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15 décembre 2013 7 15 /12 /décembre /2013 15:21

En Centrafrique, les chrétiens ne veulent plus tendre l’autre joue aux musulmans

Publié le 14 décembre 2013 par Huineng - Article du nº 333

Depuis la prise du pouvoir par la Seleka 24 mars 2013, la population centrafricaine a subi les exactions de l’ex-rébellion, composée, en majorité, de musulmans originaires du nord de la Centrafrique et de mercenaires tchadiens et soudanais.

Maintenant, suite à l’intervention des militaires français, parmi la population, des chrétiens ont à leur tour pris les armes, d’abord contre les membres de la Séléka, puis contre les civils musulmans, assimilés aux ex-rebelles, en guise de représailles, par voie de conséquences.

Les Seleka, anciens rebelles en majorité musulmans qui avaient confisqué le pouvoir en mars dernier, ne sont plus autorisés à circuler dans les rues avec leurs Kalachnikov ou leurs mitrailleuses et restent cantonnés dans des casernes.

Mais ils cherchent encore à tester les escouades françaises : « On les a encore vus ce matin. Ils viennent nous tester et observer si nous montrons de l’assurance ou de la fébrilité. » dit un jeune capitaine.

Ici, le déploiement de l’armée française est interprété par certains comme le prélude à la chute d’un pouvoir honni. « Ça tarde et les gens meurent. Si l’armée française ne veut pas le faire, nous le ferons nous-mêmes. Ils ont tué – sous-entendu les ex-rebelles musulmans -nos parents comme des animaux alors comment ne pas réagir», dit un policier préférant garder l’anonymat.

La parole qui se libère sur fond de souffrances fait parfois froid dans le dos.

Lydie, une fonctionnaire de haut rang rabaissée au rang de réfugiée dans son propre pays, laisse éclater sa colère et celle-ci vise tous les musulmans. « Ils ne sont pas sociables.

Même les enfants amènent des grenades à l’école. Ils veulent exterminer les autochtones que nous sommes.

On ne peut pas accepter de vivre avec ces gens qui ont un mauvais esprit. Ils n’ont qu’à partir »

Autour de cette dame bien éduquée, plusieurs hommes acquiescent et promettent un « match retour ».

Debout, de l’autre côté de la barrière qui marque l’entrée de Bangui, Mustapha attend, avec ses baluchons, posés sur l’asphalte, une hypothétique escorte.

Ce jeune commerçant musulman a quitté sa région frontalière avec le Cameroun pour venir se réfugier dans la capitale centrafricaine. « Là-bas, les gens sont en débandade« , dit-il.

« Les anti-Balaka - milices villageoises d’autodéfense, chrétiennes ou animistes - nous attaquent. Ils s’en prennent surtout aux Peuls« .

A Bangui, la vie a repris. Les habitants sont de nouveau sortis. « Les gens ont faim. Ils sortent pour se ravitailler », indique un représentant de la communauté musulmane.

Dans l’après-midi, dans le quartier Combattants, près de l’aéroport, quelques passants fouillaient encore dans les décombres des boutiques des commerçants musulmans, pillées la veille.

Les mosquées de Fou, Boy-Rab et Combattants – drôle de nom pour une mosquée – ont été saccagées.

Mercredi, un homme a été arrêté par des militaires français alors qu’il menaçait de faire exploser une grenade dans la foule. Comme en Irak ou en Syrie. Tiens Tiens !!

Pour arriver jusqu’à un quartier musulman appelé « PK12″, un jeune musulman a marché, pris des motos brousses, voyagé à l’arrière de camions surchargés.

Il doit rejoindre le quartier du « Kilomètre 5″, un bastion musulman, où une partie de sa famille habite. « Mais je n’ai pas confiance dans les taxis. Et on me dit que sur le chemin, on nous traque« .

Il se dit « déçu » par son pays, mais par contre bouche cousue pour rappeler que ce sont les ex-seleka en majorité musulmans – je le rappelle- qui ont semé la terreur depuis leur prise du pouvoir en mars 2013.

Dans ces cas-là, on connait, c’est toujours la même rhétorique opportuniste du fait que les musulmans n’ont plus le dessus « Chrétiens et musulmans ont toujours vécu ensemble.

Les politiciens manipulent la jeunesse pour s’entretuer et les principales victimes sont les femmes, les enfants et les vieillards. ».

Depuis deux jours un adjudant-chef français et ses hommes fouillent véhicules et passants.

Ils confisquent toutes les armes qu’ils trouvent et viennent de saisir un RPG. « On a aperçu des gens qui se déplaçaient en armes, poursuit l’officier, près de son blindé, devant une station Total vandalisée.

Comme notre dispositif est bien étanche, ils passaient derrière dans la brousse.

Quand on est intervenu, ils ont pris peur et ont lâché ce lance roquettes.

» Lance-roquettes donc probablement de gentils musulmans pacifistes.

Des hurlements fusent au milieu des étals.

Une foule court vers la patrouille française en poussant un garçon.

« Attention, il a des grenades ! » Un soldat arrive, le met en joue, lui ordonne de poser sur le sol ses deux engins explosifs à peine plus gros que des citrons verts, puis l’oblige à retirer son tee-shirt et son pantalon, le couche sur le bitume et finit par le conduire au poste de la gendarmerie. « C’est un Seleka ! Tue-le ! », crient les badauds.

« Il était dans le marché. Il voulait acheter quelque chose. Les gens ont vu qu’il avait une grenade à sa ceinture. Ils l’ont bloqué et amené ici. Avant, c’était un Seleka. On en est sûr. On le voyait passer en tenue« , raconte un jeune homme sans doute chrétien car il a comme seule défense un crucifix sur la poitrine.

« Ce sont des terroristes ! Des Al-Qaïda ! On va les chasser de Centrafrique s’écrie un autre.

« On va égorger les musulmans. C’est moi le tueur ! », prévient un troisième.

L’adjudant-chef demande à tout le monde de se mettre à couvert. « Une attaque Seleka est imminente ! », lance-t-il. « On a aperçu deux personnes armées, derrière à moins de 50 mètres ». Mais rien ne se passe.

Selon lui, l’homme arrêté avec ses deux grenades « avait l’intention de se faire sauter au milieu du dispositif ».

Le premier kamikaze de cette opération militaire, en somme. Son supérieur se montre plus prudent : « On ne sait pas si c’était contre nous ou contre la population ». Ou, peut être, simplement voulait-il se protéger de ses coreligionnaires ?

« Il faut que tous les Tchadiens partent ! », « On ne veut plus d’eux dans le pays ! »,

« Dehors les Tchadiens, traîtres, lâches, chiens ! ».

Dans les rues de Bangui la capitale centrafricaine, les habitants ne cachent pas leur hostilité au passage des soldats tchadiens de la force africaine.

Ces soldats tchadiens sont pourtant membres de la Misca, la Mission internationale de soutien à la Centrafrique.

Mais les Tchadiens, qui viennent d’un pays majoritairement musulman, ne sont pas les bienvenus en République centrafricaine.

Le père de Nicolas Vokaer, un des deux soldats français tués, a expliqué au «Parisien» que son fils avait été témoin de scènes de lynchage de miliciens musulmans désarmés par les militaires français : «Dès que les soldats français désarmaient des miliciens musulmans, ils les voyaient se faire lyncher par une foule de chrétiens, en pleine rue. Et l’armée ne pouvait rien faire pour empêcher ça.»

« Si les Français restent, ce sera le génocide« , lance, furieux, le commandant Adam Ali Mahamat, un ex-rebelle de la Séléka au camp Beal, le siège du ministère centrafricain de la Défense à Bangui.

» S’ils (les chrétiens) ne veulent pas de nous, alors on devrait peut-être tout simplement diviser le pays: ils prennent un côté, nous prenons l’autre« , lance un habitant un dénommé Aboubacar.

» Pour lui « La France est en train de commettre une grande erreur. Ils disent qu’ils sont là pour protéger les civils. Mais, un Séléka désarmé devient un civil. C’est un citoyen, pourquoi ne les protègent-t-ils pas? C’est injuste. L’armée française a pris la voie des chrétiens et laisse les musulmans en chemin. Elle n’est pas impartiale« .

La mort du général « séléka » Mahamat Saleh Mahamat, tué par les soldats français, est encore dans tous les esprits.

Chez Bakari Zacharia, général de confession musulmane, le discours est le même: « Les Français sont venus pour la paix pas pour nous combattre. Si on désarme les musulmans, il faut les protéger ». »Nous sommes prêts à combattre« ,.

« C’est un pays laïc depuis Boganda (Barthélémy, père fondateur de la République centrafricaine).

Quand les chrétiens gouvernaient, on a accepté. Pourquoi eux n’acceptent pas qu’on soit aux affaires? ». »

Les anti-balakas sont des hommes de Bozizé qui cherche à reprendre le pouvoir.

Ils tuent des innocents, détruisent les mosquées. Nous resterons pour défendre le quartier et on se battra jusqu’au dernier homme.

« Si ça continue ce sera la guerre« , ajoute un musulman très pieux.

Sans commentaires…..

Source : Huineng http://ripostelaique.com/en-centrafrique-les-chretiens-ne-veulent-plus-tendre-lautre-joue-aux-musulmans.html

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