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20 décembre 2013 5 20 /12 /décembre /2013 10:03

Quand l’électorat musulman de François Hollande se rebiffe…

Eli Veugnol

Ecrivain

La cuisine politicienne transpire trop dans l’auberge espagnole de la pensée socialiste, et les musulmans se font moins dupes.

Tout avait pourtant bien commencé : quelques effets de manche sur la diversité, quelques moulinets sur la France apaisée, et François Hollande se mettait l’électorat musulman dans la poche.

En mai 2012, deux millions de citoyens votaient ainsi à 93 % pour sa petite personne.

Le rêve de la fondation Terra Nova réalisé, de voir le PS capter l’électeur d’origine africaine en lieu et place de l’ouvrier.

Pourtant, à y regarder de plus près, qu’avait promis le candidat aux musulmans ? Bof, pas grand-chose.

Et que leur a-t-il donné depuis dix-huit mois ? Des lois sociétales.

D’abord, l’IVG anonyme pour les mineures, parce que c’est vrai, avorter, pour une gamine de 13 ans, c’est comme se faire enlever les dents de sagesse, tandis que vous, parents, jamais il ne vous viendrait à l’idée de soutenir votre fille dans l’épreuve.

Ensuite, la loi Taubira, avec la remise en cause de la filiation biologique.

Puis, pendant l’été, l’autorisation de la recherche sur les embryons.

Demain, la loi famille, saison II de la loi Taubira, et après-demain, sans doute, une large brèche dans l’interdit de l’euthanasie.

Alors là, un doute me traverse : le citoyen musulman aurait-il voté pour ça ? Forcément, obéir aux injonctions des lobbies libéraux-libertaires d’une part, et se poser en héraut de la communauté musulmane de l’autre, ça oblige à un petit grand écart.

Et notre bon Président a beau être souple comme une anguille, la déchirure périnéale le guette.

Le bon musulman de la rue, lui, commence à se demander s’il ne s’est pas fait pigeonner…

La Manif pour tous a favorisé cette prise de conscience.

Derrière les figures de proue, tel Camel Bechikh de Fils de France, nombreux anonymes se sont levés.

Ainsi de Dalila Safouane, qui élève seule ses trois adolescents, et sait désormais ce qu’elle doit à François Hollande : membre du collectif des Mères Veilleuses, elle était traitée au moins de juin de connasse et de facho (sic) par un homme plein de panache, et menacée au couteau sur la grand-place de Lille.

Le parquet, qui s’était d’abord voulu clément, s’est ravisé, et l’agresseur a finalement écopé le 17 décembre de trois mois de prison avec sursis, et 500 euros d’amende pour violence avec arme.

Toutes ces lois sociétales, pourtant, demeuraient encore lointaines pour une grande partie de la communauté, certains les considérant même comme affaires de Français de souche, bien secondaires à la loi divine.

Mais les choses changent, car l’État a probablement commis la faute de trop : toucher à leurs enfants, par l’introduction dès l’école primaire, voire la crèche, de l’idéologie du genre, cette « déconstruction 1 de la complémentarité des sexes » portée par une ministre qui laisse à beaucoup un petit arrière-goût de trahison : Najat Vallaud-Belkacem.

Des imams évoquent maintenant cette doctrine destructrice à la mosquée, des voix fortes la fustigent, comme celle de Farida Belghoul, qui cofondait il y a trente ans SOS Racisme avec Julien Dray, Harlem Désir et consorts…

Beaucoup de musulmans commencent ainsi à se sentir dépossédés par une Éducation nationale devenue inquiétante, et on le comprend quand on lit les mots orwelliens de Vincent Peillon : « L’école doit opérer ce miracle de l’engendrement par lequel l’enfant, dépouillé de toutes ses attaches pré-républicaines, va s’élever jusqu’à devenir le citoyen [...] C’est bien une nouvelle naissance, une transsubstantiation qui opère, dans l’école et par l’école, cette nouvelle Église, avec son nouveau clergé, sa nouvelle liturgie, ses nouvelles tables de la Loi. »

Sur ce sujet, on ne trouve d’ailleurs pas l’épaisseur d’une feuille de papier bible entre les grandes religions, mais également avec bon nombre d’agnostiques ou d’athées estimant que l’école doit enseigner, et les parents éduquer.

Au fond, c’est moins la guerre des religions qui couve en France que l’alliance des religions et des philosophies contre une République non plus laïque, mais déicide.

Tâchant peut-être de rattraper l’électorat musulman par la manche, Matignon n’a pas hésité à publier sur son site un rapport promettant une officialisation du multiculturalisme en France.

Mais la cuisine politicienne transpire trop dans l’auberge espagnole de la pensée socialiste, et les musulmans se font moins dupes. Malika Sorel-Sutter, membre du Haut Conseil à l’intégration, a ainsi été la plus virulente avec le texte, dénonçant une rupture pleinement assumée avec l’héritage du peuple français, et la police de la pensée l’accompagnant.

Quant à Farida Belghoul, elle n’a aujourd’hui pas de mots assez durs pour critiquer la posture antiraciste, qui a enfermé toute une partie de la population dans une position de victime, compliquant d’autant sa bonne intégration.

Gageons qu’on n’y prendra pas les musulmans deux fois.

  1. Déconstruction = novlangue, synonyme de destruction.

Source et publication: http://www.bvoltaire.fr/eliveugnol/quand-lelectorat-musulman-de-francois-hollande-se-rebiffe,44883?utm_source=La+Gazette+de+Boulevard+Voltaire&utm_campaign=7317f097f4-RSS_EMAIL_CAMPAIGN&utm_medium=email&utm_term=0_71d6b02183-7317f097f4-30403221

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commentaires

mine 29/03/2014 20:10

Dès la maternelle :

http://www.snuipp.fr/Parler-d-homoparentalite-et