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5 décembre 2013 4 05 /12 /décembre /2013 19:31

jeudi 5 décembre 2013

La Banque de France contre le bitcoin : un combat perdu d’avance !

J’ai expliqué dans mon ebook pourquoi les banques centrales ne pouvaient pas se réjouir de l’apparition du bitcoin, cette monnaie qui leur échappe totalement et qui est immunisée contre l’inflation.

Mais la Banque de France, dans une note du 5 décembre, cherche carrément à en dissuader les utilisateurs, avec des arguments stupides, passons-les en revue. Il est vrai que l’inquiétude monte dans l’auguste institution, et elle l’exprime dès le début de sa note en reconnaissant "les annonces récentes d’acceptation de ces monnaies virtuelles par des commerçants".

Eh oui, le bitcoin commence à concurrencer l’euro, il est temps de réagir !

Premier reproche formulé par la Banque de France : "le bitcoin est une monnaie non régulée".

C’est vrai que l’euro, lui, il est régulé, un peu trop même, avec une monétisation, aussi appelée planche à billets, gigantesque (le bilan de la BCE représente un tiers du PIB de la zone euro) et un taux directeur à 0,25%, tout deux porteurs de risque inflationniste et, d’ors et déjà, de bulles sur certains actifs et sur les places boursières.

Le bitcoin n’est régulé par personne, comme l’or duquel on peut le rapprocher, c’est justement pour cela qu’on peut avoir confiance en lui.

La note indique ensuite que "le bitcoin ne peut pas être qualifié de monnaie ayant cours légal dans la mesure où il est possible de le refuser en paiement".

Tout à fait, c’est une monnaie complémentaire, elle n’est utilisée que si les cocontractants le souhaitent. Mais justement, il y en a de plus en plus !

Autre reproche : "le bitcoin n’est pas assorti d’une garantie légale de remboursement à tout moment et à la valeur nominale". Parce que l’euro, lui, l’est ?

A l’époque de l’étalon-or, les billets de banque étaient échangeables contre de l’or, maintenant c’est de la monnaie-papier dans laquelle nous sommes sensés avoir confiance.

Le bitcoin est une monnaie en soi, qui se porte plutôt bien, et ses utilisateurs ne ressentent pas le besoin de l’échanger contre des euros, au contraire.

"Une conception qui alimente la spéculation" accuse ensuite la note, du fait de la limitation à 21 millions de bitcoins en circulation.

Non Messieurs de la Banque de France, révisez vos classiques, c’est comme accuser l’or d’être intrinsèquement spéculatif du fait qu’il existe en quantité limitée, au contraire c’est une caractéristique de base d’une bonne monnaie : cela empêche la planche à billets, c'est-à-dire l’inflation.

La dimension spéculative et volatile du bitcoin, qui est réelle, vient du fait que de plus en plus de personnes à travers le monde le découvrent et veulent en acquérir ; et s’il y a un tel mouvement, c’est justement parce que la confiance envers les monnaies-papier s’affaisse !

Moment d’anthologie de la note, à propos des sites qui permettent d’acheter et de vendre des bitcoins contre des euros : "La valeur des bitcoins sur ces plates-formes d’échange n’est pas garantie et résulte exclusivement de la confrontation de l’offre et la demande."

Sans blague ! Aucune autorité ne fixe le cours du bitcoin et c’est le marché qui décide, quelle horreur !

Ca s’appelle la liberté, et c’est ce qui fonctionne le mieux en économie, mais bon, c’est juste une remarque en passant.

Autre reproche : "Par son caractère anonyme, le bitcoin favorise le contournement des règles relatives à la lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme."

Critique récurrente contre le bitcoin, mais la disparition de Silk Road (premier site de vente de drogue et acceptant le bitcoin) le 3 octobre n’a entraîné aucune baisse de son cours, preuve que les trafics illicites sont marginaux.

Et les intermédiaires (places de marché, systèmes de paiement via bitcoin) sont légalement tenus de contrôler les mouvements de leurs clients, et c’est tout à fait normal (la fin de la note revient sur ce point).

Ensuite la Banque de France donne ses conseils : "Même si le bitcoin ne remplit pas à ce jour les conditions pour devenir un support d’investissement crédible et poser ainsi un risque significatif pour la stabilité financière, il représente un risque financier certain pour les acteurs qui le détiennent."

En réalité c’est exactement le contraire : le bitcoin remplit depuis le début les conditions pour constituer un actif crédible, et il prendra d’autant plus d’importance que les monnaies-papier dissiperont leur confiance.

Par contre il ne représente pas du tout un risque pour ses détenteurs, au contraire un compte bitcoin est inviolable contrairement à un compte bancaire, on l’a vu à Chypre en mars (et une directive européenne va légaliser ce mode de renflouement des banques, en puisant directement dans les comptes des clients).

Quant à la volatilité, c’est surtout une montée en flèche à laquelle on assiste, celui qui spécule à la semaine ou au mois peut effectivement perdre, mais celui qui investit à long terme a largement gagné.

Dernière absurdité : "N’offrant aucune garantie de sécurité, de convertibilité et de valeur, le bitcoin présente peu ou pas d’intérêt pour une utilisation par les acteurs économiques, au-delà des aspects marketing et publicitaire, tout en les exposant à des risques importants."

Au contraire, le paiement via bitcoin (euros changés en bitcoins, envoyés au destinataire puis changés en euros, cette opération étant assurée par un intermédiaire auprès duquel on crée un compte) est le moyen de paiement et de virement LE MOINS COUTEUX, moins que les cartes bancaires, Paypal, Western Union etc.

Aux Etats-Unis le leader BitPay a déjà fait signer 100.000 marchands, contre 10.000 l’année dernière.

Voici une sacrée concurrence pour les banques !

Dans cette note la Banque de France joue à faire peur, mais c’est déjà un combat d’arrière-garde.

Autrement, mon nouveau texte pour GoldBroker : La BCE se prépare à ouvrir les vannes de la liquidité (et en anglais)

> Suivez ma revue de presse de la crise sur Facebook ou Twitter

jeudi 5 décembre 2013

La Banque de France contre le bitcoin : un combat perdu d’avance !

J’ai expliqué dans mon ebook pourquoi les banques centrales ne pouvaient pas se réjouir de l’apparition du bitcoin, cette monnaie qui leur échappe totalement et qui est immunisée contre l’inflation. Mais la Banque de France, dans unenote du 5 décembre, cherche carrément à en dissuader les utilisateurs, avec des arguments stupides, passons-les en revue. Il est vrai que l’inquiétude monte dans l’auguste institution, et elle l’exprime dès le début de sa note en reconnaissant "les annonces récentes d’acceptation de ces monnaies virtuelles par des commerçants". Eh oui, le bitcoin commence à concurrencer l’euro, il est temps de réagir !

Premier reproche formulé par la Banque de France : "le bitcoin est une monnaie non régulée". C’est vrai que l’euro, lui, il est régulé, un peu trop même, avec une monétisation, aussi appelée planche à billets, gigantesque (le bilan de la BCE représente un tiers du PIB de la zone euro) et un taux directeur à 0,25%, tout deux porteurs de risque inflationniste et, d’ors et déjà, de bulles sur certains actifs et sur les places boursières. Le bitcoin n’est régulé par personne, comme l’or duquel on peut le rapprocher, c’est justement pour cela qu’on peut avoir confiance en lui.

La note indique ensuite que "le bitcoin ne peut pas être qualifié de monnaie ayant cours légal dans la mesure où il est possible de le refuser en paiement". Tout à fait, c’est une monnaie complémentaire, elle n’est utilisée que si les cocontractants le souhaitent. Mais justement, il y en a de plus en plus !

Autre reproche : "le bitcoin n’est pas assorti d’une garantie légale de remboursement à tout moment et à la valeur nominale". Parce que l’euro, lui, l’est ? A l’époque de l’étalon-or, les billets de banque étaient échangeables contre de l’or, maintenant c’est de la monnaie-papier dans laquelle nous sommes sensés avoir confiance. Le bitcoin est une monnaie en soi, qui se porte plutôt bien, et ses utilisateurs ne ressentent pas le besoin de l’échanger contre des euros, au contraire.

"Une conception qui alimente la spéculation" accuse ensuite la note, du fait de la limitation à 21 millions de bitcoins en circulation. Non Messieurs de la Banque de France, révisez vos classiques, c’est comme accuser l’or d’être intrinsèquement spéculatif du fait qu’il existe en quantité limitée, au contraire c’est une caractéristique de base d’une bonne monnaie : cela empêche la planche à billets, c'est-à-dire l’inflation. La dimension spéculative et volatile du bitcoin, qui est réelle, vient du fait que de plus en plus de personnes à travers le monde le découvrent et veulent en acquérir ; et s’il y a un tel mouvement, c’est justement parce que la confiance envers les monnaies-papier s’affaisse !

Moment d’anthologie de la note, à propos des sites qui permettent d’acheter et de vendre des bitcoins contre des euros : "La valeur des bitcoins sur ces plates-formes d’échange n’est pas garantie et résulte exclusivement de la confrontation de l’offre et la demande." Sans blague ! Aucune autorité ne fixe le cours du bitcoin et c’est le marché qui décide, quelle horreur ! Ca s’appelle la liberté, et c’est ce qui fonctionne le mieux en économie, mais bon, c’est juste une remarque en passant.

Autre reproche : "Par son caractère anonyme, le bitcoin favorise le contournement des règles relatives à la lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme." Critique récurrente contre le bitcoin, mais la disparition de Silk Road (premier site de vente de drogue et acceptant le bitcoin) le 3 octobre n’a entraîné aucune baisse de son cours, preuve que les trafics illicites sont marginaux. Et les intermédiaires (places de marché, systèmes de paiement via bitcoin) sont légalement tenus de contrôler les mouvements de leurs clients, et c’est tout à fait normal (la fin de la note revient sur ce point).

Ensuite la Banque de France donne ses conseils : "Même si le bitcoin ne remplit pas à ce jour les conditions pour devenir un support d’investissement crédible et poser ainsi un risque significatif pour la stabilité financière, il représente un risque financier certain pour les acteurs qui le détiennent." En réalité c’est exactement le contraire : le bitcoin remplit depuis le début les conditions pour constituer un actif crédible, et il prendra d’autant plus d’importance que les monnaies-papier dissiperont leur confiance. Par contre il ne représente pas du tout un risque pour ses détenteurs, au contraire un compte bitcoin est inviolable contrairement à un compte bancaire, on l’a vu à Chypre en mars (et une directive européenne va légaliser ce mode de renflouement des banques, en puisant directement dans les comptes des clients). Quant à la volatilité, c’est surtout une montée en flèche à laquelle on assiste, celui qui spécule à la semaine ou au mois peut effectivement perdre, mais celui qui investit à long terme a largement gagné.

Dernière absurdité : "N’offrant aucune garantie de sécurité, de convertibilité et de valeur, le bitcoin présente peu ou pas d’intérêt pour une utilisation par les acteurs économiques, au-delà des aspects marketing et publicitaire, tout en les exposant à des risques importants." Au contraire, le paiement via bitcoin (euros changés en bitcoins, envoyés au destinataire puis changés en euros, cette opération étant assurée par un intermédiaire auprès duquel on crée un compte) est le moyen de paiement et de virement LE MOINS COUTEUX, moins que les cartes bancaires, Paypal, Western Union etc. Aux Etats-Unis le leader BitPay a déjà fait signer 100.000 marchands, contre 10.000 l’année dernière. Voici une sacrée concurrence pour les banques !

Dans cette note la Banque de France joue à faire peur, mais c’est déjà un combat d’arrière-garde.


Autrement, mon nouveau texte pour GoldBroker : La BCE se prépare à ouvrir les vannes de la liquidité (et en anglais)

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