutes les autres industries et commerces doivent être contrôlés par le gouvernement afin d’aider au bien-être du peuple. » (…) « Un des aspects les plus révélateurs de la transition économique a été la propriété de la Banque Centrale d’Afrique du Sud.

Sans aucun doute l’institution la plus puissante du pays. Vishnu Padayachee a rédigé un document sur les avantages et les inconvénients d’avoir une Banque Centrale autonome, gérée en totale autonomie par le gouvernement.

À l’époque, la Banque Centrale était une propriété privée appartenant aux Blancs et aujourd’hui elle l’est toujours. Elle compte quelque 650 actionnaires qui sont à 99% de riches Blancs. Pourquoi avoir laissé cette Banque Centrale aux mains des mêmes Blancs impérialistes qui profitaient de l’Apartheid en Afrique du Sud ? » (3)

La grande grève des caboots de 2012

Un article récent dévoile les règles de fonctionnement de l’apartheid-économique en Afrique du Sud soi-disant “libérée” : « Avec une énorme tristesse, je pleure avec vous la perte de tant de collègues » (sic) a déclaré le 23 août 2013 le président de Lonmin (monopole du pl
atine).

Ses « collègues » ce sont les 34 mineurs noirs en grève, mitraillés par la police post-apartheid à Marikana où Lonmin, société dont le siège social est à Londres, possède une grande mine de platine.

Les mineurs faisaient grève non seulement pour des salaires minimes, mais contre un intolérable système d’exploitation. » (4)



Le 16 août 2012, 34 mineurs désarmés, en grève spontanée, ont été assassinés par la police raciste de l’Afrique du Sud.

Plus de 78 autres ouvriers ont été blessés, la police tirant à l’arme automatique dans le dos de ceux qui fuyaient ce carnage d’africains au pays de Mandela l’Africain.

Où était le père de la Nation Arc-en-ciel pendant cette sauvage tuerie ?

À ce jour, aucun des policiers criminels n’a été incarcéré. (5)

Quatre jours plus tard, la multinationale assassine Lonmin – où siègent les amis de Nelson Mandela et de son remplaçant adoubé, le prévaricateur Jacob Zuma, président de l’Africain National Congres (ANC) –, annonçait qu’« à Marikana, la situation est calme et qu’un tiers des vingt-huit mille mineurs avait repris le travail » d’esclaves salariés.

En 2012, la grève des 30 000 mineurs sud-africains fut la conséquence directe de la trahison
de 1991.

Ce ne sont pas les héritiers de Mandela qui trahirent l’icône suprême, mais Madiba lui-même qui renia ses promesses faites aux ouvriers et qui teint les promesses faites à ses geôliers contre sa libération.

Pour cette raison tous les polissons capitalistes de ce monde sont réunis pour commémorer le respect de Mandela pour la parole donnée.

Les Bobos quant à eux continuent de jouer les thuriféraires et d’encenser le mythe de la fin de l’apartheid en République d’Afrique du Sud ségréguée. (6)

Cette grève brisa le mirage de la Nation Arc-en-ciel et de la paix sociale entre les capitalistes monopolistes Afrikaners ; les bourgeois-noirs nationalistes chauvins complices – et les prolétaires noirs exploités – le sel de la Te
rre.

Cette grève de 2012 fut exemplaire à plus d’un titre : d’abord parce qu’illégale, ce qui signifie qu’une fraction de la classe ouvrière a enfin renoué avec ses traditions de défi et de déni du droit bourgeois qui cherche à restreindre ses luttes dans les limites étroites du droit des riches tels qu’enseigné par Mandela.

Cette grève de 2012 était organisée par une union syndicale non reconnue par l’État bourgeois de Mandela, en opposition avec les syndicats de collaboration de classe accrédités par l’ANC de Madiba. L’ANC subventionnée est bien accrochée au rafiot de l’État d’apartheid économi
que.

Quelques mois après cette première vague de grèves sauvages certains chefs syndicaux de cette centrale syndicale illégale ont été assassinés par des nervis, dont on ne sait pas encore s’ils ont été recrutés par l’ANC ou soudoyés par le cartel des mines (7).

L’effondrement des illusions nationalistes chauvines

L’amère réalité économique et politique contemporaine nous révèle que sous l’impérialisme moderne il n’existe aucune possibilité de créer un État bourgeois capitaliste qui ne soit pas inféodé à un bloc impérialiste ou à un autre (USA-OTAN ou Chine-BRICS). La seule alternative étant d’ériger le socialisme, ce que Mandela a récusé.

Peuples et ouvriers ne comptez surtout pas sur la petite-bourgeoise hésitante, branlante et inconstante, qui pleure aujourd’hui son idole non-aligné, pour diriger jusqu’au bout une lutte d’indépendance véritable en Afrique du Sud, au Canada, en France ou ailleurs dans le monde, sachant que la seule indépendance véritable est celle vis-à-vis de l’impérialisme international et non pas la « libération » d’une faction d’exploiteurs pour se mettre sous le joug d’une autre clique de spoliateurs. Partout dans le monde la bourgeoisie nationaliste choisit de se vendre aux plus offrants à titre de garde-chiourme de l’im
périalisme.

En cela Mandela fut le dernier des échoués de l’Arche de Noé des non-alignés après tant d’autres icônes mythifiées.

La classe ouvrière a du pain sur la planche comme vous pouvez le consta
ter !


parRobert Bibeau(son si
te)

source : http://www.agoravox.fr/actualites/international/article/nelson-mandela-dernier-repos-pour-144955

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