Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
18 décembre 2013 3 18 /12 /décembre /2013 12:57

REVUE DE PRESSE

BRETAGNE

Jeunes migrants. Le dispositif d'accueil en Bretagne

18 décembre 2013 à 07h25 -

Depuis juin, tous les départements sont obligés d'accueillir des mineurs isolés étrangers.

Un devoir légitimement assumé mais aussi une lourde charge pour des collectivités qui aimeraient que l'État mette davantage la main au porte-monnaie.

D'autant plus que le phénomène s'amplifie.

Jusqu'alors, les mineurs isolés étrangers étaient automatiquement accueillis dans les départements où ils posaient leur sac. En Bretagne, l'Ille-et-Vilaine était leur terre d'accueil privilégiée, figurant en troisième position derrière Paris et la Seine-Saint-Denis.

Aujourd'hui, 450 jeunes y sont pris en charge sur 550 dans la région, majoritairement des garçons âgés de 15 à 16 ans. Ils n'étaient que cinq en 2000...

Cette très forte augmentation a conduit à la signature d'un protocole avec la garde des Sceaux afin de répartir la charge entre les départements.

Bien au-delàdes quotas

Depuis juin, un quota d'accueil est fixé en fonction de la population des moins de 19 ans (*). Soit 57 jeunes pour l'Ille-et-Vilaine (203 en 2012), 21 pour le Finistère et 17 pour le
Morbihan.

Une mission dont s'acquittent les départements bretons avec rigueur. « C'est normal car ces jeunes relèvent de la protection de l'enfance en danger », soulignent les présidents des conseils généraux.

De fait, la prise en charge est assumée au-delà des stricts quotas.

C'est le cas dans les Côtes-d'Armor, où les 13 places d'accueil ont été multipliées par deux face à l'ampleur de la demande.

60.000 euros par anpar jeune

Toutefois, cette prise en charge a un coût : de 50.000 à 60.000 euros par an et par jeune. Ce qui, compte tenu du fait qu'ils sont accompagnés pendant deux ou trois ans en moyenne, aboutit à des sommes ro
ndelettes.

Ainsi, dans le Finistère, dans les années à venir, il faudra compter avec un flux continu de 150 jeunes, souligne Pierre Maille, président du conseil général. L'Ille-et-Vilaine, elle, consacre 15 millions d'euros par an sur les 120 millions de son budget dédié à l'enfance.

Mais pas question de stigmatiser ces mineurs, soulignent, avec précaution, les élus. « Ce ne sont pas des délinquants mais des jeunes qui quittent leur pays en espérant venir gagner de l'argent pour l'expédier à leur famille, souligne Claudy Lebreton, président du conseil général des Côtes-d'Armor et de l'Assemblée des départements deFrance.

Nous devons d'autant plus les accueillir que nous avons un devoir par rapport à des territoires dont, par le passé, nous avons exploité les richesses. »

À l'État de payer ?

Pour autant, les cordons de la bourse se resserrant de jour en jour, les départements demandent à l'État d'assumer plus largement sa part de responsabilité et ce, bien au-delà des cinq premiers jours consacrés à l'évaluation de la situation de ces jeunes. Ils estiment que si les intéressés dépendent de l'enfance en danger, leur accueil relève aussi de la politique nationale, voire européenne, d'imm
igration.

Le président du conseil général d'Ille-et-Vilaine, Jean-Louis Tourenne, a été missionné par l'Assemblée des départements de France pour rendre un rapport, lequel aurait reçu « une écoute attentive » du gouvernement.

Quoi qu'il en soit, les départements estiment qu'ils n'ont, à eux seuls, ni la vocation, ni le pouvoir de résoudre toute la misère du monde. Sachant que la solution réside dans une aide accrue au développement et une meilleure répartition des richesses de ce monde.

Pas vraiment dans l'air du temps.

En attendant, l'urgence commande de ne pas laisser tous ces jeunes à la rue...

* Les quotas ont été définis sur la base de 1.500 arrivants par an. Ils sont en réalité 4.0
00.

De l'hébergement à la formation une prise en charge complète

Une fois leur statut reconnu, les mineurs étrangers isolés sont confiés à des associations ou centres spécialisés qui se chargent de leur hébergement, des questions de transport et de santé, mais aussi de l'apprentissage de la langue et de l'initiation à la culture française, voire de la formation scolaire ou professionnelle.

Il en est ainsi de l'association des Orphelins d'Auteuil dans le Morbihan - « C'est leur métier, et ils le font bien.

C'est une garantie », précise François Goulard, président du conseil général du Morbihan - ou de l'institut Don Bosco dans le Finistère.

Dans les Côtes-d'Armor, le Centre départemental de l'enfance s'occupe de ces jeunes, en lien avec des associations, mais aussi des hôtels ou foyers s'agissant de l'hébergement.

En Ille-et-Vilaine, le dispositif repose également sur le Centre de protection de l'enfance et diverses associations.

ailleurs, des conventions ont été passées avec le centre hospitalier de Pontchaillou et une association de droit au séjour.

Ce cursus peut éventuellement mener à une régularisation de leur situation. « On prévient les jeunes que cela n'a rien d'automatique, confie Pierre Maille, le président du conseil général du Finistère.

Le problème est que, juridiquement, on est dans le flou, dans l'après 18 ans.

Le risque est de ne plus avoir de contacts avec ces jeunes et qu'ils se retrouvent en situation irrégulière ».

Jusqu'au diplôme

En Ille-et-Vilaine, qui possède désormais une bonne expérience, on précise que « l'accompagnement a pour objectif de préparer les jeunes à aborder leur sortie du dispositif ». Certains continuent d'être suivis, une fois
majeurs.

À l'instar des Côtes-d'Armor, qui ont décidé de prendre en charge des mineurs étrangers isolés devenus majeurs si ces derniers ont intégré le dispositif avant leurs 17 ans et sont inscrits dans un parcours de formation.

Dans ce département, 18 jeunes majeurs étrangers isolés accompagnés sont sortis du dispositif durant l'été 2013 après avoir achevé leur parcours de formation, dont 17 par l'obtention d'un CAP et un d'un Bac professionnel.

http://www.letelegramme.fr/ig/generales/fait-du-jour/migrants-des-jeunes-a-accueillir-18-12-2013-2341949.php

Partager cet article

Repost 0

commentaires