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28 décembre 2013 6 28 /12 /décembre /2013 10:33

Le 28 décembre 2013

Par Georges Michel

Colonel en retraite

D’abord, qu’est-ce qu’un discours populiste ? Difficile de donner une définition précise, l’expression étant subjective, péjorative même.

Le 11 décembre dernier, le Conseil permanent de la Conférence des évêques de France signait une déclaration intitulée « Les élections municipales : une chance pour le bien commun ».

Le journaliste du Figaro Jean-Marie Guénois a résumé ce texte par un titre choc : « La Conférence des évêques de France s’engage contre l’extrême droite ».

Un titre choc, peut-être pour lutter contre la tentation chez les gens comme il faut de frayer avec la « bête immonde » et les encourager à rester fidèles aux partis comme il faut, à droite de l’échiquier politique s’entend ?

Un titre choc pour résumer un texte qui, convenons-en aussi, ne brille pas par sa clarté…

Ce définitif et saisissant raccourci s’appuie principalement sur une phrase de cette déclaration, sans aucune valeur canonique, rappelons-le au passage.

Je la cite : « Nous condamnons les discours populistes répandant la suspicion contre toute représentation politique. » Phrase ambiguë qui offre toutes les interprétations possibles, la preuve en est, aux exégètes bien-pensants.

Faisons comme M. Guénois, interprétons – en l’occurrence son interprétation : Nosseigneurs les évêques auraient quasiment excommunié – nommons la « chose » – le Front national (l’extrême droite pour reprendre l’appellation contrôlée) et ses électeurs sont menacés de la même sanction. Si, si, c’est presque écrit, lisez entre les lignes, que diable !

Ne lisons pas entre les lignes mais plutôt mot à mot.

D’abord, qu’est-ce qu’un discours populiste ? Difficile de donner une définition précise, l’expression étant subjective, péjorative même.

Serait populiste tout discours qui oppose peuple et élites.

Est-ce populiste, alors, que de proclamer, par exemple, que le peuple est souverain dans une nation comme la nôtre, que lui seul peut décider de son destin ?

Est-ce populiste, encore, que de dire que notre pays ne peut accueillir toute la misère du monde au risque d’accroître un peu plus la misère ?

Populiste ou réaliste ?

J’observe, par ailleurs, que si l’on peut trouver de la suspicion dans le discours du FN, ce n’est pas sur toute représentation politique mais sur certains représentants politiques, ce qui n’est pas pareil.

Du reste, cette suspicion est trop souvent corroborée par les faits : condamnations pénales frappant des élus socialistes de Marseille à Hénin-Beaumont, mensonge devant la représentation nationale.

Triste litanie en 2013 qui répand la suspicion !

J’observe enfin que le Front national se soumet comme n’importe quel autre parti aux règles de la représentation politique de ce pays.

Sa loyauté dans le débat politique est d’autant plus remarquable que le système actuel permet à 2 % des électeurs d’être représentés à l’Assemblée par 17 députés, et à 20 % des électeurs de ne l’être que par 2 députés.

Pour terminer, notons que M. Guénois ne semble pas avoir envisagé un instant que le populisme pouvait être aussi un peu de gauche.

Une omission sans doute involontaire que Nosseigneurs les évêques de France lui pardonneront, j’ose espérer.

Source : http://www.bvoltaire.fr/georgesmichel/condamnation-du-populisme-par-les-eveques-de-france-et-le-figaro,45725?utm_source=La+Gazette+de+Boulevard+Voltaire&utm_campaign=39e42d306e-RSS_EMAIL_CAMPAIGN&utm_medium=email&utm_term=0_71d6b02183-39e42d306e-30403221

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commentaires

Un chrétien 04/01/2014 23:00

Très bon article, que j'ai reproduit aussi sur mon blog. On dirait que les opinions contraires s'affrontent au sein de la CEF! Certains évêques étaient dans les manifs contre la dénaturation du mariage en 2013, d'autres n'y ont pas mis les pieds. Cette petite phrase sur le populisme a dû être chaudement pesé, comme un compromis accordé aux évêques les plus compromis dans l'Établissement.